La Cour des comptes confirme que le système de retraite par répartition est condamné

Fécondité en baisse, vieillissement accéléré de la population : le poids du basculement démographique de la France sur les finances publiques va aller croissant, souligne mardi la Cour des comptes, qui invite à repenser « la vision collective » du vieillissement et de l’âge du départ à la retraite.

« La contrainte systémique que fait peser la démographie sur les systèmes de retraite par répartition invite à repenser la tranche d’âge 60-70 ans comme une décennie où l’activité professionnelle devra continuer à prendre une place croissante pour ceux qui le pourront », note le rapport de la Cour des comptes. En langage feutré de la haute administration, cela signifie que la Cour des Comptes se rend compte que le régime de retraite par répartition est condamné à la fois en raison de la chute brutale de la natalité et de la hausse de l’espérance de vie en raison des progrès, au demeurant bienvenus, de la médecine. Les deux vont d’ailleurs ensemble, puisqu’on estime que les retraités « consomment » près de 80 % des dépenses de santé et de dépendance.

Avec le déclin de la fécondité (1,62 enfant par femme en 2024), l’allongement de l’espérance de vie, l’arrivée à des âges avancés des générations nombreuses du baby-boom, la part des seniors d’au moins 65 ans dans la population française est passée de 16,3% en 2005 à 21,8% en 2024, et pourrait atteindre 28,9% en 2070.

Dans ce contexte, les modalités de financement du système de protection sociale « seront nécessairement appelées à évoluer » et il incombera aux responsables politiques d’arbitrer « entre fiscalité ou cotisations, solidarité intergénérationnelle ou intragénérationnelle, secteur public et secteur privé » pour garantir équité et soutenabilité, notent les auteurs du rapport.

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