

Ce dimanche, dans le silence de la nuit tombante d’Abu Dhabi, le moteur Renault tournera pour la dernière fois.
L’Alpine A525 s’élancera avec le bloc V6 E-Tech sous son capot, produit pour la toute dernière fois dans les ateliers de Viry-Châtillon, assemblé une dernière fois par Mecachrome, en fond de grille, sans baroud d’honneur.
Viry-Châtillon / Renault : un pilier de la F1 que l’on oubliera pas
Cela faisait près de 50 ans que Renault n’avait pas quitté la grille. Hormis deux saisons d’absence, le Losange a toujours été là, de la première victoire turbo en 1979 au doublé mondial de 2006, en passant par les triomphes de Red Bull, les débuts de McLaren-Renault, et les saisons en solitaire.
23 titres, 178 victoires, plus de 500 podiums, 771 courses. Et puis plus rien.




Car à partir de 2026, Renault ne motorisera plus rien ni personne. Alpine roulera en Mercedes. C’est acté. Froidement. Stratégiquement. C’est peut-être efficace, mais c’est aussi la décision la plus triste de l’histoire du Groupe Renault en Formule 1.
Elle enterre un demi-siècle de technologie française, un savoir-faire unique, et une vision complète de la course, où l’on maîtrisait autant le châssis que la mécanique.

Dans les garages, les membres de l’équipe ont signé, à la main, le dernier moteur Renault. Au marqueur blanc, directement sur le carter. Quelques photos ont été publiées, sans grands mots, sans émotion forcée. Juste une poignée de visages. Le vrai hommage est là.



Mecachrome, partenaire depuis plus de vingt ans, vivra lui aussi sa dernière. À Aubigny-sur-Nère, on fabriquait les pièces, on montait les blocs, on livrait directement à Enstone. Ce partenariat discret, constant, loyal, s’éteint sans bruit. Avec la même dignité que le moteur qu’il a fait vivre.
Pierre Gasly reconnaissant, Fernando Alonso en hommage à Viry-Châtillon, et la fin d’un cycle sans excuse pour Alpine
En piste, Pierre Gasly n’a pas cherché d’excuses. Il sait que l’A525 n’est pas au niveau. Mais il a salué, sobrement, le travail des hommes de Viry et de Mecachrome.

En piste, Pierre Gasly n’a pas cherché d’excuses. Il sait que l’A525 n’est pas au niveau. Mais il a salué, sobrement, le travail des hommes de Viry et de Mecachrome.
C’est sûr que ça va être très spécial (demain), comme vous l’avez dit. J’ai énormément de plaisir à travailler avec tous les ingénieurs et les mécanos qui ont bossé pour moi ces trois dernières années, ajoutait-il, reconnaissant.
Comme d’habitude, j’essaierai de donner le meilleur de moi-même dans la voiture et de finir avec la meilleure note possible, peu importe le résultat.
Pour moi, c’est important de les remercier. On a fait du très bon travail avec les moyens qu’on avait, et je sais qu’ils ont toujours donné le maximum pour moi. Donc un grand merci à eux.
Et puis, il y a Fernando Alonso. Double champion du monde avec Renault. Pilote devenu mythe grâce au moteur qu’il portait dans le dos.

Lui aussi a tenu à être là. Il a annoncé qu’il passerait dimanche au stand Alpine, pour saluer les équipes, les serrer dans ses bras, et dire au revoir.
« C’est un moment incroyable. Dire adieu à un constructeur comme Renault est tellement important pour le sport, compte tenu de tout le succès et de l’histoire de la marque.
C’est triste, je passerai dimanche pour serrer tout le monde dans mes bras. Ce sera émouvant pour moi aussi. »
Un dernier passage. Un dernier regard. Avant que la page ne se tourne pour de bon.
À la place de ce moteur, un bloc Mercedes prendra place dès 2026. Un choix assumé, déjà longuement expliqué dans notre article moteur Mercedes en 2026 : plus aucune excuse. Désormais, la responsabilité des résultats pèsera uniquement sur BWT Alpine Formula One Team à Enstone. Le moteur ne pourra plus servir d’alibi.
Et nous les attendrons. Avec exigence. Parce que quand on abandonne son moteur pour survivre, on n’a plus droit à l’échec.
À toutes les équipes de Viry-Châtillon, à tous les techniciens, ingénieurs, logisticiens, mécaniciens. À ceux de Mecachrome, à Aubigny, qui ont donné vie à chaque moteur. Merci.
Merci pour cette voix française dans le vacarme mondial.
Merci pour cette histoire.
Le moteur s’arrête. Mais pas le souvenir…

Source : Auto Hebdo
Les Alpinistes
Les Alpinistes - Les Alpinistes, l'univers de la marque Alpine créée par Jean Rédélé en 1955. Son histoire, son actualité et son futur... la renaissance d'une légende française.
BWT Alpine Formula One Team – Le moteur Renault s’éteint : adieu Viry-Châtillon, adieu Mecachrome






