Avant la politique, Sébastien Delogu (LFI) avait un métier surprenant et des soucis judiciaires : "Il ne dormait jamais"
<p>Avant de brandir un drapeau palestinien au perchoir de l’Assemblée nationale, <strong>Sébastien Delogu</strong> passait ses nuits au volant d’un taxi, à sillonner les rues de <strong>Marseille</strong>. Devenu député LFI, il traîne aussi un <strong>casier judiciaire</strong> dont il ne fait pas mystère. Derrière ce mélange de coups d’éclat et de fidélité au bitume se cache une trajectoire heurtée.</p> <p>Né en 1987 dans les quartiers nord, il a très tôt connu la galère, les petits boulots et même une période sans domicile, après une expulsion qui le laisse à dormir dans sa voiture. Vendeur, serveur, agent de sécurité, militant du logement, il a longtemps cherché sa place. C’est derrière un volant de taxi, puis devant les juges, qu’il va finalement la trouver.</p> <h2>Des nuits de taxi à Marseille au seuil de l’Assemblée pour Sébastien Delogu</h2> <p>Fils d’un chauffeur de taxi et d’une mère engagée syndicalement, il grandit dans un environnement marqué par la précarité et les colères sociales. Après l’expulsion de son logement en 2012, il se rapproche d’associations de locataires et se politise sur le terrain, dans les cages d’escalier plutôt que dans les amphis. Plus tard, il ira jusqu’à dire que cette condamnation, inscrite au bulletin B2, est une "Médaille de Guerre", confiait-il à <em>Libération</em>.</p> <p>Son père lui transmet une licence et, pendant neuf ans, il travaille comme chauffeur de nuit au Vieux-Port, station Jean-Ballard. Il affirme connaître Marseille rue par rue, au fil des clients sortant des bars ou des services de nuit. Un ancien collègue, resté anonyme, résume cette période : "Sébastien, on l'appelait 'le bureau'. Son taxi, c'était son QG. Entre deux courses pour le Vieux-Port, il était au téléphone, il organisait les manifs, il montait des dossiers pour les collègues. Il ne dormait jamais."</p> <h2>Manifestation des taxis et condamnation judiciaire : le tournant de 2016</h2> <p>Au milieu des années 2010, l’arrivée massive des VTC frappe de plein fouet les artisans. À Marseille, il devient porte-parole des taxis marseillais et dit défendre environ 800 chauffeurs menacés. Il dénonce "l'ubérisation sauvage" du métier, ce qui renforce son image de représentant de ceux qui se sentent écrasés par la dérégulation et les plateformes numériques.</p> <p>Tout s’accélère le 26 janvier 2016, lors d’une manifestation qui bloque l’accès à l’aéroport Marseille-Provence. En première ligne, il est interpellé puis placé 48 heures en garde à vue pour "entrave à la circulation" et "participation à un groupement en vue de commettre des violences". Le tribunal correctionnel de Marseille le condamne ensuite à 10 mois de prison avec sursis, 1 500 euros d’amende et trois ans d’inéligibilité, peine explicitement non applicable aux élections législatives, ce qui lui permettra d’être élu en 2022.</p> <h2>Un casier judiciaire assumé, des taxis au lycée Saint-Exupéry</h2> <p>Pour ses soutiens, cette condamnation de 2016 ne relèverait pas d’une affaire de droit commun mais d’un combat pour la survie des taxis, preuve qu’il serait un "vrai combattant social". Le bras de fer continue une fois élu en mars 2023, lors d’un blocus du lycée Saint-Exupéry dans le 15e arrondissement de Marseille, il est accusé d’avoir donné des coups de pied à deux cadres de l’Éducation nationale. Le 14 février 2025, il est condamné pour ces faits à 5 000 € d’amende et fait appel.</p> <meta name="original-source" content="https://www.closermag.fr/politique/avant-la-politique-sebastien-delogu-lfi-exercait-un-metier-surprenant-et-des-soucis-judiciaires-il-ne-dormait-jamais-3612758" /><meta name="syndication-source" content="https://www.closermag.fr/politique/avant-la-politique-sebastien-delogu-lfi-exercait-un-metier-surprenant-et-des-soucis-judiciaires-il-ne-dormait-jamais-3612758" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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