
Elle a répété tout au long de son procès n’avoir jamais secoué l’enfant dont elle avait la garde, chez elle à Courbevoie en 2011. Elle n’a pas convaincu la cour criminelle départementale des Hauts-de-Seine, qui a jugé cette femme de 55 ans la semaine dernière et l’a condamnée à six ans d’emprisonnement, sans l’envoyer directement derrière les barreaux.
Pour ses juges, Zahia G. a bien secoué ce matin du 11 février 2011 le nourrisson alors âgé de quatre mois. L’enfant, 15 ans aujourd’hui, présente des séquelles irréversibles qui l’ont rendu définitivement handicapé. Il est aveugle et souffre de troubles moteurs qui le rendent dépendant.
Les dépositions des experts et leurs conclusions ont emporté la conviction de la cour. Dès l’hospitalisation de la victime, les médecins ont relevé des lésions typiques du syndrome du bébé secoué. Les examens ultérieurs aussi. Ils ont conclu qu’« aucune autre cause » ne pouvait expliquer l’état de l’enfant.
Le procès s’est tenu quinze ans après les faits
La nounou a relaté à l’audience un « malaise » du bébé, qu’elle tenait dans ses bras. Selon son récit, il est « parti », est devenu « tout flasque » puis ne respirait plus. En plus de sa peine de six ans d’emprisonnement pour violence sur un mineur de moins de 15 ans ayant entraîné une infirmité permanente, elle a interdiction d’exercer le métier d’assistance maternelle.
Si l’ex-nounou ne fait pas appel, le parquet peut mettre sa peine à exécution et la faire incarcérer. Il est beaucoup plus probable qu’elle soit convoquée par le juge d’application des peines qui pourrait mettre en place une semi-liberté, avant qu’elle ne puisse demander une liberté conditionnelle.
Si elle fait appel, ce qui serait logique vu ses dénégations constantes depuis le drame et tout au long de son procès, elle redeviendrait présumée innocente, et un deuxième procès n’aurait pas lieu avant un an ou deux. Le procès qui vient de s’achever à Nanterre se sera tenu quinze ans après les faits, à cause d’une procédure émaillée de péripéties.








