
Développée au sein d’HEC Paris par le Professeur Ludovic François, l’Académie de gestion de crise s’adresse aux étudiants de première et deuxième année de l’école et vise à les préparer en tant que futurs dirigeants, à faire face à des situations de rupture majeures. Ce programme repose sur une approche largement éprouvée : articulation d’apports conceptuels, d’études de cas réels et de mises en situation immersives. L’Académie met l’accent sur la communication de crise, la gouvernance de crise, la prise de décision sous contrainte, la coordination inter-équipes et la gestion de l’incertitude, dans un environnement où l’information est incomplète, parfois trompeuse, et toujours évolutive.
Une approche pédagogique fondée sur la simulation et l’incertitude
Contrairement à des formations purement académiques, l’Académie de gestion de crise privilégie l’apprentissage par l’action. Les participants sont confrontés à des scénarios réalistes : crises industrielles, réputationnelles, cyber ou géopolitiques, construits pour tester leur capacité à arbitrer rapidement, à coopérer et à conserver une vision stratégique. Cette pédagogie par la simulation, largement documentée dans les présentations publiques du programme, vise à recréer les conditions réelles de la décision : pression temporelle, surcharge informationnelle, divergence d’intérêts et nécessité de rendre compte. L’objectif est moins de « bien réagir » que de comprendre les mécanismes de dégradation progressive qui mènent à la crise ouverte.
Focus sur la journée du 12 janvier 2026 : l’ingérence économique au cœur de l’exercice
C’est dans ce cadre que s’est tenue, le 12 janvier 2026, une journée dédiée aux risques d’ingérence économique, avec une mise en situation conçue et animée par Thierry Assonion, ancien officier de renseignement, fondateur du cabinet Anticiper. L’exercice reposait sur le serious game Secure Trail, plaçant les participants dans la peau de l’équipe dirigeante d’une PME technologique fictive, exposée à des pressions multiples : prises de contact ambiguës, tentatives d’influence, signaux informationnels faibles et décisions à fort enjeu stratégique. Le scénario, volontairement progressif, faisait émerger des signaux précurseurs dès les phases amont, obligeant les équipes à arbitrer avant même qu’une crise déclarée ne soit visible.
Détection des signaux faibles et logique d’anticipation
L’apport spécifique de cette journée résidait dans le focus porté sur les signaux faibles : indices diffus, comportements atypiques, informations marginales qui, mises bout à bout, traduisent souvent une phase de reconnaissance ou de préparation d’une action hostile. En s’appuyant sur des méthodes issues du renseignement et de l’analyse structurée, la simulation visait à démontrer que l’anticipation constitue un levier central de protection des organisations. Plus qu’un exercice de gestion de crise, la journée du 12 janvier a ainsi illustré une approche en amont : entraver une action d’ingérence avant qu’elle ne se matérialise, en développant vigilance collective, partage de l’information et capacité à décider sous incertitude. La cabinet Anticiper a développé une application WEB permettant de simuler de manière tres représentative de la réalité les échanges entre un CODIR d’entreprise, une cellule de crise ou un plateau d’analystes géopolitiques et leur environnement externe. Le traitement de l’information en vue de l’aide à la prise de décision et la limitation des biais cognitifs sont au centre du projet pédagogique de l’équipe Anticiper composée de 4 personnes dont le général Hassib Sediqi, directeur des opérations, ancien chef du renseignement et des opérations psychologiques d’Herat en Afghanistan, exfiltré de Kaboul en aout 2021 avec l’ambassadeur de France
À travers l’Académie de gestion de crise, HEC Paris confirme sa volonté de former des décideurs capables d’évoluer dans des environnements instables et contestés. La mise en situation proposée par Anticiper avec Secure Trail, le 12 janvier 2026, s’inscrit pleinement dans cette logique : faire de l’anticipation et de la lecture fine des signaux faibles non pas une compétence marginale, mais un véritable réflexe stratégique.
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