
Depuis l’ouverture au public en juin 2021 du zoo refuge de la Tanière à Nogent-le-Phaye (Eure-et-Loir), les animaux n’avaient jamais été confrontés à pareille vague de froid. Patrick Violas, cofondateur de ce parc de 14 ha, passé maître dans le sauvetage des animaux abandonnés, maltraités, détenus illégalement, utilisés en laboratoire ou saisis par la justice, a mobilisé l’intégralité des 40 soigneurs et la quinzaine de techniciens pour renforcer la protection de ses 600 pensionnaires.
« En général, les animaux sauvages savent s’adapter, les nôtres, habitués à la captivité, beaucoup moins même si les tigres et les lions n’ont pas l’air de trop souffrir grâce à leurs crinières », assure-t-il.
Des bâtiments construits en urgence, d’autres spécialement isolés ou chauffés
En réponse au froid qui s’est accentué depuis le mardi 6 janvier, avec des températures atteignant les -9 degrés, tous les animaux ont été conduits dans des enclos chauffés à 15 degrés et équipés pour certains de lampes à UV.
« Ça va nous coûter au moins 25 000 euros en électricité. Nous avons aussi dû construire en urgence de nouveaux bâtiments, en isoler d’autres, et chauffer certains qui n’avaient pas l’habitude de l’être », détaille le patron des lieux.
« De toute façon, ils ne sont pas nombreux à vouloir mettre le nez dehors, à part nos chiens patous qui se roulent dans la neige et vivent leur meilleure vie ». Les ouistitis et les tamarins n’ont pas attendu que le personnel du zoo parc les invite à se replier dans les abris. « Ils sont rentrés d’eux-mêmes dans les bâtiments, où ils passent leur temps, blottis les uns contre les autres ».
Les vétérinaires, qui scrutent le moindre écoulement nasal de chaque animal, redoublent d’attention pour les primates, les petits mammifères, les oiseaux exotiques et les éléphants d’Asie, très vulnérables au froid en raison de la finesse de leurs oreilles. « Ces dernières pourraient geler et se casser » selon Patrick Violas.

D’autres espèces comme les wallabies semblent, quant à elles, intrigués devant le spectacle offert par ce grand manteau blanc qui a recouvert et transformé leur terrain de jeu familier.
De la nourriture « plus riche et grasse »
À l’intérieur, les animaux prennent leur mal en patience en mangeant plus que d’ordinaire. Pour faire face à cet épisode de grand froid, les soigneurs adaptent leur alimentation, en leur fournissant de la nourriture « plus riche et grasse ». La prise de poids attendus pour certains animaux les aidera à surmonter ces conditions météorologiques inhabituelles.
Ces mesures vont se prolonger jusqu’au redoux annoncé pour le week-end prochain. « Mais d’ici là, nous veillons au grain. Nous attendons encore de fortes chutes de températures et surtout du vent, le plus embêtant. Comme les humains, les animaux sont sensibles aux températures ressenties ».
Au total, ce dispositif de prévention et de protection devrait coûter 100 000 euros au zoo parc, qui invite le public à les soutenir en venant voir les animaux le week-end jusqu’à sa réouverture quotidienne début février. Et ce dès le samedi 10 janvier.








