Agir au nom de la laïcité - Dilemmes parmi des professionnel·le·s de l'éducation populaire (Île-de-France, 2015-2021)
Cette recherche analyse, à partir d’une enquête par entretiens et observations, les façons dont les mondes de l’éducation populaire sont traversés par les questions associées à la laïcité et au fait religieux aujourd’hui en Ile-de-France. Le travail des professionnels et des bénévoles associatifs vise à mettre en œuvre deux principes fondateurs de l’éducation populaire : l’inclusion et l’émancipation. Les enquêtés insistent sur l’importance de préserver l’autonomie de l’éducation populaire pour se protéger de certaines lectures imposées de la laïcité (par l’État, les élus locaux, parfois les bénévoles). Si la pratique religieuse des publics fait l’objet d’une acceptation relativement partagée, les signes d’islam sont bien plus souvent perçus comme problématiques lorsqu’ils proviennent des professionnels. Des seuils d’acceptabilité se dessinent alors, et les personnes concernées, en particulier les professionnelles « voilées », sont invitées à (r)assurer les directions et les conseils d’administration de leur posture distanciée vis-à-vis de leurs croyances et de leurs pratiques religieuses. Les formations à la laïcité observées dans le cadre de cette enquête constituent alors un espace de délibération et de régulation. Cette recherche révèle à quel point la laïcité et les signes d’islam engendrent aujourd’hui des épreuves de professionnalité qui interrogent l’autonomie et le devenir des mondes de l’éducation populaire.Voir la source
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