Le Journal

Camille de Toledo, L'internationale des rivières
Des entités naturelles s’arrachent petit à petit au monde des « objets » pour devenir des « sujets ». Nous sommes en 2030, des rivières, des lacs, des espèces végétales, animales, des phénomènes biophysiques comme les vagues, jusqu’à la Terre dans son entier, sont devenus des « personnes » dotées de « visages » et de « voix » pour exprimer leurs besoins, leurs valeurs, leurs perspectives autres qu’humaines. Dans ce « récit de l’avenir », Camille de Toledo imagine les suites de ce qu’il a nommé le « soulèvement légal terrestre ». Comment une rivière, nommée L, avec l’aide de ses avocats, va pousser plus loin ce mouvement pour les droits de la nature. Après les premiers grands bouleversements, qui ont permis à des fleuves comme l’Atrato en Colombie ou la Whanganui en Nouvelle-Zélande d’être reconnus comme des entités vivantes, dotées de droits, les avocats de L déposent une requête surprenante devant le tribunal. Ils demandent la reconnaissance du « corps travailleur » de la rivière. Cette discrète requête va déclencher des controverses, bousculer les plis de nos sociétés, et faire basculer les droits de la nature vers un droit social des entités naturelles exploitées. L, en s’affirmant comme un corps travailleur en lutte pour de meilleures conditions d’emploi, un droit de grève, et des contreparties sur les usages [...]

Demain nous appartient en avance (TF1) : ce qui vous attend la semaine du 19 au 23 janvier 2026

Farah Zaïem (dir.), Linguistique et colonialisme cinquante ans après. Nouveaux concepts, nouvelles résistances

Michel Foucault, Raymond Roussel
Première parution en 1963 L'ombre de Raymond Roussel n'a cessé de grandir. Son ombre et son énigme. Cet homme absolument secret, soigné plusieurs fois par Janet pour sa «psychasthénie», a couvert d'un langage tendu, mat et inlassablement méticuleux, un espace où notre littérature n'a pas fini de se déployer. L'essai de Michel Foucault est la première tentative pour analyser l'ensemble de cette œuvre. Breton, et d'autres, ont pensé que Roussel était un initié : n'a-t-il pas, au moment de se suicider, révélé quelques secrets de ses étranges machineries verbales ? Mais peut-être le seul métal qu'il forgeait était-il le langage lui-même. Une lecture patiente de l'œuvre retrouve partout les mêmes formes : le jeu du double et du même, de la différence et de l'identité, du temps qui se répète et s'abolit, du mot qui glisse sur lui-même et dit autre chose que ce qu'il dit. L'œuvre de Roussel serait le premier inventaire, en forme de littérature, des pouvoirs dédoublants du langage. Un Traité de Rhétorique appliqué à la pure matière verbale : «Glossaire, j'y serre mes gloses», comme dit Michel Leiris, le plus grand des admirateurs de Roussel.

Édith Thomas, Louise Michel (postface de Michelle Perrot)

Michel Winock, La Commune. La guerre civile des Français (18 mars 1871)

Maxime Pierre, Marie Saint Martin, Corinthe et ses ailleurs. Voyages de Médée au théâtre, d'Euripide au contemporain

Les Moments littéraires, n° 55 : "Hélène Hoppenot. Ambassadrice, diariste et photographe"
Née à Paris en juillet 1894, Hélène Delacour épouse, en 1917, Henri Hoppenot, diplomate. Elle suivra son mari dans ses différents postes (Rio de Janeiro, Téhéran, Santiago du Chili, Berne, Beyrouth, Berlin, Pékin, Paris, Montevideo, Washington, Berne, New-York, Saïgon). L’aventure commence en avril 1917 quand son mari est nommé secrétaire d'ambassade à Rio de Janeiro ; le couple rejoint le ministre plénipotentiaire Paul Claudel et son secrétaire personnel Darius Milhaud. Dès Rio, Hélène Hoppenot tient son Journal intime où elle y raconte ses coups de cœur devant des superbes paysages, ses révoltes face à la misère et brosse les portraits des hommes politiques ou des artistes qu’elle rencontre. Pendant les quatre années en Chine, elle remplacera sa plume par un Rolleiflex car « ce qui est parfait ne se raconte pas » et c’est par la photographie qu’elle captera la vie quotidienne, les paysages, les traditions et les monuments. De cette période, elle tirera un livre de photos (Extrême-Orient). Par la suite, trois autres livres seront publiés. Au sommaire du n° 55 Après un portrait d’Hélène Hoppenot par Marc Mousli, nous vous proposons d’entrevoir son Journal. Tout d’abord, avec un portrait de Romain Gary élaboré avec les nombreuses entrées du Journal consacrées à [...]

Le Moyen Français, n° 95 (2025) : Giuseppe Di Stefano - Essais sur le moyen français

Montaigne et ses routes vers les autres et vers l’ailleurs. Winter School "Intrecci 8" - Verità e finzione (Vérone)

RoSal : 80 ans d’études roumaines à l’Université de Salamanque

Territoires en métamorphoses. Journées Doctorales du laboratoire Litt&Arts (Grenoble)
Pour la onzième année consécutive, les doctorant·es du laboratoire Litt&Arts organisent les 20 et 21 mai 2026 leurs Journées Doctorales, avec comme nouvel axe de recherche : « Territoires en métamorphoses ». Des Métamorphoses d’Ovide à Croire aux Fauves de Nastassja Martin, en passant par La Métamorphose de Franz Kafka ou La Mouche de David Cronenberg, la notion de métamorphose, voisine de celle d’hybridité, ne cesse de réapparaître au fil des siècles tout en traversant les frontières disciplinaires. Mobilisée pour son pouvoir créateur de mythe, en tant qu’opératrice de mutation, lieu rhétorique ou genre littéraire, la métamorphose est définie par son étymologie comme un « changement » de « forme » et engage, d’après Francis Berthelot dans La Métaphore généralisée, tantôt un sujet, un agent, un processus ou un produit[1]. Cela étant, la métamorphose devient dans l’Antiquité et surtout à partir du XVIe siècle un thème artistique et scientifique privilégié[2] pour interroger nos rapports au mouvement et au renouvellement, qui intéressent aussi bien le perpetuum mobile renaissant[3] que l’anticipation et la science-fiction dès le XIXe siècle. Si l’imaginaire des métamorphoses nourrit des conceptions différenciées et évolutives du temps, de la vie et de la nature depuis des siècles, nous proposons [...]
