Une table banale à 30 € achetée chez Emmaüs cache en réalité un objet patrimonial d’une valeur exceptionnelle
<p>Dans la boutique Emmaüs de Châtellerault, une simple table en chêne affichée 35 € a bouleversé l'histoire de Jean-François Marchais. Cet ex-pompier devenu négociant en antiquités pensait avoir fait un bon achat comme tant d'autres chineurs. Une petite affaire, négociée à 30 €, sans se douter un instant que ce meuble allait faire remonter à la surface une histoire oubliée.</p> <p>Passionné de brocante, habitué à dénicher des meubles pour quelques dizaines d'euros, le collectionneur ne voit d'abord qu'une table haute, ovale, montée sur de fines roulettes en bronze. Rien de clinquant, rien qui crie au trésor. Une fois rentré chez lui, un détail le trouble : sous le plateau, des lettres noires pochoirisées laissent penser que cette affaire n'a rien d'ordinaire.</p> <h2>Une table Emmaüs à 30 euros qui intrigue un chineur</h2> <p>Ce jour-là, <strong>Jean-François Marchais</strong> arpente les allées de la boutique Emmaüs de Châtellerault, un lieu où il aime flâner parmis les armoires, fauteuils et <a href="https://www.lejournaldelamaison.fr/le-journal-de-la-maison/decoration-par-style/industriel-et-vintage/tasse-culte-annees-70-tendance-vaisselle-2026-524600.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">vaisselle dépareillée</a>. Son regard s'arrête sur cette table en chêne de style Louis XVI, un peu plus haute que la normale. L'étiquette indique 35 € ; après discussion, il la paie 30 €. Ce sera sa <strong>table 30 euros Emmaüs</strong>. "Elle était hors du commun et avait quelque chose de spécial", a-t-il confié à <em>La Nouvelle République.</em></p> <p>Dans <em>La Dépêche</em>, il résume ce coup de foudre : "Tout de suite, j'ai vu que c'était un meuble pas comme les autres, qui sortait de l'ordinaire", raconte Jean-François Marchais. De retour chez lui, le chineur retourne la table et découvre au pochoir les lettres <strong>"GM" et "MLR".</strong> Elles renvoient au Garde-Meuble de la Couronne et aux Menus Plaisirs du Roi, le service chargé des cérémonies de la monarchie française.</p> <h2>Les marques GM et MLR qui font toute la différence</h2> <p>Intrigué, le <a href="https://www.lejournaldelamaison.fr/le-journal-de-la-maison/selection-decoration/lampe-ikea-annees-70-depasse-1000e-collectionneurs-497767.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">collectionneur</a> contacte le <strong>Mobilier national</strong>, héritier du Garde-Meuble de la Couronne et chargé du patrimoine mobilier de l'État. Les experts remontent la piste : cette table en chêne de style Louis XVI a été fabriquée en 1821 pour le baptême d'Henri d'Artois, duc de Bordeaux et petit-fils du roi Charles X. Entrée dans les inventaires en 1824, elle a rejoint les réserves en 1894 puis l'École nationale des Langues orientales en 1925.</p> <p>Son histoire officielle se brouille après la <strong>Seconde Guerre mondiale</strong> : la table disparaît lors d'un inventaire mené vers 1950 et reste introuvable pendant près de 74 ans, jusqu'à sa réapparition chez Emmaüs, racontent <em>La Nouvelle République </em>et<em> Le Figaro.</em> Selon <em>Europe 1,</em> l'antiquaire estime qu'il aurait pu la revendre <strong>autour de 5 000 €.</strong> "Cela me donne un peu de tristesse parce que c'est un meuble avec une grande histoire avec toutes ces inscriptions, mais je suis heureux de rendre à l'État quelque chose qui a probablement été volé", a-t-il expliqué. "Ça fait un pincement au cœur mais je suis content de rendre à l'État quelque chose qui lui a été volé", a-t-il aussi déclaré dans<em> Le Figaro.</em></p> <blockquote class="instagram-media " style="background: #ffffff;border: 0;margin: 1px;width: 100%;padding: 0;max-width: 500px;" data-instgrm-permalink="https://www.instagram.com/p/CrgAToIteED/?hl=fr&amp;img_index=1" data-instgrm-version="14"></blockquote> <h2>Un trésor royal finalement rendu à l'État</h2> <p>Le <strong>Mobilier national</strong> a confirmé que la <a href="https://www.lejournaldelamaison.fr/le-journal-de-la-maison/noel/decoration-de-table-noel/fini-nappes-colorees-noel-linge-ancien-grand-mere-sera-tables-annee-valeur-explose-arbore-motif-529385.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">table</a> serait prochainement réintégrée à son inventaire, comme un bien de l'État retrouvé après des décennies d'errance. À Emmaüs Châtellerault, la responsable Isabelle Billard a confié à plusieurs médias qu'elle s'était sentie vexée de ne pas avoir repéré la valeur du meuble, tout en étant fière que sa boutique ait brièvement abrité un tel trésor royal.</p> <p>L'affaire a poussé la structure solidaire à examiner de plus près les meubles confiés, en particulier ceux provenant du même donateur, de peur de voir partir d'autres pièces du patrimoine mobilier de l'État pour quelques dizaines d'euros. Quant à <strong>Jean-François Marchais</strong>, chineur assumé, il a déjà acquis des chaises qu'il pense avoir appartenu à Marie-Antoinette et dont l'origine est en cours d'enquête ; de quoi regarder différemment la prochaine table croisée chez Emmaüs.</p> <meta name="original-source" content="https://www.lejournaldelamaison.fr/le-journal-de-la-maison/decoration-par-style/industriel-et-vintage/table-emmaus-cache-objet-patrimonial-valeur-exceptionnelle-530041.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.lejournaldelamaison.fr/le-journal-de-la-maison/decoration-par-style/industriel-et-vintage/table-emmaus-cache-objet-patrimonial-valeur-exceptionnelle-530041.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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