
Selon un rapport de la Cour des comptes, en 2024, les crédits qui ont été consommés pour le remplacement dans l’enseignement public du second degré ont atteint 2,16 milliards d’euros. Soit une augmentation de 52 % depuis 2018. Mais derrière cette somme impressionnante, se cache un second chiffre. En effet, la Cour des comptes a estimé le coût des absences dans le second degré à… 3,57 milliards d’euros en 2024. Une somme non négligeable, surtout lorsqu’on constate la situation actuelle de l’Education nationale.
Si nous nous concentrons sur les pourcentages, 9 % des heures de cours n’ont pas été assurées en 2023-2024 dans les collèges publics, contre 8 % sur l’année 2018-2019. Toutefois, ce sont les collèges de l’éducation prioritaire qui sont les plus touchés, avec 11 % des heures d’enseignement qui n’ont pas été assurés sur l’année 2023-2024, ce qui renforce de plus en plus les inégalités. Par ailleurs, force est de constater que l’efficacité du remplacement de longue durée régresse, passant de 97 % en 2018-2019 à 94 % en 2024-2025. Quant au remplacement de courte durée, qui est une priorité nationale si l’on en croit la Cour, il ne couvre que 12 % des absences seulement.
Cette situation s’explique par une explosion des absences pour raisons de santé, avec +41,3 % de congés maladie ordinaire et +250 % de temps partiels thérapeutiques entre 2018-2019 et 2023-2024. À cela s’ajoute la pénurie structurelle d’enseignants : 13 % des postes ne sont pas pourvus à la rentrée 2024 dans le second degré, ce qui oblige l’État à multiplier les contractuels ou à solliciter le « Pacte enseignant » (qui permet d’attribuer aux personnels volontaires un complément de rémunération en contrepartie de la réalisation de missions supplémentaires), dont le coût pour l’année scolaire 2023-2024 est estimé par la Cour à 748,7 millions d’euros. Par ailleurs, cette hausse des absences a accru le besoin de remplacement de 15 % depuis 2018-2019.
Toujours selon la Cour des comptes, la colère des parents ne cesse de monter, qu’elle s’exprime dans la rue, dans les médias ou jusque dans des courriers adressés directement au ministère. La Cour rappelle d’ailleurs : « L’État se doit d’assurer le service public de l’éducation et de dispenser les cours obligatoires, fixés par matière et par niveau. » Mais lorsque tout un système montre des signes d’épuisement, n’est-il pas temps, enfin, de changer de paradigme ?
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