<p>L'usine allemande de Tesla, seul avant-poste du constructeur en Europe, s'apprête à produire localement ses cellules de batterie d'ici 2027. Avec un objectif modeste de 8 GWh par an (soit environ 130 000 véhicules), cette initiative vise à réduire la dépendance aux importations américaines. Mais entre un Elon Musk dont les prises de position politiques braquent la clientèle et une concurrence chinoise féroce, cette souveraineté industrielle suffira-t-elle à relancer la machine ?</p> <h2>Couper le cordon avec l'Amérique pour sauver les marges</h2> <p><strong>Selon les informations rapportées par l'agence allemande DPA, Tesla prépare activement son usine de Grünheide pour qu'elle produise enfin ses propres cellules de batterie. </strong>L'échéance est fixée à 2027. Pour le profane, cela peut sembler être un détail logistique. Pour l'industrie, c'est un changement majeur. Jusqu'à présent, le Made in Germany de <a href="https://www.autoplus.fr/marque/tesla?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown">Tesla</a> avait un petit astérisque en bas de page. Si les carrosseries sont embouties et assemblées dans le Brandebourg, <strong>les précieuses cellules 4680 ou 2170 arrivent encore par conteneurs entiers depuis les États-Unis ou l'Asie</strong>. Cette dépendance logistique est un boulet, tant pour les coûts que pour la réactivité. En investissant une somme à neuf chiffres (donc au moins 100 millions d'euros) pour mettre à niveau les infrastructures existantes, Tesla veut internaliser la valeur ajoutée.</p> <p><strong>L'objectif affiché reste prudent avec 8 gigawattheures (GWh) de capacité annuelle</strong>. Cela permettrait d'équiper environ 130 000 <a href="https://www.autoplus.fr/environnement/voiture-electrique/famille-nombreuse-et-besoin-despace-tesla-relance-le-model-y-en-version-7-places-1419155.html?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown">Model Y</a>. On est loin de l'autonomie totale pour une usine capable de cracher 500 000 voitures par an, mais c'est un début. Le timing est d'ailleurs savoureux. Cette annonce intervient pile au moment où la Commission européenne décide d'assouplir sa position sur l'interdiction des thermiques en 2035, offrant plus de flexibilité aux constructeurs classiques. Pendant que Volkswagen ou BMW respirent un peu et prolongent leurs moteurs à essence, Tesla appuie sur l'accélérateur. Car produire sur place, c'est se protéger des aléas géopolitiques, des variations de taxes douanières et des coûts de fret maritime qui explosent. Si Tesla parvient à sortir ses cellules en Allemagne au même coût qu'au Texas ou à Shanghai,<strong> il reprendra un avantage compétitif décisif sur ses rivaux européens qui, pour beaucoup, dépendent encore de fournisseurs tiers comme </strong><a href="https://www.catl.com/fr/?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown"><strong>CATL</strong></a><strong> ou LG</strong>.</p> <h2>L'ombre encombrante d'Elon Musk sur les ventes</h2> <p>Cependant, il y a un mais, et il est de taille. Tesla précise que cette montée en puissance se fera <em>"si les conditions sont réunies"</em>. Elle traduit la difficulté de produire rentablement en Europe, où l'énergie reste chère et la main-d'œuvre coûteuse face à la Chine. Mais surtout, elle cache une réalité bien plus sombre que la marque ne veut l'admettre, car oui, <strong>Tesla ne vend plus ses voitures comme des petits pains</strong>. En effet<strong>, </strong>les ventes européennes de la marque ont sérieusement dévissé ces derniers mois. On peut blâmer une gamme vieillissante (le Model Y a beau être une excellente voiture, il commence à être vu à tous les coins de rue et la concurrence a rattrapé son retard technologique). Mais le problème est aussi politique. En Allemagne, marché automobile le plus exigeant d'Europe, <strong>l'image d'</strong><a href="https://www.autoplus.fr/actualite/le-produit-le-plus-memorable-de-tous-les-temps-elon-musk-devoile-un-nouveau-projet-1405313.html?utm_source=rss_feed&utm_medium=link&utm_campaign=unknown"><strong>Elon Musk</strong></a><strong> est devenue toxique pour une partie de la clientèle</strong>.</p> <p>Ses flirts affichés avec l'AfD (le parti d'extrême droite allemand) et son implication dans l'administration Trump aux États-Unis passent mal auprès d'une clientèle urbaine et écologiste, qui constituait le cœur de cible historique de la marque. <strong>Acheter une Tesla en 2026 est devenu, pour certains, un acte politique qu'ils ne veulent plus assumer</strong>. Le constructeur se retrouve donc dans une position délicate où il investit pour produire plus efficacement des voitures qu'il a de plus en plus de mal à écouler. Le pari de 2027 est donc double. Industriellement, c'est la bonne décision pour pérenniser l'usine. Commercialement, c'est un pari sur le fait que la marque saura se réinventer et faire oublier les frasques de son patron pour redevenir cool.</p> <meta name="original-source" content="https://www.autoplus.fr/environnement/voiture-electrique/pourquoi-tesla-veut-desormais-produire-ses-batteries-en-allemagne-1419449.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.autoplus.fr/environnement/voiture-electrique/pourquoi-tesla-veut-desormais-produire-ses-batteries-en-allemagne-1419449.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
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