

Ils ont entonné “Adieu monsieur le professeur, on ne vous oubliera jamais !” Et le succès de Patrick Bruel : “On s’était dit rendez-vous dans dix ans…” Cinquante ans après, d’anciens élèves de Claude Lux ont fêté cet anniversaire avec leur professeur du lycée Amyot d’Inville à Senlis. Un prof qui a mené une double vie, entre enseignement et passion du cheval.
Retraité, Claude Lux, installé à Saint-Vaast-de-Longmont, cultive toujours son amour du cheval. On le retrouve régulièrement dans les compétitions et écriture de livres. Ses souvenirs de l’Education nationale remontent régulièrement. «Je me demandais de temps à autre ce qu’étaient devenus mes anciens élèves», reconnaît Claude. Jusqu’au jour où…
Cette question, certains de ces “anciens” se la posaient également. «Nous étions en quelques sortes des pionniers, explique Fabrice Lamotte. C’était une première pour cette filière de formation de géomètre et topographe. Cela a créé une cohésion particulière.» Pour Pierre Bielak, autre “ancien”, les souvenirs reviennent. «Après les examens, on s’était dit aussitôt “on se revoie vite et on boit un coup”.» Il aura fallu quelques années pour que, au téléphone et sur Facebook, les liens se tissent à nouveau. Mais l’idée d’une rencontre autour de leur professeur a fini par émerger.
«Nous souhaitions tous nous revoir»
«L’un d’eux m’a contacté un jour, se souvient Claude Lux. J’avoue avoir été surpris et en fait, nous souhaitions tous nous revoir. Restait à trouver un lieu et une date. Je leur ai dit “venez chez moi”. Ils ont tout organisé à une douzaine d’anciens élèves. J’étais à la fois étonné et honoré d’avoir laissé une telle marque auprès d’eux.»
Il y a quelques jours, Pierre Bielak, Fabrice Lamotte, Jean-Louis Harad, Thierry Clavier et leurs amis d’autrefois se sont retrouvés dans le jardin de Claude Lux. «C’était le noyau dur des élèves», s’amuse Claude. «On se marrait bien mais on était sérieux tout de même», ajoute un ancien. Au fil de la journée et du repas, les souvenirs reviennent. Loin de ce qu’on connaît de nos jours, le respect semble être au centre de cette vie lycéenne, il y a un demi-siècle. «La seule fille du groupe est arrivée en deuxième année et elle avait déjà un sérieux bagage», souligne l’un d’eux.
«Ils m’ont aidé à devenir prof»
«Ils m’ont aidé à devenir prof car je n’avais dans ce domaine aucune expérience» reconnaît Claude Lux. Le 15 juin 1975, Claude Lux, géomètre et topographe dans les mines de phosphate du Maroc, veut faire évoluer sa carrière. Il répond à une annonce qui va changer sa vie.
Le lycée technique Amyot d’Inville de Senlis qui, à l’époque, prépare au CAP et au Brevet, cherche un professeur. Une classe de géomètre vient de s’ouvrir. L’établissement recrute un formateur à raison de vingt heures hebdomadaires. Un coup de fil au proviseur et le tour est joué. Claude Lux donne son préavis de géomètre au Maroc et débarque en terre française, en qualité de maître auxiliaire.
«En devenant prof, j’ai pleinement ressenti mon envie de faire aimer l’école d’une part et le métier d’autre part, dit-il. Et me voilà en 1975 qui déboule devant une cinquantaine de lascars.»
Au Maroc, il s’est découvert une passion pour les chevaux. «A mon retour en France et à la faveur de mon installation dans une maison de Saint-Vaast-de-Longmont qui disposait d’un grand terrain, j’ai pu construire quelques boxes et avoir des chevaux sur place.»
Un spécialiste du monde équestre
Cette passion se traduit par la participation de Claude à de nombreux concours et manifestations d’équitation et du monde équestre. Il apprend les petits et grands secrets et devient conseiller technique du magazine Cheval Pratique, au sein duquel il devient journaliste reconnu, en compagnie des superbes images du photographe Thierry Segard.
Il devient l’auteur de soixante-dix ouvrages sur les chevaux et plus largement sur la nature. «J’ai fait beaucoup de livres de pratique, détaille Claude Lux, qui signe également des livres comme “Avoir des poules chez soi” ou “Le manuel du jeune aventurier”. «Je prépare actuellement un livre sur les animaux de nos forêts pour 2026», annonce Claude Lux, qui vient régulièrement dédicacer sur les salons du livre.
Au sein du lycée de Senlis, devenu lycée professionnel, il poursuit son chemin de professeur. «Il m’était essentiel que ces jeunes puissent réussir leur examen et s’ouvrir une carrière professionnelle. C’était, et c’est encore, possible avec un simple BEP d’accéder à une vie bien remplie. Comme moi-même qui ai toujours travaillé. L’apprentissage du lycée donne cette opportunité. La rigueur, c’est indispensable dans la vie et dans le monde professionnel.»
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