
La Seine-Saint-Denis est connue pour être une terre propice aux incendies d’entrepôts que les habitants de la région parisienne et de la capitale repèrent grâce à leurs immenses panaches de fumées noires. Des villes sont d’ailleurs réputées pour en souffrir plus particulièrement. La Courneuve en fait partie. Et c’est dans cette commune que le premier incendie du genre de l’année a débuté vers 6h30, avenue Jean-Mermoz, dans un site où sont stockés de la ferraille, des métaux divers, mais aussi des batteries.
Mais cette fois, s’il n’y a pas de volutes spectaculaires dans le ciel, il y a quand même des dégagements de fumées qui en fin de matinée se dirigeaient vers Le Bourget, poussés par les vents. La préfecture de Seine-Saint-Denis recommandait vers 13 heures, aux habitants du secteur de laisser leurs fenêtres fermées. Une précaution toujours relayée par les pouvoirs publics en fin d’après-midi, le feu n’étant toujours pas éteint.
« C’est une cliente qui a donné l’alerte vers 6h30, explique-t-on au sein de l’hôtel Ibis, situé en bordure de la zone d’entrepôts concernée. Nous sommes sortis pour vérifier. La porte de leur atelier était ouverte, il y avait effectivement des flammes et de la fumée à l’intérieur. Il y avait des ouvriers sur place et je pense que s’ils n’avaient pas été là, cela aurait pu être bien plus grave. »
Des batteries qui ont pris feu ?
Environ 70 de sapeurs-pompiers de Paris ont été déployés pour éteindre le sinistre qui a touché deux alvéoles accolées sur 600 m2. Une vingtaine d’engins ont été dépêchés sur place, quatre lances dont une lance canon sur bras élévateur et trois de grande puissance ont été utilisées. Pour l’opération, un robot extincteur a été mobilisé.
L’incendie a été maîtrisé dans la matinée de ce 1er janvier. « Il n’y a pas eu de propagation et il n’y a pas eu besoin d’évacuer l’hôtel », confirme-t-on dans l’établissement. Mais en ce début de soirée, les secours étaient toujours sur place pour éteindre complètement le feu qui couve notamment dans des stocks de câbles.

L’incendie a débuté dans un camion-benne et selon de premiers éléments à confirmer, ce sont des batteries qui se seraient enflammées. Néanmoins, seule l’enquête permettra de faire la lumière sur l’origine du sinistre.
« C’est la première fois que je suis confronté à cela, je travaille ici depuis des années et il n’y a jamais eu de graves problèmes dans ces entrepôts », ajoute un témoin. Avec Aubervilliers, La Courneuve est une des villes de Seine-Saint-Denis qui a connu de très importants sinistres de sites de stockage textile.
Les pompiers se souviennent en particulier de celui d’avril 2015, où 24 heures après le début de leur intervention, le feu couvait toujours au sein d’un entrepôt de vêtements et de chaussures de 12 000 m2, en bordure de l’A86.
Un an plus tôt, encore avenue Jean-Mermoz, un autre bâtiment de 4 000 m2 rempli de textile avait également brûlé. En 2021, rebelote, avec l’incendie d’un site de 1 000 à 2 000 m2, situé rue Berteaux. Mais en 2020, un sinistre avait viré au drame : deux femmes avaient dû se jeter du premier étage d’un entrepôt en flammes. En tombant de 3 à 4 m de hauteur, l’une d’elles s’était grièvement blessée.








