Et voilà : « ils » ont voté. Quoi donc ? L’inscription de l’IVG dans la constitution. Depuis le temps qu’on nous faisait une belle propagande à ce sujet. Par 337 voix contre 32. Où étaient les autres députés ? Ils avaient piscine ? Leur présence n’aurait pas changé grand chose, mais quand même aurait, par un vote adéquat, calmé les ardeurs guerrières de certains pro-IVG.

La gauche et la majorité se sont unies, et même Marine Le Pen qui poursuit sa dédiabolisation, et dont le père s’était beaucoup opposé à l’IVG. Les temps changent.

Mathilde Panot, qui portait ce projet, a abandonné ses habituels habits de poissonnière pour verser une petite larme. Que voulez-vous, c’est émouvant de savoir que les femmes vont désormais pouvoir avorter sans entraves.

Même si curieusement les arguments sont à sens unique. « Mon corps est à moi », ça marche pour l’IVG. Pas pour une opposition au vaccin contre le covid.

Mathilde Panot ne doit pas crier victoire trop vite. En effet le processus va encore prendre du temps. Le texte devra aller devant le Sénat, et là, rien n’est acquis. Il faudrait faire un référendum.

On propose aussi que le gouvernement présente un texte, ce qui aurait l’avantage de ne pas recourir au référendum. Mais le gouvernement n’est pas pressé.

En fait, il est content que l’Assemblée ait un os à ronger, après cette cascade de 49-3 confisquant le débat. Il faut bien que l’Assemblée s’amuse un peu.

Mais en réalité, il n’y avait plus aucune entrave à l’IVG libre, gratuite et obligatoire depuis déjà un moment. La loi Veil avait été vidée de son sens initial, selon lequel l’IVG devait rester exceptionnelle.

Il y a même en France un encouragement à avorter, si, si. Combien de femmes témoignent que paisiblement enceintes, on leur a proposé l’IVG, sans qu’elles y aient le moins du monde pensé, sans qu’elles aient demandé quoi que ce soit ? Je le sais, cela m’est arrivé. Le sentiment humiliant d’être traitée comme une bête qu’on marque et qu’on envoie à l’abattoir.

Combien davantage de femmes témoignent qu’on ne leur a proposé aucune aide, aucune alternative, et que si elles avaient pu, elles auraient gardé l’enfant  ?

Combien d’hommes témoignent que leur compagne ou leur amie d’un soir a avorté sans leur demander leur avis, et qu’ils l’auraient aidée ?

Combien de catholiques ont voté ce texte ? Évidemment leurs évêques qui naguère disaient que voter Le Pen était un péché mortel, ont la langue dans leur poche quand il s’agit de l’IVG, pourtant condamnée par l’Église. Curieuse timidité de Ponce Pilate.

Une députée affirme que cette inscription dans la constitution est demandée uniquement pour tenir tête à ceux qui sont contre l’IVG. Pourtant l’IVG n’est plus menacée en France.

En fait, c’est surtout une panique face à ce qui se passe aux USA. Mais les faits sont déformés. L’IVG n’est absolument pas interdite aux USA. Simplement, le sujet est sorti du domaine fédéral et désormais ce sont les États qui vont établir eux- mêmes leur législation.

Une constitution est un texte qui définit les institutions de l’État et organise leurs relations. Elle peut aussi définir certains principes, mais les déclarations des droits sont mieux à même de le faire, elles sont faites pour cela.

Le droit à l’IVG n’a donc rien à faire dans la constitution. Ce serait, nous dit-on, pour le sacraliser définitivement. Mais les constitutions peuvent changer, et elles changent. Certains réclament en France une nouvelle constitution, pour une sixième république. Donc l’inscription de l’IVG dans la constitution est purement démagogique.

Pourquoi dès lors ne pas transformer la constitution en fourre-tout ? On pourrait y mettre la protection des chats, ou des tourterelles, par exemple. Ou des vieux murs de pierres qui tremblotent.

Il peut y avoir aussi des dérives, pourquoi n’y inscrirait-on pas le droit de changer de sexe, à l’heure où des cliniques spécialisées se font taper sur les doigts pour leur rapidité à couper des seins ?…

On pourrait aussi y inscrire, pour faire plaisir au clan Traoré ou à Houria Bouteldja,  la supériorité du coloré sur le vieux Blanc décati et décadent.

On peut tout imaginer. Inscrire le droit à la GPA dans la constitution, pourquoi pas ? Il faut faire plaisir à tout le monde, et au lobby LGBT+azertuyop plus encore.

Caroline Parmentier, députée RN, avait dit en 2018 : « Après avoir « génocidé » les enfants français à raison de 200 000 par an, on doit maintenant les remplacer à tour de bras par des migrants ». Elle ne semble avoir voté ni pour, ni contre cette loi. S’est-elle opportunément absentée de ce vote ?

Et pourtant elle a raison : la France n’en finit pas de se suicider. Par l’IVG, aussi. Comment lutter pour que la France reste la France, s’il y a de moins en moins de combattants ?

Devant ce grand n’importe quoi, on se dit qu’il va falloir écrire dans la constitution, de toute urgence, le droit de la constitution à être protégée.

Qu’il va falloir protéger la contraception, qui semble évidente. À elle seule, elle réglerait le problème de l’IVG.

Qu’il va falloir protéger les femmes enceintes. Après tout, elles ont bien le droit de vouloir un enfant, non ?

De nos jours, tout ce qui paraissait normal est chamboulé, pour répondre à la pression médiatique de groupuscules enragés qui se prétendent majoritaires et qui font la pluie et le beau temps.

Un grand nombre de Français se tait, parce qu’on a enjoint aux Français de se taire. Jusqu’à quand ?

Anne-Sophie Lapix, à la télé ce soir, a réussi le tour de force d’évoquer dans la même phrase l’IVG et l’abolition de la corrida. Sans vouloir ignorer bien sûr la très grande détresse de femmes enceintes, on peut se demander pourquoi on lutte pour protéger les taureaux, mais pas l’enfant à naître ?

Sophie Durand

 

 

Voir la source