L’« Opération Bruxelles » est lancée. Médecins, chirurgiens, anesthésistes… tous ont pris le chemin de la capitale belge pour dénoncer la dégradation du modèle économique de leur profession. Selon Franceinfo, ce mouvement social est le résultat du mécontentement des professionnels de santé face à certaines mesures contenues dans la loi de financement de la Sécurité sociale.

Pour Ambroise Salin, chirurgien urologue, ce voyage en cars est symbolique : « C’est le symbole du chemin que prennent de plus en plus de médecins et chirurgiens qui éprouvent des difficultés à travailler en France depuis quelques années. » Un médecin libéral exerce son activité avec des actes médicaux à tarif fixe. Ces tarifs sont définis par la Sécurité sociale. Le problème ? Cette tarification est dénoncée par les professionnels de santé, car elle couvre rarement les frais des actes chirurgicaux (lieu, personnel, matériel…).

Le tarif de la Sécurité sociale serait jugé très bas par de nombreux médecins. Les dépassements d’honoraires représentent plus du tiers des revenus professionnels pour certaines spécialités : « Le taux moyen des honoraires qui sont pris, lorsqu’il y a un complément d’honoraires, n’est que de 60 %. On est très, très loin du fantasme des abus ou des chirurgiens qui exploitent les patients pour obtenir plus d’argent », explique Ambroise Salin.

« Les agriculteurs nourrissent la France, les médecins soignent les Français, c’est aussi important »

Depuis le début de la grève, l’activité des médecins libéraux a chuté de 15 %. D’après Philippe Cuq, coprésident du syndicat Le BLOC, le mouvement a tenté de frapper fort : « On a à peu près 150 000 interventions qui sont déprogrammées. 80 % des blocs opératoires privés sont fermés. » Le chirurgien vasculaire estime que « les agriculteurs nourrissent la France, les médecins soignent les Français, c’est aussi important ».

Selon un rapport du Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM), le montant total des dépassements d’honoraires des médecins spécialistes a atteint 4,3 milliards d’euros. En parallèle, si l’on regarde du côté des assureurs complémentaires et des mutuelles, le rapport 2024 de la DREES montre qu’en 2023, les organismes complémentaires ont collecté 43,0 milliards d’euros.

Pour Philippe Cuq, c’est une injustice : « Pour certains, ils ont 20 % de frais de gestion, ça représente 10 milliards. 10 milliards qui ne sont pas consacrés aux soins. La hausse annuelle de leurs tarifs est de 3 à 6 %, sans aucune gêne. » De son côté, « le tarif de la Sécurité sociale ne bouge pas ».

L’article Grève des médecins : 2 500 praticiens partent en « exil » à Bruxelles est apparu en premier sur Valeurs actuelles.

Espace publicitaire · 300×250