
La grande passation (ou grande bascule) désigne les 370.000 entreprises qui pourraient être cédées dans les prochaines années en raison du départ à la retraite de leurs dirigeants. Dans une étude, Bpifrance attire l’attention sur les enjeux qui y sont liés en termes de savoir-faire, d’emplois (3 millions seraient concernés d’ici 2030) et de dynamisme territorial.
Mais céder son entreprise ne va pas de soi. D’un côté, en effet, nous trouvons des dirigeants qui ne sont pas psychologiquement prêts à passer la main – et qui doivent parfois faire le « deuil » de ce qu’ils ont créé –, qui ne sont pas préparés alors qu’il faut parfois plusieurs années pour envisager la suite, et qui trouvent souvent les offres de reprise trop faibles. De l’autre, nous avons des repreneurs qui ont du mal à trouver les financements nécessaires, qui ont du mal à s’accorder sur un prix juste avec les cédants, qui sont rebutés par les démarches administratives et juridiques. Ajoutons que les uns et les autres ont des difficultés à se rencontrer.
On l’aura compris, le vieillissement des dirigeants d’entreprise est loin d’être anecdotique pour l’économie française. Le risque est, bien sûr, que de nombreuses entreprises disparaissent faute d’être reprises.
Au lieu de se pencher sur ce sujet pour mettre en place un cadre favorable à la transmission, intrafamiliale ou non, de ces sociétés, le plus souvent des très petites (TPE) de 1 à 9 salariés (310.000) qui irriguent le tissu économique local, que font nos élus ? Ils inventent des taxes dans un pays déjà très largement pourvu en la matière.
Ces dernières semaines, nous avons entendu parler de taxation des holdings patrimoniales, de prolongation de la contribution exceptionnelle sur les hauts revenus (CEHR), d’instauration d’un impôt sur la fortune improductive, de restauration de l’exit tax dans sa version dure d’avant 2019, de rabotage de l’avantage fiscal dit « pacte Dutreil » appliqué aux transmissions d’entreprises familiales, etc.
Toutes dispositions qui auraient pour effet de priver les cédants d’entreprises d’une partie des fruits de leur travail. Et de décourager sérieusement les éventuels repreneurs, prochains dindons de la farce, ainsi que tous les potentiels entrepreneurs qui ne demandent qu’à innover et créer de la valeur grâce à un cadre fiscal, social et réglementaire léger.
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