Rapport d’information (…) en conclusion des travaux d’une mission d’information sur la guerre des drones
La « guerre des drones » est déjà une réalité. Et leur emploi croissant s’accompagne d’une double rupture, opérationnelle et stratégique, largement manquée par la France et l’Europe, du moins s’agissant des drones de type MALE (de moyenne altitude et de longue endurance). Une rupture opérationnelle, d’abord, car les drones permettent d’éloigner les combattants des zones de danger immédiat, offrent une permanence avec laquelle ne peuvent rivaliser des pilotes embarqués, et ouvrent de nouveaux moyens d’action tactique. Une rupture stratégique, ensuite, car l’essor des drones rebat les cartes des équilibres stratégiques en place. Relativement accessibles d’un point de vue financier et technologique – du moins pour certains modèles – les drones sont vus par nombre de pays comme une possibilité de mettre en adéquation leurs moyens et leurs ambitions. L’apport opérationnel des drones est tel, y compris pour les moins évolués – que leur emploi participe aussi à un nivellement des écarts stratégiques, et ce d’autant plus qu’aujourd’hui, même les drones les plus performants constituent des cibles faciles pouvant aisément être détruits. Dans ce contexte, le dernier rapport des chercheurs spécialisés du Bard College souligne qu’au cours de la dernière décennie, le nombre de pays utilisant des drones armés a cru de 58%. Les drones militaires sont donc devenus des équipements militaires quasi standards, avec une flotte mondiale qui dépasserait de loin les 20 000 appareils, alors qu’il reste difficile d’évaluer avec précision l’état du parc de pays comme la Chine ou l’Iran. Dans le cadre de ce rapport, les rapporteurs se sont concentrés sur l’étude des défis posés par les drones aériens et certains drones navals, de surface ou sous-marins. Ils ont en revanche écarté du champ de leurs travaux les drones terrestres, et notamment, les robots-équipiers ou les robots-mules, tels ceux déployés au Sahel dans le cadre de l’expérimentation Robopex. Ils se sont également intéressés au détournement de drones de loisirs à des fins terroristes ou à leur usage malveillant, défis prioritaires de la lutte anti-drones. En revanche, ils n’ont pas étudié les questions posées par la régulation de la circulation des drones aériens de loisir, qui ne relève pas du champ de compétence de la commission de la Défense. De la même manière, l’action des forces de sécurité intérieure n’a été étudiée que dans le cadre de la lutte anti-drones, qui repose notamment sur un dispositif interministériel.Voir la source
Espace publicitaire · 300×250