<p><figure class="image"> <img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6966a30fa464e85f280d8e30/article/image.jpg" alt=""> <figcaption> Le directeur de la Cl&egrave;de, Nicolas Ferran, a introduit la r&eacute;union de cr&eacute;ation&nbsp;du collectif • <strong>François Desmeures</strong> </figcaption> </figure></p> <p>D&#39;Al&egrave;s s&#39;est exprim&eacute; fortement, ce mardi, une inqui&eacute;tude qui traverse le monde associatif national, transform&eacute;e en une initiative qui pourrait bien faire tache d&#39;huile et devenir l&#39;acte 1 d&#39;une forme de r&eacute;volte associative. Le communiqu&eacute; du mois d&#39;octobre (<a href="https://www.objectifgard.com/actualites/ales-les-associations-tirent-la-sonnette-dalarme-face-a-un-modele-en-peril-153992.php">relire ici</a>) est devenu un manifeste et dix-huit associations se sont unies au sein du collectif Atelier 1901, un nom en hommage &agrave; la loi sur les libert&eacute;s associatives.</p> <p>Ces associations (*) repr&eacute;sentent, &agrave; la louche, environ 1 000 salari&eacute;s, mais surtout pr&egrave;s de 15 000 personnes accueillies, accompagn&eacute;es, soutenues ou aiguill&eacute;es chaque ann&eacute;e. Dans ce qui est, parfois, un premier recours pour un demandeur d&#39;asile, ou un dernier recours sous forme de soutien &agrave; domicile d&#39;une personne &acirc;g&eacute;e. Mais le secteur est <em>&quot;en crise profonde&quot;</em>, a introduit le directeur de la Cl&egrave;de, Nicolas Ferran, devant le pr&eacute;sident de la F&eacute;d&eacute;ration des acteurs de la solidarit&eacute;, Pascal Brice, dans le Gard pendant deux jours et une centaine de repr&eacute;sentants d&#39;associations.</p> <p><em>&quot;Le collectif est notre r&eacute;ponse,</em> a poursuivi Nicolas Ferran, <em>il montre notre d&eacute;termination &agrave; d&eacute;fendre des valeurs communes.&quot;</em> Tout en &eacute;mettant le v&oelig;u que <em>&quot;cette aventure puisse s&eacute;duire d&#39;autres associations, au-del&agrave; de notre territoire&quot;</em>. Il a insist&eacute; sur le fait que <em>&quot;la loi 1901 est avant tout une loi relative aux libert&eacute;s publiques&quot;</em>. Le directeur de la Cl&egrave;de a soulign&eacute; une <em>&quot;grande disparit&eacute; selon les secteurs, qui ont tous du mal &agrave; attirer des b&eacute;n&eacute;voles&quot;</em>. De ceux <em>&quot;qui donnent de leur temps et essaient de se retrouver dans la &#39;novlangue&#39; du mod&egrave;le associatif&quot;</em>.</p> <p><figure class="image"> <img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6966a3112f00d111c50dd10c/article/image.jpg" alt=""> <figcaption> • <strong>François Desmeures</strong> </figcaption> </figure></p> <p>&quot;&Ccedil;a ne tient plus !&quot;, a &eacute;t&eacute; le mot d&#39;ordre national. Et les t&eacute;moignages d&#39;associations locales illustrent le slogan. <em>&quot;On voit que le social et le m&eacute;dico-social sont attaqu&eacute;s de la m&ecirc;me mani&egrave;re aujourd&#39;hui,</em> a entam&eacute; le directeur gardois de l&#39;ADMR (aide &agrave; domicile en milieu rural), Jean-Pierre Riso. <em>Dans le secteur du maintien &agrave; domicile, la concurrence a toujours exist&eacute;. Mais on avait tous les m&ecirc;mes r&egrave;gles. Dans les ann&eacute;es 2000, le secteur a &eacute;t&eacute; largement transform&eacute;, avec l&#39;arriv&eacute;e du commercial. Mais les r&egrave;gles ne sont pas les m&ecirc;mes entre eux et nous, notamment sur la r&eacute;mun&eacute;ration des salari&eacute;s&quot;.</em></p> <h2>&quot;Les personnes qu&#39;on accueille n&#39;ont absolument rien...&quot;</h2> <p>Le Centre d&#39;accueil des demandeurs d&#39;asile (CADA) de la Cl&egrave;de conna&icirc;t <em>&quot;de la difficult&eacute; &agrave; faire acc&eacute;der les gens &agrave; des produits d&#39;hygi&egrave;ne. Les personnes qu&#39;on accueille n&#39;ont absolument rien... Si on ne s&#39;en tenait qu&#39;aux services de l&#39;&Eacute;tat, on ne pourrait pas avoir notre niveau de comp&eacute;tence&quot;</em>. Au service Lit halte soins sant&eacute; (LHSS), <em>&quot;on a de plus en plus de difficult&eacute;s avec la CAF, la S&eacute;curit&eacute; sociale, etc. Tout passe par le num&eacute;rique, l&#39;administration est de plus en plus ferm&eacute;e et on a du mal &agrave; travailler avec eux pour &eacute;laborer les dossiers.&quot;</em> Les salari&eacute;s constatent que <em>&quot;l&#39;aide m&eacute;dicale d&#39;&Eacute;tat (AME) est toujours refus&eacute;e la premi&egrave;re fois, pour un dossier perdu ou incomplet, alors qu&#39;il l&#39;est...&quot; </em></p> <p>L&#39;association EKKO (pr&eacute;vention et soins en addictologie, inclusion num&eacute;rique) dit <em>&quot;se confronter &agrave; la r&eacute;pression des consommateurs de drogue, sujet qui n&#39;est plus du tout abord&eacute; sous l&#39;angle de la sant&eacute; publique&quot;</em>. Et au quotidien, pour tous, le <em>&quot;syst&egrave;me D&quot;</em> pr&eacute;vaut, voire le recours ultime de la <em>&quot;demande de soutien aux associations caritatives locales&quot;</em>, Restos du c&oelig;ur en t&ecirc;te.</p> <p><figure class="image"> <img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6966a31130399ef2c70f514a/article/image.jpg" alt=""> <figcaption> • <strong>François Desmeures</strong> </figcaption> </figure></p> <p>De quoi faire s&#39;interroger Val&eacute;rie Bousquet, directrice-adjointe de la Cl&egrave;de, <em>&quot;sur notre docilit&eacute; : on a accept&eacute; les &eacute;conomies d&#39;&eacute;chelle, les contrats pluriannuels d&#39;objectifs et de moyens (CPOM), la mise en place et la fin des contrats aid&eacute;s, etc., etc. On s&#39;est m&ecirc;me fait traiter d&#39;op&eacute;rateurs... Et on en est &agrave; la loi qui risque de p&eacute;ter l&#39;inconditionnalit&eacute; de l&#39;accueil ! Et tous les jours, on est soumis &agrave; la question</em> &#39;&Agrave; quoi vous servez ?&#39; <em>Le temps qu&#39;on met &agrave; mettre en &oelig;uvre des politiques publiques et &agrave; se faire traiter de gens qui ne servent pas &agrave; grand-chose... Mais combien &ccedil;a va durer ?&quot;</em></p> <h2>&quot;Quelque chose de violent qui fait qu&#39;on a chang&eacute; d&#39;&eacute;poque&quot;</h2> <p><em>&quot;J&#39;ai bien fait de venir &agrave; Al&egrave;s,</em> a souri Pascal Brice, pr&eacute;sident national de la F&eacute;d&eacute;ration des acteurs de la solidarit&eacute;, invit&eacute; &agrave; conclure la r&eacute;union. Avant de se faire plus s&eacute;rieux : <em>&quot;Ce qui nous tombe dessus est d&#39;une violence extr&ecirc;me, cela rel&egrave;ve de la maltraitance, de l&#39;irrespect&quot;</em>. Il a &eacute;voqu&eacute; une <em>&quot;bascule&quot;</em>, dans les rapports entre &Eacute;tat, soci&eacute;t&eacute; et associations de solidarit&eacute; <em>&quot;depuis la sortie du Covid et la loi immigration de 2023&quot;</em>. Bascule marqu&eacute;e par <em>&quot;une forme d&#39;irrespect pour les personnes aid&eacute;es, mais aussi pour vous, professionnels ou b&eacute;n&eacute;voles. Quelque chose de violent qui fait qu&#39;on a chang&eacute; d&#39;&eacute;poque&quot;.</em></p> <p><em>&quot;Nous sommes le r&eacute;ceptacle des dysfonctionnements du march&eacute; de la soci&eacute;t&eacute; et des politiques publiques,</em> a poursuivi Pascal Brice. <em>Nous restons l&#39;un des pays les plus protecteurs, mais on d&eacute;tricote, on est en d&eacute;gradation. Aujourd&#39;hui, dans les structures, on propose aux personnes d&#39;aller aux Restos du c&oelig;ur, Cela fait des mois que nous alertons les pouvoirs publics l&agrave;-dessus. Il se passe quoi le jour o&ugrave; on aura disparu ?&quot;</em></p> <h2>&quot;Une tentative de mise au pas du monde associatif&quot;</h2> <p>Le pr&eacute;sident&nbsp;de la F&eacute;d&eacute;ration des acteurs de la solidarit&eacute; (FAS) a ensuite d&eacute;nonc&eacute; <em>&quot;le discours public r&eacute;p&eacute;t&eacute; dans les m&eacute;dias, en forme de rouleau compresseur. Pas seulement l&#39;instrumentalisation, mais consid&eacute;rer que des gens dans le besoin doivent payer le prix fort&quot;</em>. Mais Pascal Brice s&#39;est aussi attaqu&eacute; &agrave; <em>&quot;la tentative d&#39;inversion des solidarit&eacute;s : si les gens ne bossent pas, c&#39;est qu&#39;on les met, nous, dans l&#39;assistanat... </em>&#39;Si on ne peut pas expulser les OQTF, c&#39;est de votre faute&#39;. <em>On assiste &agrave; une tentative de mise au pas du monde associatif&quot;</em>. Pascal Brice a d&#39;ailleurs annonc&eacute; que la FAS <em>&quot;saisira le Conseil d&#39;&Eacute;tat&quot;</em> sur le dernier d&eacute;cret CADA (centre d&#39;accueil des demandeurs d&#39;asile), <em>&quot;qui fait que celui qui g&egrave;re une CADA n&#39;a pas le droit de penser. C&#39;est une atteinte aux libert&eacute;s fondamentales&quot;</em>.&nbsp;</p> <p><figure class="image"> <img src="https://medias.objectifgard.com/api/v1/images/view/6966a30f4969125fa60334f5/article/image.jpg" alt=""> <figcaption> Pascal&nbsp;Brice, pr&eacute;sident de la F&eacute;d&eacute;ration des acteurs de la solidarit&eacute;, a conclu la r&eacute;union • <strong>François Desmeures</strong> </figcaption> </figure></p> <p><em>&quot;Nous devons montrer que, sans nous, le pays ne fonctionne plus&quot;</em>, a menac&eacute; Pascal Brice, en appelant &agrave; la r&eacute;sistance face &agrave; deux propositions de loi qui contraindraient des OQTF &agrave; &ecirc;tre mis &agrave; la rue, par les associations, au bout de 30 jours. <em>&quot;Nous ne sommes pas ici pour mettre sciemment des gens &agrave; la rue&quot;.</em></p> <p>Localement, le collectif souhaite s&#39;&eacute;largir avant un &eacute;v&eacute;nement qu&#39;il organisera le 1ᵉʳ juillet prochain, &agrave; Al&egrave;s, pour c&eacute;l&eacute;brer les 125 ans de la loi 1901 sur la libert&eacute; d&#39;associations. <em>&quot;Un point de rencontre et de promesse&quot;</em>, a esp&eacute;r&eacute; Nicolas Ferran. Dans un contexte bien sombre...</p> <p><em>(*) La Cl&egrave;de, l&#39;Oustal de Saint-Jean-du-Gard, le centre social la Cour des miracles &agrave; Salindres, Aides &agrave; Al&egrave;s, l&#39;ADMR du Gard, EKKO, CLARTES de la Tessonne, Addictions France ; RA&Iuml;A, Avenir jeunesse et Collectif animateurs 30 &agrave; Al&egrave;s, La Gerbe, CIBC Gard Loz&egrave;re H&eacute;rault, Institut de formation des m&eacute;tiers &eacute;ducatifs, RESEDA, Service d&#39;entraide protestant, le centre social S.A.M., le studio Amplitude</em></p> Le directeur de la Cl&egrave;de, Nicolas Ferran, a introduit la r&eacute;union de cr&eacute;ation&nbsp;du collectif
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