Publié mi-janvier 2026, le panorama annuel de l’Assurance maladie révèle que le remboursement des médicaments constitue l’un des postes de dépenses les plus sensibles du système de santé, avec des montants en forte hausse et une concentration financière inédite sur un nombre limité de produits.

Montants remboursés : une dépense publique qui s’installe à un niveau record

En 2025, le remboursement des médicaments délivrés en pharmacie de ville représente 27,2 milliards d’euros, un montant qui s’impose comme un socle durable des finances sociales. Cette somme, en progression de 7,2 % sur un an selon l’Assurance maladie, traduit une hausse des coûts car les volumes n’augmentent que modérément. Le système rembourse davantage, non pas parce que les Français consomment beaucoup plus de boîtes, mais parce que le coût moyen des traitements progresse, tiré par l’innovation thérapeutique.

À cette dépense globale s’ajoute un taux de remboursement élevé, évalué à 87,6 %, qui confirme le choix français d’une prise en charge large des médicaments. En moyenne, chaque assuré bénéficie de 437 euros de remboursement annuel, selon les données officielles, pour 61,8 millions de bénéficiaires. Toutefois, derrière cette moyenne se dissimulent de fortes disparités, car une minorité de traitements concentre l’essentiel des montants remboursés.

Médicaments chers : une concentration extrême des montants remboursés

La structure des remboursements met en lumière un déséquilibre marqué, car les médicaments dont le prix unitaire dépasse 50 euros ne représentent que 3 % des volumes délivrés, mais absorbent 68 % des montants remboursés par l’Assurance maladie. Cette concentration s’explique par la diffusion de traitements innovants, souvent destinés à des pathologies graves, dont le coût unitaire est sans commune mesure avec celui des médicaments courants.

Les chiffres sont révélateurs de cette mutation économique. En 2025, 21 médicaments dépassent un coût de 100 000 euros par patient et par an, alors qu’ils n’étaient qu’un seul dix ans plus tôt. Les dix traitements les plus chers excèdent tous 185 000 euros annuels avant remises, faisant peser une pression croissante sur les comptes publics. Dans ce contexte, les anticancéreux constituent à eux seuls un poste majeur, avec 7,1 milliards d’euros de montants remboursés sur l’année, en hausse de 11,5 %.

Montants remboursés et profils des assurés : une facture inégalement répartie

L’analyse des médicaments remboursés montre également que les montants varient fortement selon l’âge, car la dépense augmente avec la chronicité des pathologies. Les assurés de plus de 79 ans bénéficient en moyenne de remboursements correspondant à 108 boîtes par an, contre 16 seulement pour les 18-30 ans, selon La Tribune. Cette différence se traduit mécaniquement par des montants bien plus élevés pour les seniors.

Et pourtant, les médicaments les plus consommés ne sont pas ceux qui coûtent le plus cher. Le paracétamol, premier en volume avec environ 430 millions de boîtes remboursées sur l’année, ne représente qu’environ 371,6 millions d’euros de dépenses, une somme modeste à l’échelle des 27,2 milliards engagés. Ce contraste souligne une réalité économique centrale : la soutenabilité du système dépend moins des médicaments du quotidien que de la capacité à encadrer les montants remboursés pour les traitements de pointe.

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