
Les détails qui filtrent sur l’attentat antisémite de Bondi beach, dimanche à Sidney, lors de la célébration de la fête juive d’Hanoukka, sont accablants pour la police, la justice et le monde politique australien.
La police a reconnu mardi que les deux auteurs de la fusillade lors de laquelle quinze personnes, dont un enfant et un survivant de la Shoah, ont été tuées étaient inspirés par l’Etat islamique (Daech). Un véhicule enregistré au nom du plus jeune suspect contenait des engins explosifs et deux drapeaux artisanaux associés à Daech.
Le Premier ministre travailliste Anthony Albanese, qui avait qualifié jadis les membres du Hamas de « résistants », « aurait dû faire beaucoup plus pour lutter contre l’antisémitisme », a estimé l’ancien chef libéral du gouvernement australien John Howard. Le Premier ministre a tenu lundi soir un discours de 5.020 mots au lendemain de l’attaque de Bondi Beach dans lequel il a, certes, dénoncé le caractère antisémite de l’assaut, mais sans prononcer une seule fois le mot « islam », ou « islamisme », combat politique au nom de la religion musulmane dont se réclamaient pourtant visiblement les terroristes. Refuser de nommer l’ennemi est généralement une bonne méthode pour perdre. Par ailleurs, aucun cortège de protestation n’a été organisé en Australie au lendemain de l’attentat.
Le gouvernement fédéral a aussi annoncé qu’il allait revoir la législation sur les armes à feu, la police ayant révélé que le plus jeune terroriste, Sajid Akram, possédait un permis de port d’armes depuis 2023 et six armes enregistrées ! Qui a besoin de six armes si ce n’est pour commettre des meurtres ? Alors qu’il avait été fiché dès 2019 comme sympathisant de Daech mais « pas dangereux ». Il avait été filmé participant à une manifestation de milliers de personnes chantant « gazez les Juifs » peu après l’attaque du Hamas du 7 octobre 2023.
Enfin, il est apparu que les terroristes ont pu tirer pendant exactement neuf minutes et quarante secondes à moins de 200 m d’un poste de police et alors que quatre policiers armés étaient prostrés derrière des voitures à proximité d’eux sans oser intervenir, pétrifiés de peur. Un grave problème de recrutement et d’entraînement, à l’évidence. Se sont interposés un couple de civils sexagénaires ukrainiens, qui l’ont payé de leur vie, un marchand de fruits et légumes d’origine syrienne qui a arraché le fusil d’un terroriste mais sans parvenir à le neutraliser, et un policier en civil qui, avec sa seule arme de poing de petit calibre, a abattu l’un des deux terroristes à une distance d’une trentaine de mètres.
L’article L’Australie frappée par le terrorisme islamiste est apparu en premier sur Contrepoints.








