

Plusieurs agents de l’Éducation nationale ont confié, ce vendredi 28 novembre sur RMC, avoir été délaissé par leur administration lorsqu’ils furent harcelés par leurs collègues. «Le harcèlement entre adultes au sein de l’Éducation nationale aurait doublé depuis 2013, selon un spécialiste des violences à l’école», a-t-on entendu lors de cette émission.
Parmi les différents témoignages figure celui de Thierry Dinard dont le départ précipité des lycées de la cité scolaire de Chantilly, en décembre 2023, en avait surpris plus d’un. Thierry Dinard dirigeait la cité scolaire depuis septembre 2019. «Depuis son arrivée, il y a toujours eu des tensions entre lui et le personnel, nous avait confié à l’époque une enseignante. Mais, cette fois, ces tensions ont atteint un niveau inacceptable.»
Il voulait réformer la cité scolaire
Sur RMC, Thierry Dinard a assuré avoir été victime d’une cabale. Il aurait voulu réformer la cité scolaire, ce qui n’a pas plus, selon lui, à nombre d’enseignants. «Cette cabale, qui a été faite contre moi, m’a fortement mise en danger, a dit durant l’émission l’ex-proviseur de Chantilly. Il s’agissait de ne plus me saluer, de ne plus parler avec moi, de faire du bruit ou de ne pas écouter ce que je voulais dire en réunion.»
Avant d’arriver à Chantilly, en septembre 2019, Thierry Dinard fut durant trois ans le proviseur du lycée Romain-Rolland, à Goussainville, dans le Val d’Oise. Il aurait commencé sa carrière comme professeur d’histoire et de géographie au lycée Marie-Curie de Nogent-sur-Oise. Puis, au bout de dix ans, il serait devenait proviseur adjoint, puis principal puis proviseur. Mais ce parcours a donc subi un sérieux coup d’arrêt en 2023.
On se réjouissait de son éventuel décès
«J’ai découvert, plus tard, qu’un mail, dans lequel on se réjouissait de mon éventuel décès, avait circulé au sein des personnels de l’établissement, a encore dit Thierry Dinard ce vendredi 28 novembre. Personne ne m’en a averti.»
Contacté par RMC, le rectorat d’Amiens assure qu’il n’avait jamais cessé d’accompagner ce proviseur. En 2023, il nous avait juste confirmé «avoir procédé à un changement à la tête de la cité scolaire».
En septembre 2023, une bonne partie des enseignants du lycée professionnel de la forêt avait manifesté leur colère par une grève. Ils étaient accompagnés dans ce mouvement par des conseillers principaux d’éducation (CPE), des surveillants ou encore de parents d’élèves. Les grévistes entendaient alors dénoncer «la dégradation de leurs conditions de travail. «Il y a de graves défaillances quant au pilotage de l’établissement, nous indiquait à l’époque une enseignante, membre du conseil d’administration du lycée. On peut même parler de rupture de dialogue avec le proviseur. Le mal-être de certains de nos collègues n’est absolument pas pris en compte et le travail en équipe n’est pas respecté. Et puis, et surtout, nous devons composer avec une désorganisation chronique des emplois du temps, ce qui met en péril la réussite et la sécurité des élèves.»
Une association des plus sollicitées
Dans l’émission, a été présenté l’association HELPEN qui vient en aide aux personnels harcelés. «Il y a deux mois, l’association a crée son propre signalement en ligne, a-t-il été dit. Résultat: déjà 2.250 dossiers de harcèlement sont en cours de traitement. Ce dispositif a été créé pour pallier l’absence de réponse au sein de l’Éducation nationale, où il existe, depuis 2023 seulement, un système de signalement. Pourtant, 93% des personnes, qui ont contacté HELPEN, déclarent que leur signalement officiel n’a servi à rien.
L’article Deux ans après son départ précipité des lycées Jean-Rostand et de la forêt, à Chantilly, l’ex-proviseur dénonce une cabale est apparu en premier sur Oise Hebdo.








