Et dire qu’à l’origine, c’est depuis sa chambre d’hôtel (ou du bord de la piste) qu’Oscar Lombardot (25 ans) aurait dû assister jeudi à Ruhpolding à ce dernier relais de l’hiver avant les JO de Milan-Cortina qui a permis aux Bleus de remporter leur première victoire de la saison sur le format. Premier remplaçant ce jeudi matin encore en débutant son entraînement aux côtés d’Emilien Claude, avec trente kilomètres au programme pour les deux hommes, le Franc-Comtois s’est finalement retrouvé titulaire suite au forfait d’Emilien Jacquelin, fiévreux.
Le temps de repasser à l’hôtel se changer et manger une assiette de… riz, Lombardot, invité de dernière minute à ce quatrième relais de l’hiver, a finalement pris le départ aux côtés de Fabien Claude (1er relayeur), Quentin Fillon Maillet (2e) et Eric Perrot, dernier relayeur après le natif de Pontarlier, chargé du 3e relais comme cela aurait dû être le cas pour Jacquelin.
Lombardot : « Je ne pouvais pas faire mieux »
Une journée en tout point dingue pour le numéro 5 des Bleus, propulsé in extremis dans ce relais qu’il a… gagné avec ses coéquipiers d’un jour. Assez inimaginable, et mémorable. « Ce n’était pas prévu que je cours, c’était un peu la surprise ce matin, mais derrière, réussir à courir et à produire mon meilleur biathlon, c’est fabuleux, surtout avec les monstres qu’on a dans l’équipe », a raconté après-coup sur La Chaîne L’Equipe le joker de luxe français, qui avait complètement relancé son équipe en réussissait un sans-faute (10 sur 10) au tir.
Comme dans un rêve. « Je suis content parce que j’ai réussi à faire le taf sur le ski – j’avais encore assez de jus, donc je me suis bien exprimé – comme au tir, où j’ai rendu la copie parfaite, je ne pouvais pas faire mieux ».
Lombardot : « Entre être premier remplaçant et courir, il y a un petit gap »
Ou comment boucler en beauté un jeudi de folie. « Depuis 10h00 ce matin, je pense que j’ai dû me poser une heure à l’hôtel (…) Je n’ai pas eu le temps de réfléchir au relais, on m’a dit hier que j’allais être le premier remplaçant. Et entre être premier remplaçant et courir, il y a un petit gap. »
Un gap que Lombardot a franchi merveilleusement bien. Quitte à se faire chambrer par ses trois partenaires. « Ils m’ont charrié. Ils m’ont dit que si ça marchait bien, il faudrait que je fasse tout le temps trente bornes avant les courses, mais je ne suis pas sûr d’assumer (rires). » L’ancien double champion du monde juniors de la spécialité a pourtant prouvé jeudi que la pression ne lui faisait pas peur.

