Inflation 2022 : bientôt une hausse des taux ?

[Mise à jour du vendredi 10 juin 2022 à 10h01] A l'issue d'une réunion du conseil des gouverneurs de la BCE, la banque centrale a confirmé mettre un terme à sa politique monétaire de soutien à l'économie. Concrètement, l'institution monétaire va cesser les achats nets d'actifs et panifie une hausse de ses taux directeurs "de 25 points de base" lors de leur prochaine réunion le 21 juillet, avant "une autre hausse en septembre". En tout état de cause, une "série" de hausses des taux suivra "au cours des prochains mois" en fonction des perspectives d'inflation, a fait savoir la présidente de la BCE, Christine Lagarde. L'inflation s'est élevée à 8,1% en mai 2022, sur un an, au sein des pays de la zone euro. L'objectif de la BCE était initialement fixé à 2%. La Banque centrale européenne a relevé ses prévisions d'inflation jusqu'en 2024 : 6,8% en 2022, 3,5% en 2023 et à 2,1% en 2024. L'enjeu est crucial, puisque la Banque centrale européenne doit veiller à ne pas casser la croissance.

Selon l'OFCE, le pouvoir d'achat des ménages devrait se contracter de 0,8% en moyenne. La coupable ? L'inflation. En moyenne, elle devrait s'établir à 4,9% sur l'année 2022. Conjuguée à une croissance économique ramenée à 2,4%, "cette contraction du pouvoir d'achat va peser sur la dynamique de reprise à travers la faible dynamique de la consommation des ménages", estime l'Observatoire français des conjonctures économiques ce jeudi. Après avoir augmenté de 4,8% le mois dernier, les prix à la consommation s'accroissent de 5,2% sur un an en mai 2022. Il s'agit du plus haut niveau de l'inflation depuis novembre 1985. 

La reprise économique consécutive à la crise sanitaire du coronavirus s'est traduite par des tensions d'approvisionnement. La demande étant supérieure à l'offre, les prix à la consommation de certains biens sont repartis à la hausse. La reprise s'est également accompagnée d'une très forte demande en énergie au niveau mondial, et notamment en Asie. Résultat, les prix du gaz, du pétrole et de l'électricité s'accroissent. Pour limiter les effets de la reprise sur les ménages, le gouvernement français a dégainé plusieurs aides : prime inflation, bouclier tarifaire, chèque énergie supplémentaire de 100 euros... Ces mesures se sont toutefois révélées insuffisantes, en raison du conflit en Ukraine, qui s'est déclenché le 24 février dernier. La guerre opposant la Russie et l'Ukraine a fait flamber le marché des matières premières (pétrole, gaz, blé...). Résultat, l'exécutif a été forcé de revoir sa copie, élaborant un plan de résilience

Quid des mesures dégainées par l'exécutif ? Les prévisions de l'OFCE tiennent compte des aides financières débloquées depuis la fin de l'année 2021 (bouclier tarifaire, indemnité inflation...), ainsi que de celles promises dans le cadre de la loi sur le pouvoir d'achat, soumise au Parlement après les élections législatives. Ce projet de loi comporte plusieurs mesures de pouvoir d'achat promises par Emmanuel Macron durant la campagne présidentielle : la prolongation du bouclier tarifaire jusqu'à fin 2022, une mesure ciblée pour les gros rouleurs, la suppression de la redevance TV, le triplement de la prime Macron, le dégel du point d'indice, la revalorisation des prestations sociales et des retraites et la création du chèque alimentaire. Pour en savoir plus, consultez notre dossier dédié : 

Toujours selon l'OFCE, ces mesures cumulées devraient permettre de réduire sur 2022 de 2,1 points la hausse des prix, pour une dépense représentant 1,7 point de PIB, soit environ 40 milliards d'euros.

Très récemment, le gouvernement a annoncé le versement d'une nouvelle indemnité inflation, dans l'attente de l'élaboration du chèque alimentaire à la rentrée, en septembre 2022, pour un montant compris entre 100 et 150 euros. Interrogé au micro de BFMTV, Bruno Le Maire a indiqué le montant n'était pas encore arbitré. "L'objectif est d'aider tous ceux qui ne peuvent pas s'alimenter correctement", a indiqué le ministre de l'Economie. "Il y aura un débat à l'Assemblée nationale". 

Dans l'urgence, avec l'inflation, ce sera une aide versée directement sur le compte en banque, en une fois, tenant compte naturellement du nombre d'enfants dans la famille", avait souligné Elisabeth Borne, au micro de France Bleu ce mardi. Dans un second temps, une réflexion sera mise en œuvre afin de mettre en place un dispositif "ciblé pour permettre à tous les Français d'accéder à des produits de qualité, des produits bio". 

En quoi consiste l'inflation ? Définition 

L'inflation désigne une hausse généralisée des prix des biens et services, sur une période donnée. On parle également de hausse du coût de la vie, ou de baisse du pouvoir d'achat. En France, on mesure l'inflation avec l'indice des prix à la consommation de l'Insee, qui représente lui-même une moyenne de plusieurs variations des coûts de produits spécifiques. On parle d'inflation lorsque la moyenne de tous ces regroupements conjoncturels fait ressortir une hausse des prix. Certaines hausses peuvent être compensées par la baisse d'autres secteurs ; dans ce cas, il n'y a pas d'inflation. Le contraire de l'inflation est la déflation. L'inflation est prise en compte pour calculer chaque année l'augmentation du Smic.

Où en est l'inflation en France ? Historique

En avril 2022, les prix à la consommation ont augmenté de 4,8% sur un an, après une hausse de 4,5% en mars 2022 et de 3,6% en février. Voici, à titre indicatif, l'évolution de l'indice des prix à la consommation, en glissement annuel depuis 2017 : 

Comment le taux d'inflation est-il calculé ? 

Pour calculer l'inflation, l'Insee prend en compte 22 regroupements conjoncturels comprenant divers produits. À la fin de chaque mois, l'INSEE compare les prix de vente affichés au cours du dernier mois, par rapport à ceux du trimestre précédent. On en déduit ainsi s'il y a eu une inflation ou une déflation.

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