Asap Rocky est enfin de retour, officiellement, avec un quatrième album studio, intitulé Don’t Be Dumb. Disponible dès le 16 janvier 2026, le disque est un ambitieux mélange des genres, qui s’affranchit des simples codes musicaux.
Largement inspiré par le cinéma, avec une pochette dessinée par Tim Burton et des morceaux créés en collaboration avec Danny Elfman (le célèbre compositeur de musique de film), Don’t Be Dumb est la somme de ce que représente aujourd’hui Asap Rocky. Un artiste complet et varié, qui s’est construit une place unique dans l’industrie. Entre rap, pop, jazz, électronique, symphonique et expérimental, Don’t Be Dumb est un album dense, surprenant, chaotique, inventif et ingénieux, autant qu’il peut être exaspérant, épuisant ou simplement inqualifiable.
Album énervé, univers cauchemardesque
Don’t Be Dumb est dans la veine des précédents titres d’Asap Rocky. Rappeur engagé, intense dans les textes et le rythme, son nouveau disque est un opus énervé, agressif, qui s’impose par la répétition de rythmes dissonants. Mais il ne manque pas non plus d’humour, Asap Rocky prenant visiblement beaucoup de plaisir à ne pas être toujours là où on l’attend.
L’album pourrait rappeler son premier disque à succès, Long. Live. ASAP, mais le rappeur n’est plus le jeune garçon d’Harlem qui tentait de se faire un nom. Conscient de la place qu’il s’est créée dans la musique et dans l’industrie – et de son image, que cela soit dans le monde ou par le couple médiatisé qu’il forme avec Rihanna –, Asap Rocky s’essaie à l’expérimental et plusieurs titres enchaînent les effets de style, parfois à outrance, mais créant toujours une émotion particulière pour l’auditeur (qu’elle soit positive ou négative).
C’était l’un des points les plus intrigants de Don’t Be Dumb : la participation de Tim Burton et de Danny Elfman. Outre la pochette dessinée par le cinéaste, le lien est avant tout thématique et sensoriel. Le disque apparaît comme un mélange de rêves et de cauchemars, entre sons doux et accueillants, et bruits enragés désagréables.
Tout n’a pas à avoir forcément de sens. Le baroque et le gothique de Burton se perçoivent dans les touches symphoniques d’Elfman et Asap Rocky utilise certains morceaux comme réceptacle de deux ou trois autres chansons distinctes, qui se tordent et se composent entre elles, aboutissant à une créature de Frankenstein surprenante, comme dans le réussi Air Force (Black Demarco). Si on regrette le manque de mélodie sur certaines pistes (tous les morceaux ne passeront pas l’épreuve du temps), Don’t Be Dumb a le mérite d’essayer de nouvelles choses et de se renouveler constamment. Un retour qui compte pour Asap Rocky.
