Canny-sur-Matz. «Tu n’es qu’une femme et tu dois te soumettre»
Photo d’illustration : Mart Production / Pexels.

L’individu comparaît le mardi 18 novembre devant le tribunal de Compiègne pour violences sur sa conjointe. Les faits qui ont provoqué la plainte, ont été commis le 29 août 2024 à Canny-sur-Matz. Calvin Zedong a la colère facile. Ce jour là, il frappe sa femme de plusieurs claques sur le corps et la projette à terre. Et comme il estime que les coups ne suffisent pas, il l’insulte copieusement. « Tu n’es qu’une femme et tu dois te soumettre ». La présidente et ses assesseures apprécient moyennement…

Il nie l’avoir frappée

Les humiliations et violences verbales à l’égard de son épouse sont monnaie courante chez celui qui avoue être addict au jeu et à l’alcool. « Il n’y a pas eu de violences physiques », conteste le prévenu qui reconnaît tout juste l’avoir bousculée, « mais pas dans le but de faire mal, tempère-t-il en ajoutant, je ne sais pas ce qu’elle me reproche ». Quand la présidente lui fait remarquer que son beau-fils l’a vu dans la chambre lever la main sur sa mère il nie : « pur mensonge ». Ces deux là sont mariés depuis quinze ans et l’attitude de son mari, allié à des difficultés financières a conduit l’épouse à demander le divorce. Lui dit que sa belle-famille ne cesse de leur demander de l’argent. Quand l’avocate de la partie civile prend la parole, elle l’interpelle en lui expliquant comment il se retrouve à la barre des prévenus. « C’est votre fille qui en a parlé à une amie, qui elle-même en a parlé à l’infirmière de son école. Cette dernière a fait un signalement au procureur », assène-t-elle à Calvin Zedong qui a ces mots : « j’adore ma fille ». « Votre fille, elle vous a vu lever la main sur sa mère, elle a des crises d’angoisse et d’anxiété », s’irrite la présidente.

En garde à vue, il a eu ces mots : « quand je crie mes enfants m’obéissent ». « Il est droit dans ses bottes et dit chercher le bien-être de sa famille », ironise l’avocate de son épouse. « Sa femme n’a jamais fait de vagues pour protéger ses enfants, elle s’est fait traiter de pute, de connasse. Lui se victimise et dit que c’est elle qui serait l’auteur des faits. Il dit aussi que les enfants complotent. Elle demande un euro au titre des dommages », conclut l’avocate qui demande en plus 1000 euros pour l’association protégeant les intérêts de la jeune fille.

Dans ses réquisitions, le ministère public évoque des violences antérieures. « Il est connu de la justice, c’est un homme violent », déplore le procureur de la République qui demande au tribunal de condamner le prévenu à huit mois de prison avec un sursis simple, à une interdiction de relation avec sa victime et obligation de suivre un stage contre les violences conjugales.

Sept mois avec sursis

L’avocat de Calvin Zedong décrit un « dossier compliqué où les problèmes d’argent ont compliqué la vie familiale et demande la clémence du tribunal parce que « c’est un primo-délinquant ».

Au bout des débats, le prévenu n’aura que ces mots : « ma famille me manque ».

Après un rapide délibéré, Calvin Zedong est condamné à sept mois de détention avec sursis simple, un stage sur les violences au sein du couple et interdiction de relation avec sa victime pendant deux ans. L’association représentant sa fille obtient 800 euros et son épouse l‘euro demandé.

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