<p>L'image est restée gravée dans les mémoires : le Shah Mohammad Reza Pahlavi et l’impératrice Farah, les yeux humides, montant précipitamment dans l'avion qui les emmènera vers un exil sans retour. Dans la soute, on fantasme des coffres remplis de lingots et de diamants. La propagande révolutionnaire de l’ayatollah Khomeiny parle alors de sommes astronomiques, évoquant jusqu'à 100 milliards de dollars volés au peuple iranien.</p> <p>La réalité est plus nuancée, mais reste impressionnante. Si les joyaux de la Couronne – dont le fameux diamant "Mer de Lumière" – sont restés enfermés dans les coffres de la Banque Centrale à Téhéran, la famille royale n'est pas partie les mains vides. Des estimations sérieuses, notamment celles de banquiers suisses et américains de l'époque, évaluent la fortune personnelle sauvée in extremis entre 50 et 100 millions de dollars de 1979. Une somme qui, ajustée à l'inflation et bien placée, pèse aujourd'hui beaucoup plus lourd.</p> <h2>L'après-Shah, ce que devient la fortune des Pahlavi entre Paris et Washington</h2> <p>Contrairement aux oligarques russes ou aux émirs du Golfe qui affichent des yachts démesurés, les Pahlavi cultivent une richesse feutrée. L'impératrice Farah Diba partage sa vie entre un appartement parisien surplombant la Seine et les États-Unis. Quant au fils héritier, Reza Pahlavi, il a troqué les palais de Téhéran pour une vie confortable, mais presque "normale", dans la banlieue chic de Washington.</p> <p>C'est là le paradoxe qui fascine : on est loin du train de vie pharaonique des années 70, où le Shah organisait les fêtes les plus chères de l'histoire. Aujourd'hui, la "Pahlavi Inc." ressemble davantage à une gestion de patrimoine familial prudent, conçue pour durer sur plusieurs générations. Les investissements immobiliers et les portefeuilles boursiers ont remplacé les revenus du pétrole.</p> <h2>Et si la vraie arme contre le régime iranien, c’était l’argent des Pahlavi ?</h2> <p>Mais cet argent n'est pas qu'une assurance-vie pour héritiers fortunés. Il est devenu le "trésor de guerre" de l'opposition. Vivre en exil coûte cher, surtout quand on prétend incarner l'alternative politique d'un pays de 85 millions d'habitants.</p> <p>La fortune familiale permet à Reza Pahlavi de maintenir une existence de chef d'État sans État. Elle finance ses nombreux déplacements diplomatiques, ses équipes de communication, sa sécurité rapprochée et son lobbying intense auprès du Congrès américain. Cependant, les experts s'accordent à dire que cette fortune personnelle, bien que conséquente, ne suffirait pas à elle seule à renverser le régime des Mollahs. Elle sert surtout à maintenir la flamme et la légitimité du nom Pahlavi, en attendant que l'Histoire, peut-être, tourne à nouveau.</p> <h2>Sans cette décision prise avant l’exil, les Pahlavi auraient tout perdu</h2> <p>Cette histoire nous rappelle une leçon financière universelle, valable pour les rois comme pour les épargnants : la diversification est la clé de la survie. En ayant placé une partie de ses avoirs en Suisse et aux États-Unis bien avant la crise, la famille royale a évité la ruine totale. Dans un monde incertain, ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier reste, 45 ans après, le conseil le plus royal qui soit.</p> <meta name="original-source" content="https://www.closermag.fr/actualites/reza-pahlavi-cette-fortune-xxl-heritee-du-trone-pour-preparer-un-possible-retour-en-iran-3612182" /><meta name="syndication-source" content="https://www.closermag.fr/actualites/reza-pahlavi-cette-fortune-xxl-heritee-du-trone-pour-preparer-un-possible-retour-en-iran-3612182" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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