Un gigantesque projet de parc éolien flottant menace le paysage unique du sud de la Bretagne. Parti d'une décision ministérielle, les élus locaux critiquent un projet sans concertation. Même son de cloche auprès des associations de défense de l'environnement et des habitants. Une pétition est lancée.

Mer à perte de vue, plages immaculées, vagues qui font le bonheur des surfeurs, tout cela est aujourd'hui menacé par un projet de parc éolien qui doit voir le jour en 2032 dans le Golfe du Morbihan. Une première salve de treize éoliennes de près de 300 mètres de hauteur, soit la hauteur de la Tour Eiffel, seront situées à 19 km à l'ouest de Belle-île-en-mer et à 29 km au sud de Groix.
Elles devraient produire 250 mégawatts, soit la consommation de 450 000 personnes (13 % de la population régionale). Une seconde salve est d'ores et déjà prévue. Une trentaine de turbines supplémentaires seraient installées dans le même périmètre, une annonce qui a fait bondir les associations et les élus locaux.
« Au départ, on n'était pas opposés au projet de l'éolien flottant mais vu la proximité et le gigantisme annoncés, ce n'est pas acceptable », regrette Tibault Grollemund, Maire de Palais à Belle-île-en-mer.
Un projet d'ampleur industriel qui inquiète
Les premières critiques portent sur l'impact que le parc éolien aura sur le paysage. Sur place, on craint une « défiguration » annoncée de l’horizon maritime, symbole fort de l’identité locale, « l’effacement d’un patrimoine naturel et culturel transmis de génération en génération », comme l'a déjà subit la baie de Saint-Brieuc.
#ÉOLIENNES LA FIN
— Fabien Bouglé (@FabienBougle) September 28, 2025
Projets déoliennes en Bretagne sud : « un ravage sur tout le littoral du Morbihan »
Face au projet de parc éolien au large des îles de Belle-Île-en-Mer de et Groix, des voix sélèvent.https://t.co/uw7P6EFbac
Mais les élus et les associations ne sont pas les seuls à se manifester. Les pêcheurs côtiers, déjà fragilisés, craignent de voir leur activité et la filière tout entière durablement perturbées. Plusieurs études ont montré l'impact de tels projets sur les écosystèmes marins et la biodiversité qui « souffrent de l'ancrage des éoliennes, du déploiement des câbles et des nuisances sonores sous-marines. »
Un rendement électrique pas toujours à la hauteur des promesses
Pour les associations locales, la production électrique française repose déjà sur un mix largement décarboné, dominé par le nucléaire et l’hydraulique. De plus, les promesses de rendement électrique sont souvent en-dessous des annonces promises, de quoi poser la question du bien fondé d'un projet d'une telle envergure.
Début janvier, une conférence-débat consacrée aux conséquences du projet dit « Bretagne-Sud » rassemblait plus de 300 personnes, à l'appel de l'association des Gardiens du Large. Le maire de la commune de Quiberon y a, via son adjoint, dénoncé « une transition énergétique "mal pensée", éloignée des réalités du terrain » et a insisté sur « la nécessité de concilier écologie, cohérence économique et respect des territoire. »
Des actions en cours
Selon Breizh-Info, des recours juridiques sont engagés avec plusieurs organisations partenaires, tandis que de nouveaux acteurs institutionnels rejoignent progressivement le mouvement.
En juillet dernier, l’association de défense du patrimoine breton Koun Breizh saisissait l’Unesco afin de contraindre l’État et RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, à modifier le projet. Une pétition est également lancée pour tenter de contrer le projet, elle compte à ce jour près de 20 000 signatures.
Références de l'article :
Le Télégramme, Parc éolien sud Bretagne : que contient le projet au large de Belle-Île et pourquoi est-il contesté ?
Breizh-Info, Éolien en Bretagne sud : à Saint-Pierre-Quiberon, la contestation s’organise contre le projet flottant
France 3 Bretagne, Parc éolien flottant: "depuis le départ, nous ne sommes pas entendus "

