«Vive le djihad, je vais vous égorger», à la prison de Liancourt, un détenu s’en prend aux surveillants
Le détenu, âgé de 30 ans, passera deux mois supplémentaires en prison. Photo d’illustration : Matthew-ansley / unsplash

Après avoir été condamné à une peine de deux ans de prison, Mohamed Khelifi, 30 ans, est incarcéré à la prison de Lille (Nord) avant d’être transféré à celle de Liancourt (Oise). C’est là que le 12 juin 2024 il porte un coup au thorax d’un surveillant en hurlant : «je vais vous égorger» après avoir crié «vive le djihad» et traiter une surveillante «d’espèce de pute». Il est amené au quartier d’isolement où, quinze jours plus tard, les menaces et les outrages reprennent de plus belle. Cette fois il part pour un séjour forcé en hôpital psychiatrique. Depuis, il ne se passe plus rien, il mène une vie solitaire, il ne sort pas en promenade et est seul dans sa cellule en attendant sa libération prévue pour début janvier 2026. Seulement il y a ces deux séries de menaces de mort et d’outrages, commises en récidive, qui risquent de la retarder.

Il dit avoir été frappé par les surveillants

Mohamed Khelifi, qui a refusé l’assistance d’un avocat, a été examiné par un psychiatre avant l’audience. Il l’a trouvé calme mais impulsif et intolérant à la frustration. Il se sent persécuté par le manque de cannabis et est en demande de soins. Selon l’expert, «son discernement était altéré au moment des faits qui lui sont reprochés».

Ce jeudi 27 novembre, il explique au tribunal de Beauvais que sa conduite était «une technique de défense» en réponse à ce qu’il a subi. «J’ai été mis tout nu, agressé, les surveillants m’ont frappé, j’ai eu très mal, mais ce n’est pas par esprit de vengeance, explique-t-il. Les surveillants ont tué plein de gens, je l’ai vu à la télévision.»

Il passera deux mois supplémentaires en prison

Son casier judiciaire a commencé à se remplir dès sa majorité, en 2013 : stupéfiants, vols, et surtout outrages et menaces de mort et violences. À ce propos, il ne reconnaît pas les violences sur le surveillant, «s’il a reçu un coup, c’est involontaire». Il met son apologie du terrorisme sur le compte de l’énervement.

La procureure reconnaît qu’il a une personnalité imprévisible après avoir eu un parcours de vie compliqué. «Il a déjà eu plusieurs peines sous sursis probatoire qui ont toutes été révoquées. La récidive ne peut pas être écartée, sa fin de peine est proche. S’il sort à la date prévue, les soins n’auront pas commencé.» Elle demande une peine de vingt-quatre mois de prison dont six, ferme, afin que les soins soient mis en place.

Reconnu coupable, Mohamed Khelifi écope de trente mois de prison dont deux mois de prison ferme. «C’est le minimum requis par la loi en cas de récidive», précise le président. Il sera aussi obligé de se faire soigner.

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