

Engagé contre les violences faites aux femmes, le collectif Nous toutes a été créé en 2018 à l’initiative de cinq femmes : Caroline De Haas, Madeline Da Silva, Fatima Benomar, Laure Salmona et Clémentine Vagne. Quelques mois après la création du collectif, une première grande marche contre les violences a réuni plusieurs dizaines de milliers de personnes dans une cinquantaine de villes en France. Aujourd’hui, une centaine de comités locaux existent.
À Beauvais (Oise), la mayonnaise n’a jamais vraiment pris. Jusqu’à ce début d’année 2025, avec le renouveau du comité local. À son origine Julie Desticourt, engagée auparavant au sein d’un autre comité. Tout comme Loane Heurtebise, 26 ans, qui faisait partie du comité de Roanne, dans la Loire, avant d’emménager à Beauvais. «Je ne connaissais personne en arrivant ici, c’était l’occasion de me faire un petit réseau, explique cette dernière. Et surtout, j’ai moi-même été victime de violence dans une ancienne relation et durant mon enfance. Je voulais m’engager pour une cause qui me touche. Mon entourage l’est aussi, mes sœurs ont déjà toutes vécu une violence sexiste, que ce soit une main déplacée, un sifflement dans la rue…»
Anaïs Delafraye, 21 ans, s’engage pour la première fois dans un collectif féministe. Assistante sociale à Beauvais, elle est chaque jour confrontée à cela. «Je rencontre beaucoup de femmes victimes de violence, confie-t-elle. Ce genre de collectif, ça permet de libérer la parole, d’encourager les femmes à exprimer ce qu’elles ont vécu.»
Pas de statistiques à Beauvais sur les violences faites aux femmes
De l’avis de toutes, il y avait une véritable demande dans la ville-préfecture de l’Oise pour la création d’un tel comité. «Il n’y a pas de chiffres à Beauvais, aucune enquête n’a été menée, on sait juste qu’il y a beaucoup de victimes de violences, se désole Loane. Il faudrait que des chiffres sortent pour que les choses bougent.» Aujourd’hui, elles sont une vingtaine à adhérer au comité. Elles sont âgées de 18 à 62 ans, habitants dans le Beauvaisis ou un peu plus loin. «Nos compagnons nous aident aussi, les hommes sont évidemment les bienvenus aussi», précise Loane.
Depuis la création de Nous toutes Beauvais, les adhérentes ont participé à plusieurs événements locaux pour se faire connaître, notamment la Color run et les Foulées de la rue où elles ont distribué des dossards portant des slogans féministes. «C’est là où on s’est fait le plus connaître», sourit Loane. En parallèle, les militantes donnent de leur temps pour proposer des interventions à des jeunes. «Demain (mardi 25 novembre) nous serons au lycée des Jacobins pour un jeu de “normal/pas normal” avec des mises en situation autour des relations», explique Loane.
Une marche qui se termine sur le parvis du palais de justice
Mais la grosse manifestation du collectif aura lieu ce samedi 29 novembre. Les militantes isariennes organiseront leur toute première marche contre les violences sexistes, sexuelles et de genre. Dès 10 heures, un atelier de création de pancartes aura lieu au magasin des producteurs locaux situé rue Louvet.

Le rassemblement débutera à 14 heures sur la place Jeanne-Hachette. Après les premiers discours, l’Union féministe de l’Oise proposera un débat mouvant. La marche partira à 14h30. Un premier arrêt sera effectué devant le centre commercial du Jeu de paume, avec une lecture de témoignages. Avenue de la République, ce sera une action poing levé sur «Je t’accuse» de Suzanne.
Enfin, la marche se terminera devant le palais de justice. Là, les participants seront invités à déposer des pancartes sur le parvis. Sur chacune d’entre elles sera inscrit le prénom d’une femme tuée dans l’année. Au 23 novembre, 152 féminicides ont été enregistrés. Autant de pancartes seront plantées. Une action symbolique lorsque l’on sait le nombre de violences conjugales qui sont jugées au tribunal de Beauvais chaque semaine.
Cette première manifestation en appellera sûrement une autre l’an prochain. Avant cela, le collectif aimerait organiser un événement pour le 8 mars, pour la journée internationale des droits des femmes. Et continuer tout au long de l’année les sensibilisations auprès des jeunes, et des moins jeunes.
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