
Le Racing Club de France officialise le lancement de sa toute première boutique en ligne, fruit d’un partenariat avec Nike distribué par 11teamsports. Une étape supplémentaire dans la reconstruction méthodique d’une marque centenaire, celle du club omnisports le plus titré d’Europe, fondé en 1882.
Le Racing Club de France ne s’était encore jamais doté d’un espace marchand digital. C’est désormais chose faite, avec une boutique accessible à tous les amateurs du club, membres ou simples nostalgiques du ciel et blanc, et non plus réservée aux seuls adhérents des quinze sections sportives de l’institution parisienne. Plus de quarante références y sont proposées, réparties en quatre univers — homme, femme, enfant et accessoires — toutes brodées du blason du club. Deux pièces se distinguent du reste de la gamme : un polo aux couleurs historiques du Racing et un tee-shirt croisant pour la première fois le lettrage du club avec le slogan Nike « Just Do It ». Le catalogue, précise le club, a vocation à s’étoffer au fil du partenariat.
Cette ouverture commerciale s’inscrit dans une stratégie de marque engagée depuis plus de deux ans par Philippe Baudillon, président du Racing depuis 2021. L’ancien dirigeant, qui a fait de la valorisation du patrimoine ciel et blanc l’un des axes forts de sa présidence, y voit un service longtemps réclamé par ce qu’il appelle la « Racing Family ». Le choix de Nike est par ailleurs judicieux. L’équipementier américain, décrit par le club comme un acteur engagé auprès de la jeunesse sportive, vient adosser sa notoriété mondiale à un blason vieux de cent quarante-quatre ans, quand le Racing, de son côté, gagne en visibilité commerciale par ricochet.
Une reconquête identitaire tous azimuts
Le e-commerce n’est que le dernier maillon d’une politique de marque bâtie brique par brique. Le Racing a multiplié, ces dernières saisons, les initiatives extra-sportives destinées à réaffirmer son identité : un pop-up store avec la marque de maillots de bain Chlore, la création du Prix Sport et littérature ainsi que d’un prix spécial consacré au meilleur livre de boxe du siècle, ou encore le lancement d’un ouvrage de sensibilisation aux violences sexuelles faites aux enfants.
Le club a également noué des partenariats à vocation sociale, notamment avec les Maisons des femmes Restart et avec les Hôpitaux Paris Est Val-de-Marne dans le cadre du dispositif d’activité physique adaptée Tremplin Sport, et discute aujourd’hui avec des services hospitaliers pour accompagner en traumatologie ses propres athlètes. Des réflexions seraient également en cours avec le ministère des Armées autour de partenariats sportifs. À cela s’ajoute Sportissimo, le podcast maison porté par Philippe Baudillon, qui compte déjà une vingtaine d’épisodes construits comme des dialogues avec des figures du sport.
Cette stratégie de marque accompagne des ambitions immobilières tout aussi affirmées. Le club a évoqué un projet de rénovation d’ampleur pour son siège historique de la rue Éblé, dans le 7e arrondissement parisien, où 6 300 mètres carrés doivent être transformés pour en faire, selon les mots du président, un lieu sportif et de vie ouvert sur la ville.
Un patrimoine sportif hors norme
Derrière l’opération commerciale, c’est bien l’histoire d’une institution que le Racing cherche à remettre en lumière. Le club revendique aujourd’hui plus de 6 200 membres et emploie 140 salariés, entraîneurs et formateurs répartis sur trois sites, la rue Éblé et la rue de Saussure à Paris ainsi que le golf de la Boulie à Versailles, soit 106 hectares à la Boulie et près de 9 300 mètres carrés cumulés pour les deux implantations parisiennes. Premier club omnisports de France, hôte des Jeux olympiques de 1900 à la Croix Catelan puis de 1924 au stade de Colombes qu’il avait fait construire pour l’occasion, le Racing s’appuie sur un palmarès qui justifie son statut de club le plus titré d’Europe : 101 médailles olympiques, 53 titres de champion du monde, 115 titres de champion d’Europe et plus d’un millier de titres nationaux, toutes disciplines confondues, des quinze sections que compte l’institution.
En misant sur le e-commerce pour toucher un public élargi, au-delà de ses seuls adhérents, le Racing cherche à transformer cette légitimité historique en levier économique. Reste à savoir si l’alliance avec Nike, distribuée via 11teamsports, saura fidéliser une communauté aussi attachée à ses couleurs que sensible à la manière dont on en fait commerce.
Alain Jouve








