
À l’occasion du Festival Lumière, le distributeur annonce une fin d’année tournée vers la rareté. Avec au programme : la ressortie des débuts de Todd Haynes, un hommage à André Malraux et une plongée dans des classiques italiens.
Le 21 octobre, Les Acacias ressortent Poison (1991) et Safe (1995), les deux premiers longs métrages de Todd Haynes, cinéaste désormais bien connu pour I’m Not There (2007), Carol (2015) ou encore May December (2024). « C’est une ressortie synergique entre l’ayant-droit Studio TF1, Les Acacias et BubblePop – qui s’occupe de l’édition vidéo –, avec le soutien de Chanel », précise Jean-Fabrice Janaudy, gérant de la société. À l’instar de la reprise de Requiem For A Dream l’année dernière (qui a réalisé plus de 40 000 entrées), le distributeur compte sur la visibilité du Festival Lumière pour lancer la (nouvelle) carrière des deux films. Todd Haynes étant l’un des invités de l’événement, une masterclass et plusieurs projections de sa filmographie seront organisées. Par la suite, le cinéaste se rendra à Paris pour deux séances événementielles au mk2 Bibliothèque et au Champo, ainsi que pour une session signature du Blu-ray des films chez Potemkine. Jean-Fabrice Janaudy vise une sortie sur une trentaine de copies pour les deux films, le distributeur souhaitant que « les salles programment les deux longs métrages ». Le public ciblé est cinéphile, déjà familier de l’œuvre de Todd Haynes, mais n’ayant pu découvrir Safe et Poison, qui ont été invisibles pendant de nombreuses années.
Entre ici André Malraux
Autre film présenté à Lumière et distribué par Les Acacias, Espoir – Sierra de Teruel (re)sortira pour sa part le 25 novembre. Il s’agit du seul long métrage d’André Malraux, réalisé en 1939 mais qui a connu une deuxième version en 1945, dans laquelle est recontextualisée la guerre civile espagnole. Alors que la première version a été projetée à Cannes Classics en mai dernier, la seconde, Prix Louis Delluc à sa sortie, sera montrée au Festival Lumière avant d’être proposée aux salles pour le cinquantenaire de la mort d’André Malraux. À cette occasion, de nombreux événements dans le monde ont été organisés cette année par le Comité Malraux, créé par la petite-fille de l’ancien – et premier – ministre des Affaires culturelles, Céline Malraux. « Nous nous inscrivons dans la continuité de ces hommages, mais il est important de rappeler que c’est aussi un grand film de l’histoire du cinéma, souligne Jean-Fabrice Janaudy. Tout en étant un héritier d’Eisenstein, il constitue une passerelle vers le néoréalisme italien, voire vers La Ligne rouge de Terrence Malick. C’est par ailleurs un film traitant de résistance contre les fascismes, ce qui est d’actualité à l’heure où la culture et le CNC sont attaqués de toutes parts – deux sujets qu’André Malraux a grandement défendus. » La sortie est soutenue par l’ADRC qui proposera aux salles une liste de plusieurs spécialistes de Malraux ainsi que du cinéma espagnol. Un livret abordant les différents sujets du film sera également édité pour les cinémas.
Lumière sur le line-up
En plus de ces trois films, l’actualité des Acacias à Lyon est des plus fournies. Le distributeur gère la distribution salles pour le compte de cataloguistes de Blood Simple (Studiocanal), le premier long métrage des frères Coen qui recevront le Prix Lumière, de La Terrasse d’Ettore Scola (Studio TF1), du Goût des autres d’Agnès Jaoui (ressorti en début d’année, Pathé Films), de Saludos Hombre de Sergio Sollima (Cinématographique Lyre), ainsi que de deux films de Vittorio de Sica : La Ciociara (1960, Studio TF1) et Les Fleurs du soleil (1969, Studiocanal). Ces deux derniers mettent en scène Sophia Loren, qui avait remporté le Prix d’interprétation féminine à Cannes et l’Oscar de la meilleure actrice pour La Ciociara. Le deuxième est, en revanche, resté bien plus confidentiel, malgré la présence de Marcello Mastroianni : « Il est assez amusant de remarquer que même certains des plus grands fans du cinéma italien ne connaissent pas ce film, alors qu’il possède un casting en or. » Ces deux titres sortiront le 16 décembre, et clôtureront ainsi l’année des Acacias, marquée par le grand succès de Lawrence d’Arabie. Le film culte de David Lean, malgré ses près de 4 heures, totalise presque 40 000 entrées depuis sa reprise le 29 juillet, et illustre les « surprises » du répertoire : « Chaque publication sur les réseaux a fait des centaines de milliers de vues, ce qui nous a donné le signal que le public jeune connaissait le film. Il s’agit par ailleurs du film préféré de Regelegorila [l’un des influenceurs cinéma les plus importants, ndlr.] qui en parle régulièrement, ce qui a créé un fort relais. » Une preuve, parmi tant d’autres, que « la jeune génération a le goût pour le film classique, et il faut l’écouter ». Enfin, 2027 démarrera de son côté avec La Dérive de Paula Delsol, un « grand film inconnu de la Nouvelle Vague réalisé par une femme », et sur lequel Jean-Fabrice Janaudy note « un engouement certain ».
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