<p>La tension monte à nouveau dans le monde agricole. Plus de deux ans après une grande mobilisation à Paris, les <strong>agriculteurs</strong> s’inquiètent toujours de la gestion de la <strong>dermatose nodulaire</strong>. Alors qu’ils demandent massivement une vaccination, le protocole actuel impose d’abattre des troupeaux entiers dès qu’un cas apparaît. En décembre dernier, <strong>Alexandre Devecchio</strong> avait résumé le malaise dans <em>Eliot Deval et vous</em> : « <em>cette crise de l'agriculture s'inscrit dans une crise plus large de la fracture entre les élites et le peuple et particulièrement peut-être entre une France rurale et une France métropolitaine déconnectée.</em> »</p> <p>Pour lui, les paroles d’<strong>Emmanuel Macron</strong> sur le soutien à l’agriculture manquent de concret. Il déclarait : « <em>Emmanuel Macron a beau dire qu'il est le patriote de l'agriculture, ça manque de chair. On a un peu de mal à le croire. Il est surtout patriote européiste et il va signer dans quelques jours un traité de libre-échange [avec le Mercosur] qui va faire qu'on va importer de la nourriture du bout du monde avec des normes qui ne sont pas les mêmes qu'on impose à nos agriculteurs. Donc on va imposer au nom du libre-échange, au nom de l'Europe, une concurrence déloyale.</em> »</p> <h2>Les agriculteurs en détresse</h2> <p>Ce vendredi encore, <a href="https://www.melty.fr/people/furax-jean-marie-bigard-71-ans-sadresse-aux-agriculteurs-petit-coup-de-gueule-2288016.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">les agriculteurs font entendre leur colère à Paris et dans toute la France</a>, alors que l’accord UE-Mercosur vient d’être validé par la majorité des pays européens et que <strong>les conditions de travail restent difficiles</strong>. <strong>Nicolas</strong>, éleveur de chèvres dans le Tarn-et-Garonne, témoigne au micro de nos confrères d'<em>Europe 1</em> : « <em>Notre métier est foutu. J'aimerais encore y croire, mais je n'y crois plus</em> ». Pour lui, l’agriculture telle qu’on la connaît est menacée, et les petites fermes risquent de disparaître faute de pouvoir produire une qualité suffisante aux prix actuels.</p> <p>Dans <em>Pascal Praud et vous</em>, l’éleveur avait déploré que « <em>c'est la France des terroirs qui meurt</em> », tout en soulignant que certains paysages étaient déjà en friches, vendus à de gros industriels peu soucieux de l'écologie. L’avenir de sa profession et de ses filles l’inquiète particulièrement : «<em> Je leur ai donné l'amour du métier, mais si elles choisissent autre chose, je ne serai pas déçu, au contraire. Si c'est pour faire une vie à travailler durement, pour ne pas être reconnu et ne pas gagner sa vie, ça ne sert à rien. Personne ne peut souhaiter ça à ses enfants</em> », confie Nicolas, résumant l’inquiétude d’<strong>une génération entière d’agriculteurs</strong>.</p> <h2>Crise agricole : les manifestants face à la police</h2> <p>Dans plusieurs régions françaises, les agriculteurs continuent de faire entendre leur colère contre l’accord UE-Mercosur et les règles d’<strong>abattage des troupeaux touchés par la dermatose nodulaire</strong>. À Paris, des militants de la Confédération paysanne, des Soulèvements de la Terre, de la CGT et de Solidaires ont organisé une opération escargot sur le périphérique avant de se diriger vers l’Arc de Triomphe. Le convoi a été bloqué à la porte Maillot par les forces de l’ordre, empêchant les manifestants de poursuivre leur trajet.</p> <p>En parallèle, <strong>Thomas Gibert</strong> et <strong>Stéphane Galais</strong>, porte-paroles nationaux de la Confédération paysanne, ont été interpellés par la police alors qu’ils attendaient le convoi avec un petit groupe de militants et des drapeaux. « <em>On venait accueillir les tracteurs</em> » et « <em>la police nous a interpellés et empêchés de manifester</em> », a expliqué Stéphane Galais sur franceinfo, dénonçant un « <em>deux poids, deux mesures</em> ». Placés en garde à vue au commissariat du 16e arrondissement, ils bénéficient désormais du soutien du collectif Les Soulèvements de la Terre et d’autres <strong>organisations agricoles</strong>, qui appellent à un rassemblement ce vendredi à 17h devant le commissariat, demandant leur « <em>libération immédiate</em> ».</p> <h2>"ça suffit aujourd'hui !"</h2> <p>Le mal-être des agriculteurs français ne passe plus inaperçu. Lors du <em>Forum BFMTV</em> le 8 janvier 2026, <strong>Jérôme Bayle</strong>, éleveur bovin, a exprimé son inquiétude face à la situation actuelle : « <em>Les agriculteurs français ont décidé que ça n'allait plus. Je parie qu'il va y avoir un collectif français agricole qui va voir le jour et ça va vraiment chauffer. Parce que ça suffit aujourd'hui</em> ». Selon lui, la politique ne résout rien et il faut se concentrer sur l’avenir du pays : «<em> On nous balade, on voit qu'il n'y a aucune avancée. On s'en fout de la politique ! Ce qu'il faut savoir c'est 'qu'est-ce que va devenir notre pays dans les années futures ?' et ça c'est plus inquiétant</em> ».</p> <p>Pour le quadragénaire, le risque principal est <strong>la perte de la souveraineté alimentaire européenne</strong>. « <em>On est en train de perdre notre souveraineté alimentaire ! On peut encore la sauver parce qu'on est juste sur la barrière. Si on ne fait rien, si on ne construit pas une richesse alimentaire et une richesse économique, car l'agriculture est à la base de l'économie, on va droit à la levure</em> ». Face à une éventuelle guerre, il conclut avec gravité : «<em> S'il y a une guerre en France, je ne crains pas les balles mais la faim</em> ». Selon lui, l’Europe ne dispose actuellement que d’une autonomie alimentaire de <strong>quinze jours</strong>, <a href="https://www.melty.fr/societe/cancer-du-poumon-feminin-une-hausse-alarmante-que-les-experts-expliquent-2284253.html?utm_source=rss_feed&#038;utm_medium=link&#038;utm_campaign=unknown">un chiffre alarmant</a> pour l’avenir.</p> <meta name="original-source" content="https://www.melty.fr/societe/crise-agricole-sil-y-a-une-guerre-en-france-je-ne-crains-pas-les-balles-mais-la-faim-un-agriculteur-deplore-la-faible-autonomie-alimentaire-de-leurope-2288114.html" /><meta name="syndication-source" content="https://www.melty.fr/societe/crise-agricole-sil-y-a-une-guerre-en-france-je-ne-crains-pas-les-balles-mais-la-faim-un-agriculteur-deplore-la-faible-autonomie-alimentaire-de-leurope-2288114.html" /><meta name="robots" content="noindex, follow" />
Espace publicitaire · 300×250