Claude Ferrandi (SC Bastia) : « Il est hors de question que l’on prenne du temps »

Le président du SC Bastia Claude Ferrandi s’est longuement exprimé cette semaine au cours d’une conférence de presse.  De la colère après la dernière défaite à domicile aux critiques sur le mercato et sur sa présidence, le dirigeant n’a éludé aucun sujet et affirmé son désir de rester à la tête du pensionnaire de Ligue 3.

L’heure n’était pas aux sourires de façade. D’autant plus quelques jours après une nouvelle défaite à domicile, la troisième en trois rencontres à Furiani cette saison. Claude Ferrandi a voulu répondre aux nombreux « sujets brûlants » qui entourent le Sporting en ce début de saison. A commencer par la prestation indigeste de son équipe à domicile, le week-end dernier, face à Amiens (0-3).

Une défaite « inacceptable » qui appelle des actes

Le constat est sans appel et le président ne cherche pas d’excuses. « C’est inacceptable. On n’a absolument pas montré le visage qu’on devait montrer, que nous, dirigeants, souhaitions que notre équipe montre. » Un agacement profond qu’il a directement transmis aux joueurs. « Cette déception, je ne vais pas dire qu’elle a laissé la place à la colère, mais la colère est venue s’ajouter à la déception quand même. »

Pour comprendre cette incapacité chronique du Sporting à faire le jeu à Furiani depuis près de quatorze mois, la direction a décidé de réagir vite. Une réunion de crise avec le staff et le coordinateur sportif, Gilles Cioni, est programmée pour « analyser et déterminer où les problèmes peuvent se situer ». Ferrandi l’assure : « Il est hors de question qu’on prenne du temps […] Il faut bousculer un peu la chose pour pas se laisser, pour pas se dire que oui, ça va venir. »

Un mercato de raison et le choix fort de garder Zaouai… pour le moment ?

Interrogé sur le manque de profondeur de l’effectif, notamment sur le plan offensif et le manque d’expérience, Claude Ferrandi a défendu les choix réalisés et rappelé la présence de joueurs connaissant la Ligue 2 pour encadrer la jeunesse du groupe.

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Mais le coup de force de l’été reste incontestablement, jusque là, le maintien d’Alex Zaouai. Un choix dicté, selon Claude Ferrandi, par l’ambition sportive, malgré des offres financièrement alléchantes. « On a fait un choix fort […] La nécessité d’abord aurait été, pour se soulager de tout souci financier, de pouvoir le vendre. On a fait le choix qu’Alex ne partirait pas. » Ce refus de céder l’un des « meilleurs joueurs de la Ligue 3 » prouve, selon le président, que le club ne joue pas uniquement le maintien. Des rumeurs viennent pourtant de ressurgir ces derniers jours. Selon Onze Mondial, un accord serait même presque trouvé avec l’Olympiakos alors que d’autres bruits évoquent un intérêt du Stade de Reims.

L’arrivée en prêt d’Hamidou Makalou s’inscrit dans cette même volonté d’apporter une plus-value immédiate, tout en gardant « une poire pour la soif » financièrement pour ajuster l’effectif si besoin au cours de la saison.

Abonnements et finances : la dure loi de la réalité

C’est l’un des points de friction majeurs avec les supporters : le prix des abonnements, jugé trop élevé. Claude Ferrandi assume. « Ce n’est pas un choix délibéré. On n’a pas fait ça au doigt mouillé […] on l’a bâti avec ce pricing-là, en tenant compte des 900 000 € d’avance des actionnaires pour venir boucler le budget. »

Le président rappelle la perte colossale de 2,3 millions d’euros liée aux droits TV il y a deux ans, un trou qu’il faut encore combler. « Tu ne veux pas que je dise aujourd’hui : « Ne vous inquiétez pas, les 2 millions, on va les jeter en l’air et on va trouver plein de joueurs pour qu’on finisse premier de Ligue 3 ». C’est pas possible. Sauf à faire de la cavalerie […] Par contre l’année prochaine, si ça ne monte pas en Ligue 2, on met la clé sous la porte. Moi la clé sous la porte, je n’ai pas envie de la mettre. »

Claude Ferrandi : « Le manque de moyens ne veut pas dire qu’on n’a pas d’ambition »

Face aux critiques sur un manque d’ambition supposé, Ferrandi reste fidèle à sa ligne de conduite : ne jamais promettre ce qu’il ne peut garantir. « Je n’ai jamais dit qu’on remonterait de National 2 en National. Je n’ai jamais dit qu’on monterait de National en Ligue 2. Jamais […] Le manque de moyens ne veut pas dire qu’on n’a pas d’ambition. »

Enfin, concernant les rumeurs de départ ou de lassitude après dix ans au club, le président bastiais se montre transparent. S’il affirme vouloir rester (« le Sporting, je l’ai dans mon cœur »), il s’interroge publiquement sur l’adhésion qu’il suscite encore. « Je me lève tous les matins, je me remets en question […] Est-ce que ce que je dis n’apporte pas de la lassitude ? […] Si il faut que moi je m’en aille pour que le club réussisse, il faut que je m’en aille. Mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui. »

La rencontre à Bourg-Péronnas qui débutera dans quelques heures sera sans nul doute à double tranchant : éteindre, temporairement, la crise qui couve en cas de nouveau résultat positif en déplacement ou enfoncer un peu plus le Sporting dans ses doutes…

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