"J’aurai préféré qu’il avoue" : agressée sexuellement à l’âge de 7 ans par son cousin, elle brise l’omerta familiale après 22 ans
<p>Vingt-deux ans après les faits, la justice a reconnu sa parole.<strong> Jeudi 15 janvier 2026, le tribunal correctionnel de Beauvais a condamné Grégory F. à deux ans de prison ferme pour une <a href="https://www.aufeminin.com/people/news-people/temoignages-deux-femmes-accusent-julio-iglesias-dagressions-sexuelles-2692735.html" target="_blank" rel="noopener">agression sexuelle</a> commise en 2003.</strong> À la barre, Marie, dont le prénom a été modifié par nos confrères du Parisien, est revenue sur une enfance brisée par le <a href="https://www.aufeminin.com/societe/news-societe/viols-et-agressions-sexuelles-sur-36-enfants-dans-une-ecole-bordelaise-leffrayant-jeu-du-gout-mis-en-place-par-le-professeur-pour-arriver-a-ses-fins-2691448.html" target="_blank" rel="noopener">viol</a> subi, requalifié en agression sexuelle, et sur des décennies de silence imposé. Un récit douloureux, qui met en lumière les mécanismes du déni familial et le long chemin vers la reconnaissance judiciaire.</p> <p>Les faits se déroulent le 24 juillet 2003, dans un camping du Cap d’Agde, où la famille passe ses vacances. Marie a 7 ans à l’époque. Elle dort dans la chambre du mobile-home lorsqu’elle sent une main sur sa cuisse. Son cousin, âgé de 19 ans, vient de la rejoindre. "<strong><em>Je dormais quand j’ai senti une main sur ma cuisse. J’avais 7 ans et lui était déjà très grand"</em></strong>, raconte la <a href="https://www.aufeminin.com/societe/news-societe/justice-9/dominique-pelicot-a-t-il-fait-dautres-victimes-la-justice-passe-au-crible-le-parcours-criminel-du-violeur-de-mazan-2693684.html" target="_blank" rel="noopener">victime</a> à l’audience. Lorsqu’il glisse sa main dans sa culotte, l’enfant comprend que ce geste n’a rien de normal.</p> <p>Le lendemain, un conseil de famille se réunit. Grégory F. est contraint de présenter des excuses. L’affaire s’arrête là. Aucun dépôt de plainte, aucune protection pour l’enfant. Le sujet devient immédiatement tabou, poussant Marie à se taire aussi et enfouir ce traumatisme, faute d’être entendue.</p> <h2>"Ma mère a préféré préserver la famille"</h2> <p>Avec l’adolescence, les souvenirs refont surface. Le mal-être s’installe.<em> "J’avais un problème avec mon corps. J’étais mal à l’aise avec mes petits copains"</em>, explique Marie auprès de nos confrères. Elle tente alors de parler à sa mère. "<strong><em>J’en ai parlé, mais ma mère a préféré préserver la famille. L’agression que j’ai subie était toujours taboue"</em></strong>, se souvient-elle.</p> <p>Les années passent, sans apaisement. La situation se complique lorsque Grégory F. reprend contact. D’abord via le compte Facebook de sa tante, puis par SMS. "<em>Il me disait que j’étais jolie. Après, il me demandait de lui montrer mes seins ou si ma culotte était transparente"</em>, confie-t-elle. En famille, aucun geste déplacé. Pourtant, son regard la met profondément mal à l’aise. Le malaise devient permanent.</p> <p>Marie continue de vivre avec ce poids, seule. Jusqu’en 2021. Cette année-là, elle décide de porter plainte. Elle effectue la démarche en ligne. "<em>La gendarmerie était à côté du domicile de ma mère. Je ne voulais pas qu’elle me voie. J’avais peur des réactions"</em>, précise-t-elle. Malgré ces craintes, ce dépôt de plainte marque un tournant. "<strong><em>J’en avais besoin pour avancer dans ma vie. Ça m’a enlevé un poids d’en parler"</em></strong>, ajoute-t-elle.</p> <div id="attachment_2693867" class="wp-caption alignnone"><span style="display: block;" class="wrap-img" id="wrap-img-2693867"><img loading="lazy" decoding="async" aria-describedby="caption-attachment-2693867" itemprop="thumbnailUrl" class="size-large wp-image-2693867 img-responsive " src="https://sf.afcdn.com/wp-content/uploads/aufeminin/2026/01/jaurai-prefere-quil-avoue-agressee-sexuellement-a-lage-de-7-ans-par-son-cousin-elle-brise-lomerta-apres-22-ans-1024x684.jpg" alt="" width="1024" height="684" /></span><p id="caption-attachment-2693867" class="wp-caption-text">partial view of blurred judge holding gavel during sentencing in court; Shutterstock ID 2121705137; purchase_order: aufeminin; job: Digital</p></div> <h2>"Elle a traversé son parcours de victime seule"</h2> <p>Vingt-deux ans après les faits, Marie se retrouve face à son agresseur au tribunal. Grégory F., présenté comme déficient mental, reste la plupart du temps silencieux. Il minimise les faits. <em>"J’ai juste posé ma main sur sa cuisse"</em>, affirme-t-il. Il finit par concéder être <em>"attiré par elle"</em>, sans aller plus loin.</p> <p>Pour Me Christelle Vast, avocate de la victime, la réalité est claire. <strong><em>"C’est une enfant de 7 ans qui a été violée"</em>,</strong> rappelle-t-elle à l’audience. Elle insiste sur l’absence totale de soutien. "<em><strong>Pendant vingt ans, sa mère et sa famille lui ont dénié son statut de victime</strong>. On l’a traitée de menteuse. Elle a traversé son parcours de victime seule"</em>, souligne-t-elle. La procureure met en avant « une sexualité déviante et agressive ». Elle rappelle que le prévenu a déjà été jugé pour des faits similaires.</p> <meta name="original-source" content="https://www.aufeminin.com/societe/news-societe/justice-9/jaurai-prefere-quil-avoue-agressee-sexuellement-a-lage-de-7-ans-par-son-cousin-elle-brise-lomerta-familiale-apres-22-ans-2693866.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.aufeminin.com/societe/news-societe/justice-9/jaurai-prefere-quil-avoue-agressee-sexuellement-a-lage-de-7-ans-par-son-cousin-elle-brise-lomerta-familiale-apres-22-ans-2693866.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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