
À en juger par les résultats des dernières élections municipales depuis près de trente ans, Nîmes est une ville ancrée à droite. Pourtant, il existe aussi, et c’est une chance pour Vincent Bouget, tout un électorat de gauche endormi, auquel on peut ajouter une partie des déçus des années Fournier. Ces derniers mois, ces électeurs en attente ont sans doute nourri de grands espoirs autour de la candidature du chef de file communiste. Et sur le papier, il faut reconnaître qu’elle a de quoi séduire. Ce professeur d’histoire-géographie renvoie l’image d’un homme modéré, intelligent, à l’écoute. Il est rassembleur (hormis avec LFI pour l’instant…) et relativement neuf en politique. En somme, il passe bien. Et c’est une arme. À tel point que certains en oublieraient presque son étiquette « coco », pourtant rédhibitoire pour eux. Alors forcément, après 25 ans de mandat de Jean-Paul Fournier, l’attente est forte, l’espoir réel. Jusqu’à présent, Vincent Bouget a plutôt bien manoeuvré en jouant la carte démocratique avec son enquête citoyenne auprès de milliers de Nîmois et la restitution de celle-ci devant plusieurs centaines de personnes à la halle des sports Ludivine-Furnon. Ce lundi, nouvelle étape pour le patron de Nîmes en commun qui présentait les grandes lignes de cette concertation. L’attente était peut-être trop forte, la barre trop haute, car que retient-on ? Pas grand-chose. Pas une idée forte. On reste sur sa faim. La gratuité des transports pour les scolaires ? Bien sûr que c’est forcément bien. Qui dira le contraire ? Reste la question du financement. Mais surtout, ce n’est pas vraiment nouveau. Sur le logement, la création d’un « observatoire du logement ». Une formule fourre-tout qui rappelle les grandes heures des « Grenelle ». Un problème, un « Grenelle » : celui de l’environnement, celui des violences conjugales. La création de « Places communes » pour se retrouver, pour échanger ? L’intention est louable. Mais est-ce que ça changera vraiment le quotidien des Nîmois ? Enfin, à l’image de ce programme composé de petites mesures sympathiques, l’équipe censée le porter interroge tout autant. Où est le renouvellement ? La nouveauté ? La personnalité capable de faire la différence ? Au lieu de ça, on retrouve les figures habituelles : Sylvette Fayet, Christian Bastid, Denis Lanoy, Frédéric Deschamps… Il ne manque plus qu’Alain Clary et on rejoue la municipale de 1995. Il est peut-être là le principal défaut de cette candidature : trente ans ont passé. Et ça se voit.







