« Nos cochons ont des couvertures chauffantes » : à Concarneau, la Ferme du Cœur souffre un peu l’hiver

C’est un peu la campagne à la ville ! Nichée en plein centre-ville de Concarneau, jouxtant l’école primaire Notre-Dame du Sacré-Cœur, voici la ferme pédagogique du Cœur. Elle accueille les animaux de la ferme abandonnés, malades ou accidentés. Et, depuis sa création, en avril 2024, elle se fait fort, jusqu’à présent, de n’avoir jamais sollicité d’aides ou subventions. Même si, en cette période hivernale particulièrement rigoureuse, les conditions ne sont pas optimales.

L’emplacement a beau être atypique en pleine ville, il est tout à fait justifié pour Amandine Carette, qui a ouvert cette Ferme du Cœur il y a bientôt deux ans. « Les citadins ont des idées reçues sur les animaux de ferme. Pour eux, les cochons puent, les poules attirent les rats, et j’en passe, alors que ces animaux ont autant de cœur et de pouvoir de compréhension que les chiens et chats. Et sont très utilisés dans le cadre de la médiation animale. »

C’est l’école voisine qui a proposé à Amandine ce terrain tout près de l’établissement en échange de visites et de présentations des animaux aux élèves. L’association dispose aussi de deux terrains privés sur Concarneau, dont elle dispose gracieusement.

« Nous récupérons les animaux malades, accidentés ou ayant des problèmes de comportement. Nous pouvons être requis par un service de l’État ou par des particuliers. Les animaux sont ensuite placés en quarantaine sur l’un des deux terrains privés puis, après tout un processus, soignés et déclarés aptes à l’adoption », raconte la fermière de Concarneau.

« Ce sont ceux-là, les plus petits, qui se trouvent à la Ferme du Cœur. Nous avons ici tous les animaux de ferme sauf les chevaux et les gros animaux, faute de place. » L’association a démarré grâce à la bonne volonté de trois personnes, dont Amandine et Élisabeth Sinquin, actuellement trésorière.

« Nous avons plus froid qu’eux »

Si aucune subvention ou aide financière n’a été sollicitée tant auprès des collectivités que de fondations comme celle de Brigitte Bardot, les ponts ne sont pas coupés. « On a voulu prouver qu’on pouvait réussir seuls. Maintenant, pour l’avenir, peut-être qu’on va le faire pour améliorer les enclos et surtout l’accès PMR à la ferme du centre-ville. »

L’association vit grâce aux dons, aux collectes dans les magasins, aux invendus et à des événements comme le marché de Noël. Mais l’hiver les choses sont beaucoup plus compliquées, les besoins des animaux étant différents.

Comme il y a peu d’herbe, la ferme a besoin de beaucoup de paille et de foin, notamment pour réguler les corps des animaux et protéger enclos et cabanes. « Nous avons la chance d’avoir du foin et de la paille donnés par un agriculteur. Nos cochons ont des couvertures chauffantes, les chèvres des manteaux pour la nuit et les poules, des lampes chauffantes dans le poulailler qui sont alimentées solairement. Tous les enclos sont renforcés avec de la paille et les ouvertures sont rétrécies pour éviter que l’air froid ne rentre. On doit éviter les engelures des animaux, les gamelles d’eau congelées. Il faut tout anticiper, et au final nous avons plus froid qu’eux. Deux vétérinaires passent régulièrement ».

Et maintenant, un coq !

Pour les fêtes, les animaux, notamment les chèvres et les cochons, ont été gâtés. « Nous avons demandé aux gens de déposer leur sapin de Noël, encore vert. Cela permet de leur fournir des oligo-éléments quand ils mangent les épines et la sève et les cochons adorent se frotter aux troncs. »

L’association récupère aussi tout ce qui est déposé par les particuliers : matériel pour la quarantaine, biberons, gamelles, textiles… « On garde ce qui nous est utile et, pour le reste, nous ne gardons rien et redistribuons. Nous avons un réseau associatif pour partager au maximum et ça fonctionne plutôt bien. »

Et pour commencer l’année, l’association a été appelée pour récupérer un coq en divagation dans le centre-ville de Concarneau. « Nous sommes le seul organisme à récupérer ces animaux de ferme. » Après sa période de quarantaine, il aura la chance de pousser la chansonnette au cœur de Concarneau. N’en déplaise à certains !

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