
À la faveur d’une nouvelle campagne radio nationale, la Sécurité routière rappelle les obligations légales applicables aux trottinettes électriques et aux autres engins motorisés. Une mise au point nécessaire, tant la distinction entre véhicules assurés et non assurés reste floue pour de nombreux usagers.
Trottinettes électriques : une règle simple, mais encore largement méconnue
La campagne lancée par la Sécurité routière repose sur un principe clair : dès lors qu’un véhicule peut se déplacer uniquement grâce à un moteur, une assurance spécifique est obligatoire. À l’inverse, lorsque le déplacement repose sur l’effort musculaire de l’usager, l’assurance n’est pas imposée par la loi.
Ce rappel intervient dans un contexte où les engins de mobilité se multiplient dans l’espace public, notamment les trottinettes électriques, sans que leurs utilisateurs aient toujours conscience des responsabilités juridiques qui y sont associées. Selon les autorités, cette méconnaissance contribue directement aux difficultés rencontrées lors des accidents, notamment pour l’indemnisation des victimes.
Dans son communiqué, la Sécurité routière souligne ainsi que « tous les engins de déplacement personnel motorisés doivent être assurés en responsabilité civile », une obligation qui concerne aussi bien les engins personnels que ceux utilisés dans le cadre d’un service de location.
Vélo, VAE, fat bike, trottinette : qui doit s’assurer ?
Pour lever les confusions, la Sécurité routière détaille précisément les cas dans lesquels l’assurance est obligatoire dans son communiqué diffusé le 15 janvier dernier.
Le vélo classique, sans assistance électrique, se déplace uniquement grâce à l’effort du cycliste. Il n’est donc pas soumis à une obligation d’assurance spécifique.
Le vélo à assistance électrique (VAE) suit la même logique. Son moteur fonctionne uniquement en complément du pédalage et s’interrompt au-delà de 25 km/h. L’engin ne pouvant avancer sans intervention humaine, il n’est pas soumis à l’obligation d’assurance.
La situation est différente pour les fat bikes électriques, également appelés speed bikes, capables de rouler à plus de 25 km/h. Dans ce cas, le moteur permet un déplacement autonome : l’assurance devient obligatoire.
Enfin, les engins de déplacement personnel motorisés (EDPM) — trottinettes électriques, monoroues, gyropodes ou hoverboards — peuvent se déplacer grâce à leur seul moteur, sans action musculaire permanente. À ce titre, ils doivent impérativement être assurés, quel que soit leur mode d’acquisition ou d’utilisation.
59% des conducteurs d’EDPM impliqués dans un accident n’étaient pas assuré
Au-delà de l’aspect réglementaire, l’assurance constitue un enjeu central de sécurité routière. La Délégation interministérielle à la Sécurité routière indique que 59% des conducteurs d’EDPM impliqués dans un accident n’étaient pas assurés. Une situation problématique, tant pour les victimes que pour les conducteurs eux-mêmes.
En cas d’accident responsable, l’absence d’assurance peut entraîner une prise en charge financière intégrale des dommages corporels et matériels causés à autrui. Des coûts qui peuvent rapidement atteindre des montants très élevés, bien au-delà du prix d’une assurance dédiée.
C’est pour répondre à ce constat que la Sécurité routière a lancé, à la mi-janvier, une campagne nationale de sensibilisation diffusée à la radio entre le 15 janvier et le 3 février 2026, destinée à rappeler les obligations légales et à encourager des comportements plus responsables.
Des règles d’usage strictes pour les trottinettes électriques
Les trottinettes électriques ne sont pas seulement soumises à une obligation d’assurance. Leur usage est encadré par un ensemble de règles visant à limiter les risques d’accident.
L’âge minimum pour circuler est fixé à 14 ans. La vitesse maximale autorisée est de 25 km/h. La circulation sur les trottoirs est interdite, sauf exception locale, et l’usage est limité aux pistes cyclables ou, à défaut, à la chaussée en agglomération.
Les exigences en matière d’équipement sont également précises : feux avant et arrière, dispositifs réfléchissants et avertisseur sonore sont obligatoires. De nuit ou par visibilité réduite, un équipement rétro-réfléchissant doit être porté. Certaines pratiques sont strictement interdites, comme le transport de passagers, le port d’écouteurs ou l’usage du téléphone tenu en main pendant la conduite.
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