<p>Suite &agrave; cette d&eacute;cision, la mairie tenait ce vendredi matin une conf&eacute;rence de presse, en pr&eacute;sence du maire Jean-Yves Chapelet et de l&rsquo;avocat de la mairie sur ce dossier, Me St&eacute;phane Cros. <em>&laquo;&nbsp;Un moment important pour moi et pour la collectivit&eacute;&nbsp;&raquo;</em>, commence le maire, qui rappelle que <em>&laquo;&nbsp;depuis f&eacute;vrier 2024 je n&rsquo;ai jamais pris la parole en public sur le sujet, tout simplement car depuis le d&eacute;but nous avons &eacute;dict&eacute; une ligne de conduite : le droit, rien que le droit.&nbsp;&raquo;</em></p> <p>Soucieux de <em>&laquo;&nbsp;ne jamais commenter&nbsp;&raquo; </em>les diff&eacute;rentes d&eacute;cisions de justice dans ce dossier, le maire rappelle toutefois que la r&eacute;siliation du bail de la mosqu&eacute;e &eacute;tait <em>&laquo;&nbsp;une position politique, un vote en conseil municipal, pas une d&eacute;cision que je prends tout seul.&nbsp;&raquo;</em> S&rsquo;il sort du silence aujourd&rsquo;hui, c&rsquo;est <em>&laquo;&nbsp;pour parler r&eacute;ellement des faits&nbsp;&raquo;</em> par la voix de Me Cros, mais aussi pour annoncer qu&rsquo;il ne prendrait <em>&laquo;&nbsp;plus la parole sur ce sujet apr&egrave;s cette conf&eacute;rence de presse.&nbsp;&raquo;</em></p> <p>L&rsquo;avocat rappellera les faits, des pr&ecirc;ches pol&eacute;miques tenus d&eacute;but 2024 aux d&eacute;cisions de justice. La premi&egrave;re, celle du Tribunal administratif de Paris qui&nbsp;le 4 mars 2024 rejetait le recours de l&rsquo;imam tunisien Mahjoub Mahjoubi contre son expulsion. Une proc&eacute;dure <em>&laquo;&nbsp;qui a permis &agrave; la mairie de savoir ce qui avait &eacute;t&eacute; dit lors des pr&ecirc;ches et la port&eacute;e de ces dires, qui selon le Tribunal administratif de Paris portaient atteinte aux principes fondamentaux de la R&eacute;publique&nbsp;&raquo;</em>, souligne Me St&eacute;phane Cros.</p> <h2>&laquo;&nbsp;Une d&eacute;cision mesur&eacute;e&nbsp;&raquo;</h2> <p>C&rsquo;est donc <em>&laquo;&nbsp;&agrave; partir de l&agrave; que le conseil municipal a pris la d&eacute;cision de r&eacute;silier le bail emphyt&eacute;otique conclu en septembre 2022 avec l&rsquo;AMGR pour cause de faute du locataire&nbsp;&raquo;</em>, poursuit l&rsquo;avocat. Qui rappelle qu&rsquo;une proc&eacute;dure contradictoire a suivi, puis une contestation de la d&eacute;cision par l&rsquo;AMGR devant le Tribunal administratif de N&icirc;mes, en r&eacute;f&eacute;r&eacute; et sur le fond. <em>&laquo;&nbsp;Suite au rejet de la contestation par le Tribunal, la r&eacute;siliation du bail est d&eacute;finitive&nbsp;&raquo;</em>, reprend Me Cros, qui en explicite les motifs.</p> <p>Outre la &laquo;&nbsp;faute du locataire&nbsp;&raquo;, <em>&laquo;&nbsp;il est apparu que le bail emphyt&eacute;otique est un contrat bien sp&eacute;cifique, qui ne peut &ecirc;tre conclu qu&rsquo;avec une association cultuelle, dont l&#39;objet unique est la gestion d&#39;un lieu de culte, or l&rsquo;AMGR n&rsquo;est pas une association cultuelle, elle a d&rsquo;autres activit&eacute;s. De ce fait, le bail est ill&eacute;gal et n&rsquo;aurait pas d&ucirc; &ecirc;tre conclu dans ces conditions&nbsp;&raquo;</em>, d&eacute;veloppe l&rsquo;avocat.</p> <p>Reste que, pr&egrave;s de deux ans apr&egrave;s le d&eacute;but de l&rsquo;affaire, l&rsquo;AMGR est toujours dans les murs de la mosqu&eacute;e. <em>&laquo;&nbsp;La commune a saisi le Tribunal judiciaire de N&icirc;mes en r&eacute;f&eacute;r&eacute;, l&rsquo;ordonnance rendue il y a un an par le tribunal a prononc&eacute; l&rsquo;expulsion de l&rsquo;AMGR, et la Cour d&rsquo;appel de N&icirc;mes a rendu sa d&eacute;cision (hier, ndlr), l&rsquo;AMGR ne peut plus occuper le b&acirc;timent communal et dispose d&rsquo;un d&eacute;lai de 12 mois pour quitter les lieux&nbsp;&raquo;</em>, explique l&rsquo;avocat. Ce d&eacute;lai court &agrave; partir de la signification de la d&eacute;cision, ce qui sera fait d&rsquo;ici <em>&laquo;&nbsp;quelques jours&nbsp;&raquo;</em>, pr&eacute;cise-t-il.</p> <p>Pour l&rsquo;avocat, <em>&laquo;&nbsp;c&rsquo;est une d&eacute;cision mesur&eacute;e, qui nous semble &eacute;quilibr&eacute;e, elle tient compte des difficult&eacute;s que rencontre l&rsquo;AMGR pour se reloger.&nbsp;&raquo;</em> Reste qu&rsquo;il est possible pour l&rsquo;association de se pourvoir en cassation, m&ecirc;me si ce pourvoi <em>&laquo;&nbsp;n&rsquo;est pas suspensif&nbsp;&raquo;</em>, rappelle l&rsquo;avocat, qui pr&eacute;cise que l&rsquo;AMGR a deux mois pour se pourvoir, et qu&rsquo;un &eacute;ventuel pourvoi serait trait&eacute; <em>&laquo;&nbsp;dans les dix &agrave; douze mois&nbsp;&raquo;</em>, donc dans le d&eacute;lai qui s&rsquo;appr&ecirc;te &agrave; courir avant le d&eacute;part de l&rsquo;AMGR de la mosqu&eacute;e.</p> <h2>&laquo;&nbsp;Dommage de punir toute une communaut&eacute; pour une seule personne&nbsp;&raquo;</h2> <p>Contact&eacute;e, l&rsquo;AMGR nous a r&eacute;pondu via un des membres de son bureau, Rachid Alloul. <em>&laquo;&nbsp;Pour l&rsquo;instant, nous n&rsquo;avons pas pris de d&eacute;cision sur le pourvoi en cassation&nbsp;&raquo;</em>, nous indique-t-il, tout en soulignant le fait que la d&eacute;cision de justice <em>&laquo;&nbsp;nous laisse un peu de temps pour chercher quelque chose pour d&eacute;m&eacute;nager, m&ecirc;me si on cherche depuis plusieurs mois et qu&#39;on n&#39;y arrive pas.&nbsp;&raquo;</em> Sur les motifs retenus par le tribunal, Rachid Alloul estime que la d&eacute;cision tient<em> &laquo;&nbsp;car le bail est nul, sans &ccedil;a nous aurions gagn&eacute;, mais c&rsquo;est eux (la mairie, ndlr) qui se sont tromp&eacute;s&nbsp;&raquo;.</em></p> <p>L&rsquo;AMGR dit <em>&laquo;&nbsp;chercher &agrave; trouver une solution, nous voulons l&rsquo;apaisement&nbsp;&raquo;</em>, mais est am&egrave;re : <em>&laquo;&nbsp;on aurait aim&eacute; que le maire respecte sa parole, il nous avait dit qu&rsquo;il n&rsquo;avait pas l&rsquo;ambition de fermer des mosqu&eacute;es, mais c&rsquo;&eacute;tait de la pure d&eacute;magogie&nbsp;&raquo;</em>, souffle Rachid Alloul. <em>&laquo;&nbsp;Il ferme la porte aux musulmans, il a voulu aller au bout, c&rsquo;est dommage de punir toute une communaut&eacute; pour une seule personne&nbsp;&raquo;</em>, reprend-t-il, affirmant que l&rsquo;AMGR <em>&laquo;&nbsp;n&rsquo;a plus de nouvelles&nbsp;&raquo;</em> de l&rsquo;imam expuls&eacute; : <em>&laquo;&nbsp;il fait sa vie, nous faisons la n&ocirc;tre.&nbsp;&raquo;</em></p> <p>Reste d&eacute;sormais une question : que faire des fid&egrave;les de la mosqu&eacute;e ? <em>&laquo;&nbsp;Le vendredi, nous avons environ 700 &agrave; 800 personnes, et pour l&rsquo;A&iuml;d presque 1 500 personnes&nbsp;&raquo;,</em> pose Rachid Alloul. La deuxi&egrave;me mosqu&eacute;e <em>&laquo;&nbsp;ne peut pas nous contenir tous&nbsp;&raquo;</em>, affirme-t-il, alors <em>&laquo;&nbsp;&ccedil;a va d&eacute;border, prier &agrave; l&rsquo;ext&eacute;rieur, &ccedil;a va faire du bruit et pour les deux A&iuml;d, &ccedil;a va &ecirc;tre un probl&egrave;me.&nbsp;&raquo;</em></p> <p>Et Rachid Alloul de pointer un dossier, victime collat&eacute;rale de toute cette affaire : la mise en place d&rsquo;un carr&eacute; musulman au cimeti&egrave;re de Bagnols, <em>&laquo;&nbsp;qui n&rsquo;a pas abouti, c&rsquo;est un tr&egrave;s gros probl&egrave;me pour la communaut&eacute;, un probl&egrave;me qui doit &ecirc;tre g&eacute;r&eacute; par la mairie, nous ne sommes pas des citoyens de seconde zone.&nbsp;&raquo;</em></p> <p>&nbsp;</p> <div class="encadre"> <h4 class="tt-encadre">Jérôme Jackel réagit</h4> <p> <p>Dans un communiqu&eacute;, l&rsquo;&eacute;lu d&rsquo;opposition et candidat aux municipales exprime <em>&laquo;&nbsp;sa vive pr&eacute;occupation&nbsp;&raquo;</em> suite &agrave; cette d&eacute;cision de justice. <em>&laquo;&nbsp;Il est essentiel de souligner que cette fermeture a &eacute;t&eacute; ordonn&eacute;e en raison d&#39;une erreur de la commune li&eacute;e &agrave; la nature du bail emphyt&eacute;otique (&hellip;) Cette confusion juridique, dont la responsabilit&eacute; incombe &agrave; la municipalit&eacute;, a conduit &agrave; la r&eacute;solution fatidique qui p&eacute;nalise toute la communaut&eacute; musulmane de Bagnols-sur-C&egrave;ze.&nbsp;&raquo;</em> J&eacute;r&ocirc;me Jackel &eacute;crit que <em>&laquo;&nbsp;Alors que l&#39;imam Mahjoubi a &eacute;t&eacute; expuls&eacute; pour des propos tenus lors d&#39;un pr&ecirc;che, je r&eacute;affirme que cela ne doit pas entra&icirc;ner la stigmatisation et la punition de l&#39;ensemble d&#39;une communaut&eacute; qui trouve dans cette mosqu&eacute;e un lieu d&#39;expression de sa foi. La fermeture de cet espace sacr&eacute; soul&egrave;ve des inqui&eacute;tudes quant &agrave; l&#39;exercice de la libert&eacute; de culte, une valeur fondatrice de notre R&eacute;publique la&iuml;que.&nbsp;&raquo;</em> Et il estime que <em>&laquo;&nbsp;La fermeture de la Mosqu&eacute;e Attwaba risque d&rsquo;entra&icirc;ner des cons&eacute;quences n&eacute;fastes, notamment des pri&egrave;res de rue et un risque accru de radicalisation, en cr&eacute;ant un sentiment d&#39;abandon &agrave; l&#39;&eacute;gard de cette communaut&eacute;.&nbsp;&raquo;</em> Et il demande <em>&laquo;&nbsp;aux responsables de revoir cette d&eacute;cision avec discernement et de s&#39;engager dans un dialogue constructif avec la communaut&eacute; musulmane.&nbsp;&raquo;</em></p> </p> </div> <p>&nbsp;</p> L&#39;avocat Me St&eacute;phane Cros et le maire de Bagnols Jean-Yves Chapelet, ce matin en mairie
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