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Richemont affiche une croissance solide en 2025 porté par Cartier et Van Cleef & Arpels
Richemont affiche une croissance solide en 2025 porté par Cartier et Van Cleef & Arpels Date : 17 janvier 2026 Auteur : Marie Benoit Dans un paysage du luxe encore traversé par les soubresauts de l’inflation, les hésitations asiatiques et la fin d’une ère d’euphorie quantitative, certains groupes avancent avec plus de justesse que d’autres. Richemont est de ceux-là. À contre-courant d’un marché devenu plus sélectif, le groupe genevois signe une partition maîtrisée, où la croissance ne se joue plus dans le volume mais dans la valeur. Sur le trimestre clos fin décembre, la Maison affiche une solidité qui force le respect. Les chiffres, sans ostentation, racontent une histoire plus subtile : celle d’un luxe qui sait où il va, et surtout, pourquoi. La joaillerie comme socle intemporel Au cœur de cette performance, une évidence se confirme : la joaillerie demeure la colonne vertébrale la plus résistante du luxe contemporain. Chez Richemont, elle n’est pas seulement un segment, mais une culture, presque une philosophie. Cartier et Van Cleef & Arpels incarnent cette idée d’un désir qui traverse les cycles, insensible aux soubresauts conjoncturels. Dans un monde où le coût des matières premières ne cesse de grimper, le groupe parvient à préserver l’essentiel : l’équilibre entre rareté, émotion et légitimité patrimoniale. Ici, l’augmentation des prix n’est jamais perçue comme une contrainte, mais comme la conséquence naturelle d’un objet dont la valeur symbolique excède sa matérialité. Richemont réussit là où beaucoup échouent encore : parler à la fois aux clients ultra-exclusifs et à une clientèle aspirante, sans jamais fragiliser l’aura de ses Maisons. Une alchimie délicate, devenue l’un des enjeux majeurs du luxe post-pandémique. L’horlogerie, le temps retrouvé Autre signal discret mais fondamental : l’horlogerie spécialisée retrouve une respiration plus sereine. Après les excès et les déséquilibres du marché secondaire, certaines Maisons renouent avec une trajectoire plus saine, fondée sur la désirabilité réelle plutôt que sur la spéculation. Chez Richemont, cette reprise n’a rien de spectaculaire — et c’est précisément ce qui la rend crédible. Elle témoigne d’un retour à l’essence même de l’horlogerie de prestige : la patience, la technicité, le temps long. Une croissance mesurée, mais ancrée dans une logique durable. Une géographie du luxe plus polyphonique L’autre force du groupe tient à sa lecture fine des territoires. Là où certains acteurs restent dépendants d’un seul moteur géographique, Richemont compose une croissance plurielle. Le Japon, le Moyen-Orient, l’Afrique et les Amériques dessinent de nouveaux équilibres, confirmant que le luxe de demain ne se jouera plus sur un seul continent. L’Asie, elle, avance à un rythme plus nuancé. Mais loin d’inquiéter, cette retenue invite à la prudence stratégique plutôt qu’à l’improvisation. Richemont observe, ajuste, attend — une posture devenue rare dans un secteur longtemps habitué à l’accélération permanente. Mode et accessoires, l’art de la constance Moins flamboyant mais essentiel, le pôle mode et accessoires joue son rôle avec discrétion. Sans chercher à rivaliser avec la joaillerie, il apporte au groupe une stabilité bienvenue, rappelant que dans un portefeuille équilibré, chaque Maison n’a pas vocation à être un moteur — certaines sont des fondations. Si les marchés financiers accueillent ces résultats avec retenue, c’est moins un désaveu qu’un reflet de l’époque : prudente, incertaine, encore attentive aux signaux macroéconomiques. Richemont, lui, avance avec une assurance tranquille, fort d’une trésorerie qui lui offre un luxe rare : celui du temps et du choix. À l’aube de 2026, le groupe apparaît comme l’un des rares acteurs capables de conjuguer croissance, discipline et clarté stratégique. Dans un secteur entré dans l’âge de la maturité, Richemont rappelle une vérité essentielle : le luxe ne se précipite pas. Il se construit, patiemment, à l’abri du bruit. Et tant que…

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