Tout dépend de quel type de "renseignement" on parle. Certains renseignement obtenus par des capteurs américains sont par exemple hors de portée d'un pays comme la France, ou accessibles partiellement, sans pouvoir assurer une permanence H24. Et c'est sans doute également (surtout ?) vrai en matière d’analyse des renseignements obtenus, les USA disposant de moyens colossaux et inégalés en la matière. Cela étant, même si la France ne joue clairement pas dans la même cour que les USA, notre pays est loin d'être démuni, et joue même le premier rôle en Europe : - satellites optiques et IR : CSO, Hélios, Pléiades - satellites de renseignement électromagnétique / d'écoute (SIGINT) : satellites CERES - analyse d'images commerciales ou alliées, enrichies par l'expertise française (traitement IA, par exemple Safran.AI) - analyse de signaux ouverts (OSINT militaire, là aussi avec l'aide de traitements IA) - renseignement électromagnétique et cyber (localisation d'émetteurs russes, données sur les fréquences utilisées par les forces russes...) - renseignement opérationnel et aide au ciblage : données permettant la planification de frappes à longue portée (nécessaire pour SCALP-EG/Storm Shadow notamment), suivi des mouvements logistiques russes, suivi des positions des troupes russes, position des centres de commandement, bases et dépôts de munitions, déplacement des radars S300-S400 et leur zone de couverture, etc... Aussi incomplets soient-ils (comparés à ceux des USA), ces renseignements sont probablement uniques en Europe et vitaux pour l'Ukraine, et cela mérite d'être souligné. On peut par ailleurs affirmer sans grand risque que la guerre en Ukraine constitue un test et un entraînement "grandeur nature" au combat de haute intensité, pour notre tout nouveau Commandement de l'Espace, inauguré le 12 novembre 2025 à Toulouse. Même si elle est invisible, l'expérience accumulée est précieuse.
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