Commentaires sur L’OL devient le club français le plus victorieux en Ligue Europa par Juni38
Ce qui est montré ici dépasse très largement une simple opération de maintien de l’ordre. On a franchi un nouveau concept administratif : le maintien de l’ordre bovin par gazage préventif. Une innovation française. Cocorico. Dans la nuit, en Ariège, sur une exploitation parfaitement identifiée (histoire que personne ne se perde), 207 ou 208 bovins (le flou artistique fait partie du charme) ont été concernés par une “opération sanitaire”. Traduction : des vaches et des veaux enfermés dans un bâtiment clos, sans défense, ont reçu du gaz lacrymogène, avant d’être euthanasiés. Des animaux dangereux, donc. Capables, sans doute, de fomenter un coup d’État à base de meuglements séditieux. Après les Gilets jaunes, les soignants, les pompiers matraqués par amour républicain, l’État innove encore. Cette fois, il ne tape plus seulement sur les humains qui protestent : il gaze les animaux qui ne protestent pas. Gain de temps. Efficacité. Zéro risque de slogan. La question est pourtant simple : pourquoi gazer des animaux enfermés ? Pas pour se défendre. Pas pour disperser une foule. Pas parce qu’ils chargeaient les CRS à cornes baissées. Non. Parce que quand on a un marteau administratif, tout ressemble à un clou, y compris une vache. L’argument officiel est déjà prêt : “empêcher les agriculteurs de rentrer dans les enclos”. Logique imparable. Donc, pour éviter que des humains entrent, on fait souffrir des animaux qui ne sortent pas. C’est de la géométrie administrative avancée. Polytechnique n’a qu’à bien se tenir. Petit rappel juridique, pour rire (jaune) : Article 521-1 du Code pénal — sévices graves envers un animal = 3 ans de prison et 45 000 € d’amende. Un citoyen qui gaze un chien enfermé ? Tribunal. Un État qui gaze des vaches enfermées ? Communiqué de presse. La magie opère dès qu’on prononce le mot-clé : “nécessité”. Grâce à lui, la cruauté devient une mesure, la souffrance une procédure, et l’inhumain une case cochée. Mais le clou du spectacle, c’est la chaîne de responsabilité, ce grand jeu de passe-passe où tout le monde décide mais personne n’est responsable. 🎩 Hervé Brabant, préfet de l’Ariège : chef d’orchestre local. Il applique. Toujours. Même quand la partition ressemble à un gag absurde. 🎩 Laurent Nuñez, ministre de l’Intérieur : auteur de la doctrine. Le maintien de l’ordre version “si ça respire, gazez”. 🎩 Annie Genevard, ministre de l’Agriculture : grande muette de la soirée. L’agriculture brûle, mais chut, protocole en cours. 🎩 Sébastien Lecornu, Premier ministre : chef d’un gouvernement minoritaire, mais majoritaire quand il s’agit de sortir les blindés contre une ferme. 🎩 Emmanuel Macron, président : visionnaire hors-sol, capable de parler de souveraineté alimentaire tout en regardant mourir l’élevage français comme un tableau abstrait. Personne n’a “voulu” faire souffrir les animaux, bien sûr. Ils ont juste été au mauvais endroit, au mauvais moment, dans le mauvais pays, sous le bon protocole. Et c’est ça qui glace : pas la violence brute, pas même le gaz, mais la normalité administrative de l’inhumain. Ce n’est pas une comparaison historique. Ce n’est pas une provocation. C’est une alarme. Parce que quand ce qui serait puni chez un citoyen devient acceptable chez l’État, ce n’est plus une erreur, c’est une doctrine. Et quand la doctrine commence à considérer le vivant comme un “problème à neutraliser”, ce n’est pas seulement l’agriculture qui est en danger. C’est le bon sens. La décence. Et l’idée même de justice. Mais rassurez-vous : tout ça a été fait dans le respect des procédures. Les vaches peuvent dormir tranquilles. Enfin… non.
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