
Lire Quelque chose noir à l'aune des théories linguistiques sous-jacentes Par Marta Krol (Université Paris Nanterre) — I. Introduction Il n'est plus utile d'insister auprès des lecteurs de Jacques Roubaud sur l'importance dans son œuvre de la doctrine des troubadours, et sur le double rôle de l'amour et de la mémoire, essentiels dans Quelque chose noir (Gallimard, 1986, désormais : QCN). Les agrégatifs sauront aussi bien situer ce poète mathématicien et joueur de go parmi les membres de l'Oulipo, en observant dans le recueil le maniement de la catégorie du nombre. On a par ailleurs déjà souligné l'intérêt de l'écrivain pour la poésie médiévale japonaise. La présente étude met au jour une influence moins manifeste et pourtant constitutive du recueil : celle des théories philosophiques et linguistiques qui dominent le paysage des sciences humaines dans la deuxième moitié du XXe siècle. Considéré à juste titre comme un savant, Jacques Roubaud est aussi un esprit de son temps, vivement intéressé par les modèles du langage en vogue, d'autant que ceux-ci adoptent une démarche mathématico-logique qui lui est familière. Tout au long du recueil se trouvent disséminés des marqueurs peu apparents qu'il faut savoir interpréter, en tant qu'outils conceptuels du poète et objets de méditation. [...]
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