<p>Dans le blizzard du <a href="https://www.mariefrance.fr/evasion/groenland-voici-le-prix-hallucinant-dun-simple-pack-de-yaourts-chez-les-inuit-1236455.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">Groenland</a>, les chasseurs inuits restent des heures sur la banquise, immobiles, parfois par -40 °C. Le visage rougit un peu, mais les frissons restent rares. Depuis longtemps, les explorateurs se demandent quel "chauffage interne" leur permet de tenir là où d’autres s’épuisent en quelques minutes.</p> <p>Des décennies plus tard, ce mystère se retrouve dans les laboratoires de génétique et de métabolisme. Une série d’études a fini par pointer un duo de gènes très particulier, lié à une graisse spéciale qui brûle des calories comme un poêle à bois. Avec, en arrière-plan, l’ombre d’un humain disparu.</p> <h2>Chez les Inuits, un "chauffage interne" forgé par des millénaires de grand froid</h2> <p>En 2017, une équipe internationale publie dans la revue <em>Cell Metabolism</em> l’étude <a href="https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/26383953/?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown" target="_blank" rel="noopener"><em>Greenlandic Inuit show genetic signatures of diet and climate adaptation</em></a>. Les chercheurs y décrivent une région du génome autour des gènes <strong>TBX15</strong> et <strong>WARS2</strong>, présente chez presque 100 % des <strong>Inuits du Groenland</strong>, autour de 45 % chez les Chinois Han et quasiment absente en Afrique. Le signal de sélection lié au froid y apparaît parmi les plus forts observés chez l’être humain.</p> <p>En comparant cette séquence avec les génomes anciens, les généticiens constatent qu’elle ressemble de très près à celle d’un cousin disparu, l’Homme de Denisova. L’introgression aurait eu lieu il y a environ 50 000 ans, puis cette variante aurait été favorisée chez les populations exposées à l’Arctique, car elle modifie la manière dont le corps fabrique et répartit ses graisses.</p> <h2>TBX15/WARS2 : le duo génétique qui allume la graisse brune inuite</h2> <p>Au cœur du mécanisme se trouve le tissu adipeux brun, ou <strong>graisse brune</strong>. Contrairement à la graisse blanche qui stocke l’énergie, cette graisse-là la brûle pour produire de la chaleur grâce à la protéine <strong>UCP1</strong>, logée dans les mitochondries. UCP1 agit comme un "dégourdisseur" : elle court-circuite la fabrication d’ATP et transforme l’énergie des lipides directement en chaleur. Chez la souris, l’absence d’UCP1 rend la survie au froid presque impossible.</p> <p>Le gène <strong>TBX15</strong> fonctionne comme un chef d’orchestre pendant la formation des cellules graisseuses. La variante inuite oriente davantage de précurseurs vers un profil brun ou "brite", riche en mitochondries et en UCP1, tout en favorisant une graisse plutôt sous-cutanée qu’autour des organes. À côté, <strong>WARS2</strong>, enzyme mitochondriale, soutient ce métabolisme intense des lipides. Résultat : les calories d’une alimentation très riche en graisses marines oméga-3 sont plus facilement converties en chaleur qu’en poignées d’amour.</p> <h2>Pourquoi le chauffage interne des Inuits ne se copie pas en mangeant plus gras</h2> <p>Des travaux publiés en 2025 ont confronté ce "radiateur" à la réalité du scanner. Vingt Groenlandais et vingt Danois ont été exposés à deux heures de froid doux, puis leur graisse brune a été mesurée par PET-scan. Chez les Danois, la glycémie grimpe, signe d’un recours important au sucre. Chez les Groenlandais, elle reste stable, ce qui suggère une utilisation plus massive des graisses et une graisse brune prête à s’allumer, façonnée par les variants <strong>TBX15/WARS2</strong> et des années de vie en climat polaire.</p> <p>Beaucoup imaginent qu’il suffirait de copier le régime très gras des Inuits pour gagner cette résistance au froid. Le piège est là : sans cette combinaison génétique spécifique et d’autres adaptations comme celles des gènes FADS au métabolisme des oméga-3, un apport massif en lipides mène surtout vers l’obésité et les maladies cardiovasculaires. Les chercheurs cherchent plutôt à activer de façon contrôlée la <strong>graisse brune</strong> chez tout le monde, pour aider à traiter obésité et diabète, sans promettre à chacun le "chauffage interne" des peuples de l’Arctique.</p> <meta name="original-source" content="https://www.mariefrance.fr/actualite/vous-avez-froid-a-2c-voici-le-secret-de-la-graisse-brune-des-inuits-du-groenland-un-chauffage-interne-pour-resister-au-grand-froid-1236498.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.mariefrance.fr/actualite/vous-avez-froid-a-2c-voici-le-secret-de-la-graisse-brune-des-inuits-du-groenland-un-chauffage-interne-pour-resister-au-grand-froid-1236498.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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