

A deux semaines des son procès pour viol et agression sexuelle sur mineur à Noyon, Brahim Chetoui a vu se demande de remise en liberté rejetée. Lundi 24 novembre, le tribunal a décidé de son maintien en prison. Il est en détention provisoire depuis le 31 octobre 2024, soit plus d’un an. La justice a considéré qu’il existait des risques de récidive, de pression sur les parties civiles et de non-présentation à l’audience du 9 décembre.
Remontant à mai 2024, les faits concernent un enfant de 8 ans. «Je regrette, j’étais sous alcool, je prenais pas mes soins…», explique-t-il dans le box. Le prévenu a déjà une demande du même type rejetée par le tribunal. «Qu’est-ce qui a changé depuis ?», lui demande le président. «Ma mère est malade et j’aimerais rester auprès d’elle», répond-il.
Brahim Chetoui, 28 ans, avait une situation précaire avant sa mise en détention, survenue après le dépôt de plainte de la victime. Il vivait parfois à Compiègne chez sa mère, parfois à Noyon chez des amis.
Dix-neuf condamnations
Le prévenu compte dix-neuf condamnations, «dont douze pour vol aggravé, certains avec violences», rappelle le tribunal. Et deux condamnations pour violence.
Il faisait l’objet d’un suivi du service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP). «J’ai raté des rendez-vous car je ne prenais plus mes cachets», dit-il. Il en a manqué huit. «Je suis capable de suivre ce qu’on me dit, avec un encadrement, estime-t-il. C’est juste que je ne m’entendais pas avec ma SPIP.»
L’expert parle de dangerosité psychiatrique à son sujet. Faible tolérance à la frustration, actions opportunistes, recherche de plaisirs immédiats, fuite en avant… décrit l’expert. «Tout le monde peut changer, insiste le prévenu. Cette peine m’a fait comprendre la gravité de mes actes.»
«Risque de réitération»
Le procureur requiert le rejet de la demande. «En détention provisoire depuis plus d’un an, il sera jugé dans quelques jours. Il existe un risque de réitération majeur, au vu de sa dangerosité criminologique. Quand bien même il reconnaît les faits, on peut se questionner sur sa prise de conscience. Il n’y a par ailleurs aucune garantie de représentation à l’audience : pas de logement, difficultés relationnelles avec sa mère… Et il existe un risque de pression sur la très jeune victime.»
Maître Jonathan Soriaux demande un placement de son client sous contrôle judiciaire. «Vous pouvez prononcer l’interdiction de contact et l’interdiction de paraître à Noyon. Pour deux semaines, il peut habiter chez sa mère, qui habite Compiègne. Les risques qu’évoque madame le procureur n’existent plus.»
«Je serai présent au tribunal si on m’accorde la liberté», déclare le prévenu, avant le délibéré qui le maintient en détention. Il reste présumé innocent.
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