
« Catherine de Médicis : la reine serpent qui orchestra le massacre de la Saint-Barthélemy »
(source : https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/catherine-de-medicis-la-reine-266044)
Faits et Effets du Temps
C'était au plus beau temps de la chevalerie espagnole. Le jeune Ignace de Loyola (1491-1556), cherchant l'idéal féminin, crut le trouver dans la Vierge Marie, la seule « Déesse » permise. Il disait qu'elle lui était apparue et qu'elle avait accepté ses services. A partir de ce jour, il se déclara Chevalier de la Vierge.
Ce retour à la Femme, par un chemin détourné, est un symptôme ; l'homme revient à des sentiments naturels, mais il les masque encore en leur donnant un prétexte surnaturel. Quoi qu'il en soit, mieux vaut le culte de la Femme que le culte de l'homme. Aussi on se demande pourquoi Ignace fonda une Société de Jésus et non une Société de Marie.
Entré au Collège de Barcelone, sachant à peine lire, il s'en fit chasser. Il courut le pays avec des pèlerins de saint Jacques, prêchant de ville en ville. A Alcala, on l'enferma dans la prison de l'Inquisition ; il s'en échappa, alla à Salamanque où on l'enferma encore. Alors il quitta l'Espagne et vint à Paris à pied. En 1524, il entra au Collège Sainte-Barbe pour étudier la philosophie. Plus tard, en 1533, il sera reçu maître ès-arts à l'Université de Paris.
Le jour de l'Assomption, en 1534, après avoir entendu la messe dans l'église de Montmartre, il fit avec six autres compagnons, étudiants comme lui, le serment à haute voix de se vouer à Dieu et d'aller à Rome offrir leur dévouement au pape.
Paul III, d'abord, se méfia d'eux, et c'est avec peine qu'il approuva la constitution de la Société de Jésus.
Ce n'est qu'en 1540 qu'il promulgua la bulle de leur institution, avec la condition expresse qu'ils feraient vœu d'obéissance au pape. Ignace ajouta donc un 4ème vœu à ceux qui étaient déjà en usage, celui d'obéissance au pape ; il renonça, par la règle qu'il établit, à toutes les dignités ecclésiastiques.
Paul III, se méfiant de l'influence qu'ils pouvaient prendre, mit aussi pour condition que leur nombre ne s'élèverait jamais au-dessus de soixante, ce qui n'empêche qu'Ignace, avant sa mort, avait plus de mille Jésuites sous sa direction.
Ignace de Loyola était de bonne foi, et son grand succès vint surtout de son féminisme mystique à une époque où la jeunesse était avide d'idéal. Il ne se doutait pas que son Ordre deviendrait politique et serait l'arme des ambitieux. Ce sont ses successeurs qui corrompirent son œuvre ; Diego Lainez et Claudio d'Aquaviva y introduisirent tous les mauvais sentiments, tous les principes d'orgueil et d'ambition qui devaient en faire une société funeste. Ce sont eux qui en firent une société d'hypocrisie et de duplicité.
Au XVIème siècle, la Réforme fut le troisième et le plus mémorable effort fait en faveur de l'indépendance de l'esprit.
La victoire du Protestantisme fut rapide et complète dans les régions septentrionales de l'Europe. Une multitude de circonstances la favorisa. L'Église avait mis quatorze siècles à se répandre dans l'Occident, à force de tyrannie, de bûchers, de supplices. Luther paraît, et en quelques années il conquiert la moitié du domaine catholique. Il faut dire que l’Église catholique était, surtout, devenue plus une entreprise commerciale qu’un lieu de foi. Les abus qui discréditaient l'Église au XVIème siècle ont accéléré la révolution, mais la cause en était plus profonde, elle était dans la revendication, devenue nécessaire, de la personnalité humaine. Michelet apprécie en ces termes cette mémorable révolution religieuse : « Ce travail si pénible de la Renaissance aurait échoué si, du sein de l'Allemagne, n'avait surgi un principe nouveau : la Réforme, qui vint en aide à la Renaissance impuissante en proclamant le libre examen et rétablissant l'homme dans sa personnalité, va renouveler le monde. La tolérance sort de ce principe nouveau, c'est-à-dire qu'une sympathie universelle se communique aux hommes pénétrés de cet esprit ; un rapprochement s'opère entre les peuples divisés ; dès ce jour, l'idée d'humanité devient plus qu'un mot. »
La Réforme, à cette époque, représentait la Justice et le Droit ; toutes les grandes âmes, tous les cœurs généreux, tous les esprits élevés passaient dans son camp. Ses ennemis sont des ambitieux et des aventuriers : les Guises ; des courtisanes : Diane de Poitiers ; des intrigantes, des parvenues : Catherine de Médicis ; des Pape : à Rome, l'Inquisition était tombée en désuétude, quand, au XVIème siècle, le pape Paul III la releva pour opposer une digue à la propagation des doctrines de Luther ; et, par-dessus tout, le prince des tyrans : Philippe II, suivi d'une clientèle de Jésuites, d'inquisiteurs, de bourreaux, d'hommes de massacres. Le règne de Philippe II fut l'époque la plus terrible de l'Inquisition en Espagne. Elle y commit les plus grandes cruautés. Mais il est vrai qu'en France Charles IX les surpassait toutes en une seule journée en ordonnant la Saint-Barthélemy.
Le règne de Charles IX reste, dans l'histoire, marqué par cette tache de boue et de sang : la Saint-Barthélémy (24 août 1572) ; une trahison et un massacre, une tuerie en bloc, comme si cela n'allait pas assez vite de les tuer en détail. Ce forfait causa la joie des Catholiques. Le pape Grégoire XIII (1566-1572) ordonna un « Te Deum » pour remercier Dieu du massacre des Huguenots. La reine Catherine de Médicis dit au roi son fils : « C'est bien taillé. Il faut recoudre. »
Le fanatisme avait poussé si loin la violence et tellement répandu la terreur qu'un nombre considérable de familles, effrayées par ce débordement, quittaient précipitamment la France, abandonnant leurs affaires et leurs biens.
En retraçant ces horribles forfaits, on a hâte d'avancer dans l'histoire, de tourner les pages afin de trouver autre chose que du sang et de la boue, on frémit en pensant que cela a si longtemps duré, que la conscience publique a supporté cela, a vu ces attentats, et que tant d'hommes y ont participé, que les fourbes ont si longtemps triomphé, faisant régner sur la terre l'enfer.
Les Protestants purent respirer un peu plus librement sous Henri IV. L'Edit de Nantes, signé le 13 avril 1598, leur assura au moins la liberté de conscience et les droits de citoyen, mais ils ne devaient pas jouir longtemps de cette justice tardive. En effet, Louis XIV procéda le 22 octobre 1685 à la révocation de l'Édit de tolérance. Cet acte était aussi criminel que la Saint-Barthélémy. Il eut des suites analogues. La Saint-Barthélémy anéantit la maison de Valois, la révocation de l'Édit de Nantes obscurcit la gloire de Louis XIV et exerça une influence considérable sur la prospérité de sa famille, qui à partir de ce moment déclina. Les hérétiques persécutés quittèrent la France, et presque tous s'en allèrent en Suisse. C'était une élite intellectuelle ; ils portaient avec eux, dans le pays qu'ils allaient rénover, leur amour pour le travail, leur respect pour le pouvoir civil, leurs habitudes d'ordre et d'économie, leur esprit d'initiative commerciale et industrielle, et, il faut bien le dire aussi, un détachement résigné de leur patrie tant aimée qui les préparait à devenir bien vite citoyens de celle qui les accueillait. C'est là, en effet, une chose digne de remarque : en Suisse, ces nobles hôtes français, si facilement acceptés, devinrent, comme l'a dit un de leurs historiens, « os de nos os, chair de notre chair » ; dans la Suisse française, la communauté de langue devait rendre cette fusion plus rapide, et, tandis que, aujourd'hui encore, il existe en Allemagne des colonies françaises, fort germanisées, il est vrai, à Genève, à Lausanne, à Neuchâtel, les réfugiés furent en très peu de temps complètement assimilés aux indigènes, si bien qu'on ne les distingua bientôt plus des autres et qu'ils formèrent une même famille.
L'action de l'Ordre des Jésuites était une « Contre-Réforme ». Il eut le temps de prendre des forces avant que la Réforme se fût affirmée. Les Protestants et les Jésuites qui se contrebalançaient, donnaient chacun leur élan dans une direction opposée, comme deux câbles tirant en sens inverse. Les Jésuites devinrent bientôt aussi puissants que les papes, plus puissants même, et ceux-ci tremblaient, à bon droit, car, lorsqu'ils voulurent restreindre la puissance des Jésuites, ils moururent empoisonnés ; tel fut le sort de Sixte V, d'Urbain VII, d'Innocent XIII, de Clément XII et de Clément XIV. Le général des Jésuites fut le vrai pape.
La morale des Jésuites est celle des restrictions mentales, c'est-à-dire du mensonge, et leur nom restera attaché au système, quoiqu'il soit pratiqué par bien des hommes qui ne sont pas Jésuites.
Leurs Instructions secrètes, « Monita secreta », furent trouvées dans les papiers du Père Brothier, bibliothécaire des Jésuites avant la Révolution. Les Jésuites cherchaient deux choses : s'enrichir, s'emparer de l'éducation.
Un des leurs, le cardinal Robert Bellarmin, savant théologien, neveu du pape Marcel II, et bibliothécaire du Vatican en 1605, a dit : « Il n'y eut plus ni sévérité dans les tribunaux ecclésiastiques, ni discipline dans les mœurs du clergé, ni connaissance des choses sacrées, ni respect des choses divines ; il ne resta enfin presque plus de religion. »
Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/findu4emesiecledumoyenagealarevolution.html
Espace publicitaire · 300×250
