Accélérer le rebond économique des territoires
La situation de la France avant d’entrer dans la crise de la Covid-19 était celle d’un territoire marqué par des inégalités croissantes et une forte métropolisation. Les 17 zones d’emplois de grandes agglomérations et à fonctions dites "métropolitaines" (INSEE) concentraient en effet 30% de la population et 36% de l’emploi national en 2017. Parallèlement, la combinaison des trois indicateurs de fragilité retenus par la mission faisait ressortir des vulnérabilités particulièrement prononcées sur le quart Nord-Est et le pourtour méditerranéen. Indépendamment de la crise sanitaire et économique, l’épisode des Gilets jaunes avait fait la démonstration de ce que ces forts contrastes pouvaient entraîner comme répercussions sur le bien-être dans les territoires relégués et, partant, de la nécessité de faire de l’équité territoriale un objectif de politique publique. Sur cette toile de fond, le choc de la Covid-19 s’est réparti de façon très hétérogène sur les territoires, en ne recoupant que partiellement les inégalités préexistantes. Mesuré à partir de l’évolution de la masse salariale privée, la baisse d’activité est 2,3 fois plus forte que la moyenne nationale dans les 30 zones d’emploi les plus touchées et se concentre en région Sud, en Île-de-France et dans les Alpes. En outre, seules 8 des 30 zones d’emploi les plus affectées par le choc de la Covid-19 figurent dans les 30 plus fragiles d’avant crise. Une analyse par strates d’unités urbaines montre que plus grandes villes françaises (Paris, Lyon, Marseille) ont été les plus fortement touchées par le choc de la Covid-19 (baisse de masse salariale privée de 13% contre 8% dans les unités urbaines de moins de 2 millions d’habitants). Dans les territoires les plus touchés, l’ampleur de la crise s’explique en partie par des facteurs locaux. Dans les 30 zones d’emploi les plus touchées par la crise, les facteurs locaux contribuent davantage à expliquer le choc que la composition sectorielle du tissu économique : ils expliquent ainsi 82% de la baisse d’activité dans la zone d’emploi de Roissy et 57% dans celle de la Tarentaise, qui sont les plus touchées sur la période de mars 2020 à février 2021. Ces contrastes territoriaux se reflètent fidèlement dans le ressenti des Français. Une analyse territorialisée de sentiment à partir des messages Twitter montre une détérioration plus prononcée de leur positivité dans les territoires les plus touchés par la crise. Sur la période de mars 2020 à février 2021, la positivité baisse de 9,2 points à Toulouse, 6,7 points à Roissy, ou de 6,5 points à Calvi par rapport à la même période un an auparavant. La crise affecte les mobilités résidentielles des Français et semble avoir provoqué l’amorce d’un nouvel "exode urbain". La comparaison des flux résidentiels entre le second semestre 2019 et le second semestre 2020 montre en effet une hausse notable des acquisitions immobilières dans un autre département (13%), particulièrement prononcée au départ des grandes métropoles (Paris, Marseille, Toulouse, Nantes) et à destination des départements périphériques moins denses et plus ruraux. Ces mobilités nouvelles dessinent ainsi une large auréole autour des métropoles : au départ de Paris, les plus fortes hausses d’acquisitions en volume se retrouvent par exemple en grande couronne, en Normandie ou dans le Centre-Val de Loire.Voir la source
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