La légine est un poisson de l'océan austral dont la croissance lente et la maturité sexuelle tardive justifient une gestion précautionneuse des stocks, d'autant plus que cette pêcherie est opérée dans la réserve naturelle des îles Crozet et Kerguelen inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.
Le stock de légine a été réduit de plus d'un tiers lorsque, entre 1996 et 2005, son prix ayant augmenté suite à l'engouement asiatique – la France vendait ses droits de pêche des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF) à des pays tiers –, cela a suscité une intense pêche pirate. Aujourd'hui, la pêche illégale est sous contrôle et, depuis 1999, cette pêcherie est intégralement opérée par des armements français.
Pour limiter l'impact sur la biodiversité, seule la pêche à la palangre (ligne équipée d'hameçons) est autorisée ; conséquemment le bilan carbone est élevé en raison de l'éloignement des zones de pêche et du faible rendement de la pêche à la palangre. Un contrôleur des pêches est embarqué sur chaque navire pour assurer le respect des règles environnementales et la collecte de données scientifiques.
Depuis 2011 on observe un faible nombre d'entrées de nouveaux adultes dans la biomasse reproductrice. La priorité est donc de préciser les évolutions à venir de la ressource.
Ce rapport préconise de ne plus octroyer à cette pêcherie, très rentable (8 % de la valeur ajoutée de la pêche française, deuxième produit d'exportation de La Réunion en valeur), de soutien public spécifique. Elle recommande une modification législative pour supprimer le plafonnement des droits de pêche (fixé à 18,20 €/kilo) alors que les cours de la légine sont élevés depuis 2015 (en dehors de la crise sanitaire).
En 2022, 78 % des ventes de légine française sont faites vers les États-Unis et la Chine. Le rapport propose aux armements français de diversifier leurs débouchés commerciaux en prospectant de nouveaux marchés en Europe et dans les pays du Golfe.
Compte tenu des coûts fixes très importants et des investissements de long terme indispensables à cette activité, l'introduction d'un contingentement – c'est-à-dire la limitation du nombre de navires autorisés à pêcher la légine – à huit bateaux constitue un maximum.Voir la source
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