
Se présentant comme un work OS, Monday.com a fait une entrée remarquée au Nasdaq le 10 juin dernier en levant 574 millions de dollars. Une opération qui hisse alors sa valorisation à 6,8 milliards de dollars. Un record pour une IPO sur le front des outils de gestion de projet. En hyper-croissance, Monday.com enregistre un chiffre d'affaires de 116 millions de dollars en 2020, en hausse de 106%. Au premier semestre 2021, l'éditeur originaire de Tel Aviv poursuit sur sa lancée avec un revenu en progression de près de 90% sur un an, à 129 millions de dollars. Comme l'immense majorité des acteurs du SaaS en phase de passage à l'échelle, la société affiche un revenu net dans le rouge. Sur les six premiers mois de l'année, ses pertes s'établissent à 68 millions de dollars, contre 48 millions lors de la même période en 2020.
ClickUp et Notion comme concurrents
Dans le sillage de la crise du Covid, Monday.com surfe évidemment sur l'explosion des besoins en matière de digital workplace consécutifs à l'émergence du travail à distance. "Cette plateforme se classe dans les applications de management visuelle taillées pour gérer une activité, une équipe de manière distribuée", observe Edouard Lerouge, consultant analyste au sein du cabinet français Lecko. A la manière de ClickUp ou Notion, Monday.com s'articule autour d'un tableur 2.0 conçu pour gérer des données et automatiser des routines. "Il permettra aussi bien de piloter des projets que de concevoir, sans code, des applications plus spécifiques", explique Thomas Poisoint, consultant chez Spectrum Group.
A l'instar de ces deux concurrents, Monday.com propose de multiples vues synchronisées : calendrier, tableau kanban pour gérer l'avancement des projets, timeline de Gantt pour contrôler les dépendances entre projets, tableau de bord de suivi...
A cela s'ajoutent des modèles d'applications verticales prépackagées : gestion d'une base de clients, gestion de campagnes marketing, calendrier éditorial, gestion d'une roadmap logicielle, gestion des recrutements et des intégrations… Certains modèles ciblent y compris des problématiques sectorielles, par exemple le suivi de feuille de route des chantiers dans le BTP ou encore la gestion d'une agence immobilière. "Ces templates permettent de débuter immédiatement sans passer par la phase de paramétrage et de développement sans code", poursuit Thomas Poisoint.
Une solution chère
Parmi ses points forts, Monday.com lance des passerelles vers de multiples applications. Grâce à ces connecteurs, on pourra par exemple importer des contenus en provenance de Dropbox, Google Drive ou OneDrive. Mais aussi convertir automatiquement des e-mails Outlook ou Gmail en tâches à réaliser. En matière de CRM, Monday.com permet également de piloter un circuit de vente reposant sur Salesforce, ou encore gérer des commandes de produits en provenance de sites e-commerce basés sur Shopify ou Woocommerce.

Malgré tous ces avantages, Monday.com souffre néanmoins d'un handicap, et pas des moindres : son tarif. L'application affiche un ticket d'entrée de 10 dollars par utilisateur et par mois, contre 5 dollars pour ClickUp et 4 pour Notion. Une contrainte qui rend le ROI difficile à atteindre pour le client. "Il est conseillé de commencer petit en utilisant par exemple Monday pour piloter des projets ou activités en mode gestion de tâches, puis de monter en puissance en recourant à de nouvelles vues applicatives : des frises Gantt, des tableaux Kanban...", égraine Thomas Poisoint chez Spectrum Group. Le prix de Monday.com n'incitera pas à augmenter le nombre d'applications de collaboration tierces qui pourraient y être intégrées. La multiplication des outils pouvant rapidement faire monter encore la facture.
125 000 organisations clientes
Pourtant, Monday.com séduit. "Compte tenu de la modernité de son interface graphique, sa flexibilité et son degré de personnalisation, cet acteur pourrait très bien devenir leader sur le front du management visuel sur-mesure", estime Edouard Lerouge chez Lecko. "Pour l'instant, il s'agit d'un segment sur lequel aucun éditeur n'a véritablement émergé."
Fondé en 2012, Monday.com, qui compte à ce jour plus de 900 salariés, revendique pas moins de 125 000 organisations clientes. Parmi ses références en France figurent notamment BNP Paris, Danone, Deezer ou Carrefour. Depuis son entrée en bourse, l'action de Monday.com a progressé de 160%.









