Livre : « Le Grand Dauphin (1661-1711), fils de roi, père de roi et jamais roi », naissance d’un fils de roi

« Ainsi la reine accoucha avec tout le bonheur souhaité… » La Gazette de Théophraste Renaudot, qui paraît alors depuis trente ans, rend compte de la naissance du Dauphin, le 1er novembre 1661, associant sa « merveilleuse beauté » à la vivante image de Marie-Thérèse d’Autriche, sa mère, qui vient de le mettre au monde, auprès de « l’incomparable monarque qui a joint ce miracle d’amour à ceux de sa fameuse valeur » . L’enfant est ondoyé par l’évêque de Rennes et le roi envoie un ambassadeur extraordinaire à Rome pour informer le pape de cette royale naissance.

Il y avait huit mois que le cardinal Mazarin avait rendu l’âme. Dans l’un des chapitres du somptueux catalogue édité à l’occasion de l’exposition au château de Versailles, Matthieu Lahaye écrit : « Louis XIV a toujours considéré que l’année 1661 avait été pour lui un nouveausacre. » Le roi a 23 ans, et autour de lui figurent Condé, Turenne, Colbert, ou Pascal et ses Provinciales. « Jamais le prestige de la nation française n’a été plus assuré », dira Pierre Gaxotte, dans son Histoire des Français.

Aussitôt annoncée la naissance de « Monseigneur le Dauphin », lit-on dans le n° 133 de la Gazette de l’année, « les prospérités n’arrivent plus qu’en foule à cette florissante monarchie ». À Paris, « les pétards, les pots à feu et les grenades faisaient un bruit continuel qui ne plaisait pas moins aux oreilles que les yeux étaient satisfaits de toutes ces volantes et lumineuses merveilles »

​Une immense fête aux Tuileries

Dès les jours suivants, éclatent partout en province, à l’issue des actions de grâces, des « décharges de canon, des feux d’artifice, des salves de tous les soldats » à qui ont été distribuées « quantité de pièces de vin pour boire à la santé de leurs majestés et de Monseigneur le Dauphin ». La Gazette en couvre deux numéros successifs pour rapporter ce qui se déroule partout dans le pays. « Les allégresses commencèrent par quantité devolées de canons, le carillon des cloches, le bruit des tambours, les fanfares des trompettes, les feux, les lumières et les festins publics, qui durèrent toute la nuit. »

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Mais Louis XIV décide d’attendre les 5 et 6 juin 1662 pour célébrer à son tour la naissance de son fils aîné en organisant une immense fête aux Tuileries, un “grand carrousel”, terme qui vient de carus soli, le char du soleil, lequel donnera au roi son emblème. Fils de roi, le Grand Dauphin sera père d’un roi, Philippe V d’Espagne, et grand-père d’un autre roi, Louis XV… mais il ne sera jamais roi lui-même !

Le 18 avril 1711, la Gazette publie cet avis : « Monseigneur Louis Dauphin est mort à Meudon de la petite vérole le 14 de ce mois à 11 heures du soir, âgé de 49 ans. Il avait épousé en 1680 Marie-Anne de Bavière et il eut de ce mariage monseigneur le duc de Bourgogne, le roi d’Espagne, et monseigneur le duc de Berry. Il fit la première campagne en Allemagne en 1688 où il commanda l’armée du roi, avec autant de valeur que de succès. […] Ce prince n’était pas moins recommandable par son attachement plein d’amour et de respect pour le roi, par sa bonté et son affabilité et par toutes sortes de grandes qualités dignes de sa haute vaillance, ce qui le fait universellement regretter. » La cérémonie des funérailles aura lieu à Saint-Denis le 18 juin 1711.

Le Grand Dauphin (1661-1711), fils de roi, père de roi et jamais roi, sous la direction de Lionel Arsac, Établissement public du château de Versailles et Éditions Faton, 472 pages, 54 €.

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