
La psychose s’installe dans la France rurale. Alors que la dermatose nodulaire contagieuse qui contamine les vaches a déjà mené à l’abattage de centaines de bovins en Ariège, et que la Confédération paysanne bloque plusieurs axes routiers ce samedi, l’Ordre des vétérinaires tire la sonnette d’alarme.
« Vous avez des appels à brûler des cliniques sur les réseaux sociaux, des vétérinaires agonis d’injures sur leur standard : celui du Conseil national de l’Ordre est submergé d’appels de personnes complotistes, antivax, anti-tout, qui déversent des tombereaux de bêtises à l’encontre de la profession. Cela finit par impacter fortement le moral des vétérinaires », dénonce dans un entretien à l’AFP Jacques Guérin, le président du Conseil national de l’Ordre des vétérinaires.
Face aux menaces, le vétérinaire prévient : « S’il faut (…) entamer des actions en justice dès que des actes malveillants seront perpétrés, je n’hésiterai pas ».
« C’est à ce prix-là qu’on protège les 16 millions de bovins »
Jeudi soir, des affrontements ont éclaté dans une ferme de Bordes-sur-Arize, en Ariège, entre les forces de l’ordre et des agriculteurs opposés à l’abattage d’un troupeau de vaches. Il s’agissait du premier foyer de dermatose bovine détecté en France depuis les derniers cas apparus en Savoie et Haute-Savoie.
« Dépeupler un troupeau est un acte traumatisant pour l’éleveur, je le conçois, traumatisant aussi pour celui qui le réalise, mais indispensable : c’est par ce sacrifice-là que nous allons protéger tous les cheptels bovins de France », a justifié samedi Jacques Guérin.
Selon le vétérinaire, cette méthode radicale est la seule permettant d’empêcher efficacement la contagion des autres cheptels : « Ce modèle sanitaire, qui a fait ses preuves depuis plus de 70 ans, a permis de traiter les grandes maladies des cheptels. Il repose sur la défense de l’intérêt collectif et demande une certaine discipline. Il y a parfois des choix dramatiques à faire pour certains élevages : mais c’est à ce prix-là qu’on protège les 16 millions de bovins du pays. Si l’intérêt individuel se met à prévaloir, avec de l’irrationalité et des pseudo-sciences, le modèle va s’écrouler. Et là, les impacts pour la totalité des éleveurs, seront terribles ».
Alors qu’un nouveau foyer de Dermatose nodulaire a été détecté vendredi dans un élevage de Haute-Garonne, le ministère de l’Agriculture a annoncé qu’il allait « vacciner près d’1 million d’animaux ».








